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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 07:00

J'ai été surpris de lire la phrase suivante à propos de David Bowie: "il improvise des paroles en les écrivant avec la technique du cut-up réadaptée à son ordinateur: mots et phrases sont mêlés et replacés dans un ordre aléatoire". (Rolling Stone - David Bowie 1947-2016).
Le cut-up est une technique littéraire, inventée par l'auteur et artiste Brion Gysin, et expérimentée par l'écrivain américain William S. Burroughs, où un texte original se trouve découpé en fragments aléatoires puis ceux-ci sont réarrangés pour produire un texte nouveau.

J'ai été intrigué et intéressé par cette information; en effet les paroles des chansons, principalement en langue anglaise et Française sont parfois déroutantes. Un auteur comme Boris Bergman connu principalement pour sa collaboration avec le Bashung des débuts écrivait des paroles "sans queue ni tête" dont les mots sonnaient bien et formaient un tout hermétique où chacun entendait ce qu'il voulait.

Même chose pour Bertrand Cantat (qui glisse quelques mots du vocabulaire politique radical pour donner du "grain à moudre" à ses thuriféraires) ou Etienne Rhoda-Gil qui eut toujours un succès inversement proportionnel à la qualité de ses textes (cf "Alexandrie Alexandra"!

En anglais les paroles sont souvent difficilement traduisibles pour la raison qu'elles.... ne veulent rien dire. Les mots sont choisis pour leur sonorité et les phrases pour leur caractère.

Précurseur, John Lennon (1940-1980) a écrit des chansons entières sur ces principes "Lucy in  the sky with Diamonds", "I am the Walrus" (1967), "Happiness is a worm gun" (1968), "Come together" (1969) avant de se recroqueviller sur son nombril.

En y réfléchissant c'est une méthode (celle de Bowie) étrange mais justifiée: la chanson à texte s'écoute mais ne se danse pas. On ne va pas en boîte de nuit pour écouter "la the nana" de Léo Ferré ni "les soldats" de Charles Trenet pas plus que "Sur la place" de Jacques Brel ou "la solitude" de Barbara.

Entre la chanson rythmée et celle à danser il y a la variété ("musak" ou musique d'ascenseur) dont la seule raison d'être est de distraire sans monopoliser l'attention.

Dans cette sous catégorie il y a la chanson à date de péremption (le tout-venant) et celle qui s'écoute sans chercher midi à 14 heures.

En réalité il y a deux traditions qui perdurent: la poésie ou le texte à sens d'une part et la bluette, sentimentale ou pas, qu'on reprend au passant qui la siffle ou la chante. Et chacune a son authenticité et sa raison d'être. Il y a des moments pour écouter "Robert le Diable" de Ferrat et Aragon et d'autres pour "Résiste" de France Gall...

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4 juillet 2019 4 04 /07 /juillet /2019 07:00

J'ai, en ce moment de commémoration du septennat inachevé de Georges Pompidou (1969-1974) regardé sur "Replay" un étonnant documentaire sur les Présidents de la République et l'art. Du Général tout a été dit quant il a été rappelé qu'il a choisi André Malraux comme "responsable des affaires culturelles" parce qu'il admirait l'écrivain classique qu'il comptait comme majeur au XX ème siècle. La littérature tenait alors le haut du pavé.

Son successeur élu, Pompidou, était un fin connaisseur et un collectionneur souvent inspiré. Ses deux faits d'armes les plus connus sont la décoration moderne de 3 pièces de l'Elysée par Pierre Paulin et... la création du Musée d'Art Moderne qui porte son nom. Esthète épris de poésie et de culture on a appris qu'il avait cosigné un dessin avec Jean Tinguely et qu'il avait fait remplacer un portrait de Colbert par une peinture de Soulages dans son bureau...

...Pas exactement les "goûts" de Giscard qui, on l'a dit et redit dans ce document, étaient classiques et bourgeois. Une savoureuse anecdote nous est racontée par la femme de Paulin qui nous explique qu'à peine arrivé à l'Élysée l'Auvergnat demanda le démontage des pièces décorées en contemporain (surprenantes mais belles au vu des documents montrés) pour rétablir le côté dorures et boiseries dans lesquelles le financier se sentait à l'aise. Comme l'artiste avait manifesté sa mauvaise humeur au "monarque" celui-ci répondit par un contrôle fiscal dans les 15 jours.

