Je trouve intéressant de regarder, en temps réel, l'évolution politique, intellectuelle de Jean-Luc Mélenchon, sans oublier son apparence physique. C'est un peu comme si une des figures de la Révolution de 1789 (re)prenait vie là, sous nos yeux.
L'Homme est un idéologue convaincu, c'est ce qui le rend dangereux. Ses rodomontades, son jargon politique, ses menaces et ses prises de position outrancières le désignent comme un homme du passé pour qui l'élimination de l'ennemi (je dis bien ennemi, pas adversaire) se justifirait au nom du "bien". Pour cet homme qui fut sénateur et mitterrandien la radicalisation est passée par l'expression et il n'hésite pas à être menaçant envers tous ceux qui lui résisteraient ou verraient les choses d'un autre oeil que lui.
A l'autre Révolution, celle de 1917, il a pris le vocabulaire, les purges dans son propre camp et l'habitude de dénigrer quiconque lui résiste. Il a raison et détient la vérité révélée. Tous les autres, dans son camp compris sont des nains qui n'ont ni sens politique ni la personnalité qu'il faut pour mener ce combat qui doit voir la défaite définitive du capitalisme, cet ennemi mortel du genre humain. C'est ainsi qu'il distingue le monde.
Pour arriver à ses fins il est déterminé, en bonne santé et il ne craint pas d'être empêché: il compte sur sa rhétorique et sur les méthodes éprouvées des dictatures passées et présentes pour consolider son pouvoir si par malheur il y accédait.
A travers ce septuagénaire tonitruant on peut voir Danton, Robespierre, Fouquier-Tinville, Mirabeau (pour les discours), Dzerjinski et tant d'autres qui ont préparé et ordonné les massacres avant de peupler les cimetières et les fosses communes.
On a tort de voir en lui un vieux cheval de retour du PS: il n'abhore rien tant que le PS et s'est juré de lui faire payer sa non carrière dont il le rend responsable.
Qu'on ne croit pas que l'âge venant il pourrait devenir sinon plus sage du moins moins véhément: Franco, Hassan II et Staline ne se sont pas améliorés l'âge venant. Le dictateur espagnol avait un pied dans la tombe qu'il faisait encore garroter ses opposants. Quant à Staline une purge antijuive de grande ampleur était dans les tuyaux au moment où un AVC le terrassait.
"La République c'est moi" a t'il beuglé un jour. C'est le contraire: il n'aura de cesse de lui règler son compte.