Son seul fait d'armes en matière de culture fut de faire transformer une gare en musée. Maigre bilan. Et l’exégète auto-proclamé de Maupassant n'a jamais compris que les Français l'aient congédié!

Mitterrand, on s'en souvient, voulait marquer son passage à la présidence pour deux mandats complets. L'Opéra Bastille, la Pyramide de la Cour du Louvre, les Colonnes de Buren, la Grande Bibliothèque et Jack Lang furent ses principales réalisations. Ne nous cachons pas que sa principale réussite artistique fut la mise en scène de lui-même pendant 14 ans.

De Chirac il nous a été rappelé que l'homme se targuait de ne pas lire et d'aimer la musique militaire tout en étant un spécialiste des arts primordiaux ou premiers ainsi qu'un passionné de poésie. Je n'ai pas tout à fait compris l'utilité de se faire passer pour un inculte lorsqu'on est le contraire, malgré les explications de Mme Aubanel.

On arrive au néant absolu qui est conjointement constitué par la culture personnelle et par les initiatives dans le domaine de la culture par le président Sarkozy qui n'hésitait pas à dire qu'il admirait Marc Levy non comme écrivain mais comme gros vendeur de livres. Lui parler d'Opéra, de peinture ou de cinéma (de films sans jean Reno) était inutile avant que Carla Bruni reprenne un peu les choses en main et efface les stigmates trop visibles du béotien.

Quant à Hollande il avait trop à faire pour imprimer sa marque dans la culture.

Le Podcast devrait vous permettre une séance de rattrapage afin de visionner ce passionnant documentaire qui montrait combien notre pays est singulier en souhaitant avoir des présidents cultivés à sa tête.

 

 

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3 juillet 2019 3 03 /07 /juillet /2019 07:00

Je ne sais si l'excuse est suffisante mais dimanche, après quatre jours de chaleur intense, un retour de la campagne après un week-end  trop riche en cuisine et en vins puis l'arrosage de 2 terrasses pleines de plantes en pot ou en caisse et après avoir nourri et m'être occupé du chat je me suis affalé sur le canapé face à la télévision et au ventilateur. Ces deux derniers appareils brassaient du vent à plein tube.

La télécommande était sur France 2 et je n'ai pas modifié ce choix induit. Le journal s'achevait et, d'un air gourmand, le présentateur-animateur-vedette annonçait la présence de Nicolas Sarkozy qu'on apercevait sur son plateau, tic de la bouche compris.

J'ai hésité à changer ou éteindre un instant mais ai subi les dix ou quinze minutes d'interview de l'ancien président de la République par le successeur de Poivre et Pujadas qui cumule leurs défauts en y ajoutant une pincée de syndrome du "beau gosse" et un tropisme "presse de caniveau" assez impressionnants.

Questions médiocres, fausse déontologie, agressivité calculée et connivence suggérée l'animateur a très vite exaspéré l'Ex qui contenait à grand peine -et, chose rare, je l'ai compris- son agacement devant des questions "pas au niveau".
En effet c'est bel et bien Delahousse qui insistait à mettre en scène une détestation supposée des deux prédécesseurs de Macron, c'est lui qui a poussé Sarkozy à une éloge un peu gnan-gnan de sa femme Carla Bruni, c'est lui encore qui insistait vainement pour faire dire à son vis-à-vis qu'il pouvait avoir des velléités de retour en politique.

Évidemment Nicolas Sarkozy perdait patience, tombait (presque) dans le piège tendu et s'avançait un peu vite en disant que sa bonne fois dans les 11 affaires qui le concernent serait vite reconnue et à confondre émotion et exhibitionnisme. Car, presque à regret, Delahousse a posé une timide question sur la convocation au tribunal correctionnel (pour" corruption") de l'ancien président.

Tous les travers du journalisme à la Française étalés là, un dimanche de juin: ce besoin absurde d'aboyer comme un roquet castré mais en surfant sur l'écume des choses, ce sentimentalisme benêt dans des questionnements inutiles et cette autosatisfaction éclatante. 

La vraie question que l'animateur aurait dû se poser était la suivante: après des interviews fleuves parues dans le "Point" et dans "le Journal Du Dimanche" y avait-il une seule information intéressante à soutirer de Nicolas Sarkozy. En d'autres termes... pourquoi "l'inviter"?

 

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2 juillet 2019 2 02 /07 /juillet /2019 07:00

Parmi toutes les calamités qui menacent les ruches (le frelon asiatique et le "Gaucho" de Bayer n'étant que deux des principaux fléaux dus à l'Homme auxquels sont confrontées les abeilles) il en est un qui est  encore à l'état de menace mortelle.
Une conférence à laquelle j'ai assisté et consacrée à ces périls que doivent affronter les abeilles a indiqué que, pour le moment, celui qui plane sur les ruches est un petit insecte (rappel: les abeilles sont aussi des insectes), le "petit coléoptère des ruches", c'est son nom, est un ravageur qui menace la totalité de l'apiculture Française. Pour le moment il est présent dans le sud de l'Italie et pas au-delà.

Cette coccinelle rustique se nourrit de couvain, de miel et de pain d'abeilles Il détruit cadres et ruches et entraîne une fermentation du miel qui le rend impropre à la consommation.

La conférencière nous a expliqué que des apprentis sorciers, pas forcément mal intentionnés commandent sur Internet des reines en provenance de pays telle l'Argentine pour avoir des ruches productives plus longtemps. (les reines d'autres continents hibernent avant ou après les nôtres de ce fait on recueille le miel plus tôt ou plus tardivement) au risque d'introduire des maladies plus ou moins dangereuses dans des ruches incapables de se défendre contre des périls inconnus.

Et voilà à l’œuvre  le syndrome des conquistadors qui non seulement pillaient le nouveau continent mais, en plus, introduisaient  par leur seule présence, des virus inconnus et donc potentiellement mortels contre lesquels les populations autochtones ne pouvaient se défendre.

Car, mais c'est un autre débat, on peut acheter absolument tout sur le net et, donc, même des reines abeilles fécondes. Et que personne ne peut contraindre des apprentis sorciers à un minimum de réflexion.

La facilité avec laquelle nous nous déplaçons, l'appât du gain, l'inconscience de certains et le réchauffement climatique peuvent se conjuguer pour entraîner des catastrophes dont, c'est un exemple entre mille, les abeilles sont des victimes désignées au risque de la disparition.

 

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1 juillet 2019 1 01 /07 /juillet /2019 07:00

J'ai re-re-re-re-re-re-relu l'un de mes livres de chevet dont on doit bien trouver une ou deux mentions dans les posts publiés ici même depuis 9 ans et demi; il s'agit du livre de George Orwell "La ferme des animaux" publié en 1945 et qui est une explication du communisme implacable mais traitée en fable.

A chaque fois je suis surpris par l'inventivité, l'humour, le fatalisme, la colère et l'impuissance de l'auteur devant un régime politique qu'il avait impitoyablement percé à jour et qu'il dénoncera de manière remarquable dans "1984" qui découle en partie de "La ferme des animaux".

La "ferme" en question est un petit livre d'une centaine de pages qui explique aussi bien la Révolution de 1917 que le coup d’État des Bolcheviks, la confiscation du pouvoir, la rivalité Staline-Trotsky, la création de la police politique d’État, la collectivisation, les famines organisées, la propagande, la terreur, la guerre, le pacte Germano-soviétique .... et tout ce que l'on savait en 1945 sur l'Union Soviétique. Jusqu'aux voyages des "idiots utiles" qui voyaient de la prospérité et de la liberté là où on leur disait d'en voir.

L'originalité est que ce sont des animaux de ferme, d'inoffensifs (quoi que..) cochons, vaches, chevaux, âne, poules, canards, chiens qui vivent sous ce régime mouvant et de plus en plus autoritaire. Les slogans sont drôles mais aussi inquiétants. Ils préfigurent ceux de "1984": "La guerre c'est la paix" est en germe dans "les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d'autres".

La dictature se met en place et nous en comprenons le mécanisme irrésistible. Orwell s'amuse avec le personnage du corbeau en qui on reconnaît l'éternel religieux toujours prêt à soutenir le pouvoir.

Publier un tel livre en 1945 était à la fois culotté et courageux. Le relire en 2019 c'est se dire que notre époque manque de ces cerveaux brillants qui comprennent leur époque et se sentent investis du devoir de crier casse-cou.

 

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30 juin 2019 7 30 /06 /juin /2019 07:00

Une réflexion, surprenante au premier abord, du metteur en scène James Cameron, prononcée dans le dix-millionième documentaire consacré au naufrage du "Titanic" que j'ai ingurgité depuis que j'ai entendu parler de cette affaire pour la première fois m'a semblée particulièrement pertinente.
Il a constaté que si nous étions tant frappés par cet évènement c'est parce que le navire était comme l'incarnation de notre monde: un aboutissement technique d'une part et une image fidèle de la société avec ses richissimes passagers qui ont été sauvés tandis que les émigrants se noyaient en masse de l'autre le tout après une traversée de l'Atlantique d'une richesse inouïe pour les uns miséreuse à des degrés divers pour les autres.

Ce géant des mers insubmersible est effectivement une illustration presque caricaturale de la société que les deux guerres mondiales n'ont modifiées qu'à la marge. Les strates entre le milliardaire Benjamin Guggenheim du pont supérieur et l'Irlandais parti tenter sa chance au "nouveau monde" sont juste un peu moins nombreuses qu'aujourd'hui. Je ne suis pas persuadé qu'un Carlos Ghosn, du temps de sa "splendeur", eut été ostracisé au salon-fumoir du navire de la White Star Line s'il avait vécu en 1912. Au fait.... Guggenheim a laissé sa vie dans l'Atlantique-Nord!

Cette course à l'abime par sa puissance évocatrice est restée très longtemps dans la mémoire humaine. Le nombre élevé de victimes (depuis on a vu plus et mieux si j'ose dire) et le fait qu'un instant le même péril menaçait l'ensemble des présents a frappé l'opinion publique.

Les épisodes bien connus de la traversée, de la collision avec l'iceberg, du naufrage presque minute par minute et la chanson de gestes qui les accompagne forment une légende qu'on ne se lasse pas de redécouvrir, à la manière des pérégrinations d'Ulysse rejoignant Ithaque. Malheur à qui oublierait l'embarquement en douce de Brice Ismay, le sauvetage des bébés Navartil, le flegme du Commandant Smith, la conscience professionnelle des deux officiers-radio et le cri de Fleet sur son nid-de-pie "Iceberg droit devant" suivi du tintement de la cloche qu'on jurerait avoir entendue.

Cameron est devenu "le" spécialiste de cette catastrophe maritime et a consacré une partie colossale des recettes du film qu'il lui a consacrée à découvrir puis explorer l'épave. Sa réflexion sur le "Titanic" et notre société m'a parue frappée au coin du bon sens. Mais d'autres évènements tel l'incendie du Bazar de la Charité", quoi que plus franco-Français pourraient prétendre au titre.

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28 juin 2019 5 28 /06 /juin /2019 07:00

Le langage télévisuel s'est enrichi (si j'ose dire) d'un nouveau tic, d'un nouveau truc, bref d'un nouveau toc. Il succède à celui de "la caméra cachée" qui a longtemps pollué le moindre documentaire.

De quoi s'agit-il? de surprendre l'instant où la personne interviewée fond en larmes et de traquer ce moment -qui peut être long et mettre mal à l'aise- le plus longtemps possible.

On interroge quelqu'un sur sa maladie, sur le décès d'un proche, sur la perte d'un être aimé et voilà les larmes prêtes à couler. Sur le gril, on essaie de les retenir mais en vain. On a la voix qui se brise, le teint devient rouge, la voix chevrotante mais on résiste et on repart. Cette scènette, parfaitement maîtrisée et immuable se voit quasi quotidiennement.

L'animateur console, une fois la séquence entière enregistrée, et ces mots de réconfort masquent mal la joie d'avoir ces quelques minutes de caméra-vérité qui feront la séquence "émotion" de l'émission.

L'idéal est que le passage à vide soit rapide, inopiné et sincère. Après on passe à autre chose et on revient aux ricanements, autre passage obligé de toute émission depuis que les codes de la télé-réalité ont envahi les écrans.

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27 juin 2019 4 27 /06 /juin /2019 07:00

Pour Marie K** mais aussi pour d'autres je dessine le Toulouse qui vit et se transforme au jour le jour en devenant très doucement, presque imperceptiblement, une de ces fameuses "villes-Monde" qu'on décrit comme l'horizon insurpassable de cette planète.

Au premier abord ce qui frappe c'est l'intensité de la construction et de ses conséquences les plus visibles: des grues dans le ciel et au sol, d'innombrables travaux. On construit, on agrandit, on rehausse, on démolit... la ville est en évolution permanente. On construit partout. Les immeubles poussent le long des routes, des rocades, des canaux, des rues pavillonnaires qui semblent s'encanailler avec des immeubles de trois ou quatre étages faisant de l'ombre aux cerisiers des jardins privés. Même les endroits les plus improbables sont pris de frénésie immobilière. 

Corollaire on coupe les arbres, on bétonne en assurant qu'on replantera. De grands et beaux arbres sont subitement diagnostiqués malades ou à l'agonie et disparaissent promptement.  On dit même que la disparition des quatre rangées de platanes centenaires des Allées François Verdier est programmée, construction de la troisième ligne de métro oblige.

Les bus articulés (qu'enfant Nicolas appelait "bus-pliants") aussi se taillent la part du lion et nécessitent élagages des arbres et réfection des chaussées. La nouvelle tendance est, pour eux, la circulation en site propre.

La "piétonisation" du centre ville va bon train: tout est fait pour que la voiture s'y sente à l'étroit ou, disons-le, ne s'y sente pas du tout. Disparition des places de stationnement, invasion de parcs à vélos ou à motos, horodateurs aux tarifs exorbitants... l'automobiliste, à Toulouse, est très mal considéré.

Les chiens sont toujours très nombreux et leurs maîtres toujours aussi désinvoltes. Nous sommes dans le Sud! le SDF à chiens et son proche voisin le "jeune rebelle" à chiens également tiennent le haut du pavé.

Malgré ou à cause de tous ces freins la circulation est intense et la ville est assez bruyante. Sirènes, motos, camions, autobus, cars, tramways, voitures et même hélicoptères unissent leurs talents en une symphonie continue qui ne cesse qu'aux heures de la nuit.

Les enseignes de magasins, à l'image de ces "boutiques éphémères" changent vite et être une institution toulousaine ne les protège ni de la cherté de l'immobilier ni de la subite désaffection. Dernière institution en date: le cinéma multisalles UGC qui va disparaître des Allées Franklin Roosevelt.

Toulouse reste une ville accueillante et si l'indice de plaisir était constitué par les terrasses de cafés ou de restaurants elle serait dans les toutes premières du pays. En plein hiver, sous la pluie, on sort les tables et on installe les chaises. Et l'on s'y assoit.

La ville rose est aussi pleine de théâtres approximatifs, de salles de spectacles, de cafés-théâtres et autres salles de concerts. Des rues leurs sont presque consacrées. Il y a toujours une chanteuse argentine ou un one-man show passionnant à découvrir.

Malgré sa nouvelle mue, la dixième en 30 ans, le quartier Compans-Caffarelli reste désert hors les heures de bureau. Le Fer à Cheval et le Pont Saint-Michel sont embouteillés, le Capitole a des airs de défi et les Allées Jean Jaurès mettent du temps à sortir de leur chrysalide. Personne, en ville, ne croit à la réussite des Ramblas. Tout le monde veut voir la débâcle sans penser que "tout le monde" ça signifie une inauguration en fanfare!

Une chose étonnante et dérangeante a fait son apparition à Toulouse: la tente "Quechua" (Décathlon) arrondie en forme d'igloo qui accueille, aux endroits les plus divers (devant Air France, Au Pont St Pierre, devant le Musée des Abattoirs...) des familles de Roms ou de réfugiés. Il y en a beaucoup et c'est surprenant à plus d'un titre. Ces gens allongés au milieu des circulations..

Naturellement il y a aussi ces nouveaux modes de déplacements qui sont tous utilisés ici: trottinettes, roues, vélos, vélibs, scooters électriques etc. (incluant planches à roulettes motorisées ou pas). Ils ont conquis la cité et ne sont pas prêts à accepter des contraintes.

Toulouse, malgré sa bonne réputation culinaire, s'est couverte de fast-foods. Les McDonald's se comptent par dizaine, les Kébabs également. La mode japonaise n'a pas nui aux premiers arrivés et les pizzerias rapides comme les chinois sont partout. S'ajoutent désormais les Starbucks qui rattrapent leur "retard". La mode est aux restaurants "couloirs" ou un maximum de 8 à 10 personnes mangent devant la cuisine. Le principe est simple: comme il n'y a pas de place une queue se forme devant le restaurant, queue qui attire les nouveaux clients. C'est bête mais ça marche!

Le premier a avoir eu l'idée, "l'entrecôte", est une institution. Dans un décor moche de papier peint écossais on vous sert une viande presque sèche à force d'avoir été réchauffée nappée d'une sauce genre barbecue. C'est cher, c'est moyen mais le succès ne se dément pas. Canicule ou pluie la queue reste la même.

La ville s'est couverte de vélos à louer pour le temps qu'on veut, imités par la concurrence puis pour d'autres choses: trottinettes, vélos et scooters électriques, drones.... les pistes cyclables n'y suffisent plus. Et ce qui sert de trottoirs dans cette ville aux rues étroites est pris d'assaut par tout ce qui roule.

Mais la vie est toujours aussi agréable autour de la Garonne dans ces rues attrayantes et pleines de bruits.

 

 

 

 

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26 juin 2019 3 26 /06 /juin /2019 07:00

Remettre les choses à leur place et donc à la "Grande" musique, à la musique classique la sienne; la toute première.

Faire l'inverse de cet idiot d'André Manoukian qui épuise les superlatifs (comme ce mardi 20 sur France Inter) pour qualifier de minables chanteurs de variétés et qui n'a pas hésité à comparer à Mozart l'une de ses "découvertes".

On ne s'en aperçoit pas mais le temps présent, en uniformisant les appréciations et critiques fait un travail de nivellement par le bas.

Ennio Morricone ou Maxime Leforestier c'est très bien. D'aucuns peuvent même adorer. Il n'empêche que, musicalement parlant, ça n'est ni Debussy ni Gabriel Fauré. Ni encore moins Mozart comme le pense peut-être le"critique musical" multicartes Manoukian.

J'en ai encore fait l'expérience en allant écouter l'Orchestre de Chambre de Toulouse sous la direction de Gilles Colliard avec, en "guest star", l'exceptionnel flûtiste Vincent Lucas. Scarlatti-père, Antonio Vivaldi et Jean-Sébastien Bach étaient au programme mais c'est avec Bach que l'Auditorium de l'Eglise Saint-Pierre des Cuisines (Toulouse) a connu le meilleur de la soirée.

Restons sobres dans le commentaire: c'était splendide.

Décor (cet auditorium est un endroit d'une exceptionnelle beauté), chef (Gilles Colliard aime la musique et en parle avec une passion communicative), orchestre (des musiciens dont le plaisir de jouer se lit sur leurs visages) et flûtiste inspiré (il fallait voir ses pas de danse incontrôlables par moments tant il vivait la musique qu'il jouait).

Une heure et demie en apesanteur que Manoukian et les réducteurs auraient bien du mal à nous procurer avec leurs musiques de variété.

 

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25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 07:40

J'avais une sympathie irréfléchie pour l'avocat Dupond-Moretti qui, au fil du temps s'est transformée en agacement puis en exaspération. Sa défense de Patrick Balkany a été l'affaire de trop en ce qui me concerne.

Il défend qui il veut et Balkany n'a tué personne. cependant....

Il y a toujours eu des sommités du barreau qui prenaient bien la lumière et ceux-ci n'étaient pas forcément les meilleurs mais ceux qui savaient le plus faire parler d'eux et de leurs causes. Acquittator est le surnom -dans lequel entre une certaine admiration- que lui ont donné ses confrères moins chanceux ou moins capables que lui d'exploiter la soif de sensationnel des journalistes. Eric Dupond-Moretti manie bien le Français, possède des talents incontestables de comédien (il surjoue admirablement la colère et l'agacement) et de très bons collaborateurs.
Comme le petit Dupond de la politique (Dupond-Aignan) le célèbre avocat a, pour de bonnes raisons, lui, ajouté le patronyme de sa mère à ce Dupond  par trop anonyme.

Né en 1961 dans le Nord Dupond-Moretti a un physique d'ogre bourru qu'il vaut mieux éviter de bousculer. Et ça marche! de Jean-Pierre Trieber en Jérôme Kerviel, de Jacques Viguier en Tapie, de Karim Benzema à Cahuzac ou Georges Tron il a su, à un moment ou à l'autre de leurs démêlés judiciaires être celui qui acceptait des causes réputées perdues et médiatiques en diable. Et gagner des causes qui semblaient perdues.

Le succès et l'hypermédiatisation ont suivi. représentations théâtrales, émissions, livres et autres supports il est partout, répétant ses indignations et délivrant "son" message. Il est, selon moi, tout doucement en train de succéder à Jacques Vergès comme avocat polémiste et emblématique.

Toujours selon moi il vaut bien mieux que ça.

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