Dimanche 27 mai 2012 7 27 /05 /Mai /2012 12:06

J'avoue que je suis bluffé. Ce matin je suis allé au petit marché qui se

tient tous les matins (sauf les lundis où il laisse la place aux vendeurs

de disques, de DVD et aux bouquinistes) à St Cyprien, sur la rive

gauche de la Garonne.

Il y avait là, en cette heure très ensoleillée, la population habituelle. Les

vieux et les vieilles qui mettent 3 plombes à choisir 2 tomates et

1 banane (laissant à ceux qui les suivent ce qu'ils n'ont pas voulu),

les mamans avec poussette encombrante (NB: les poussettes sont

toujours encombrantes), les faiseurs de grasse matinée qui descendent

en savates et chemise d'il y a une semaine, les pressés, les qui-ont-le

temps et la clientèle bobo du coin qui frôle l'orgasme parce qu'elle a

acheté les carottes avec fanes, le fenouil bio et le boudin fait par "un

merveilleux artisan local".
Le marché à son habitude, donc.
Ce qui a changé ce matin c'était le nombre de distributeurs de tracts.
La candidate PS à la députation était présente, comme son énorme rival

UMP, le fils d'un défunt édile idiot; du genre qui voulait donner au privé l'un

des plus beaux monuments toulousains, l'Hôtel-Dieu, pour en faire un hôtel 

de luxe et "créer des emplois".
Amusant cet argument: on bétonne, on rase, on détruit, on abime, on

défigure mais c'est "pour créer des emplois"....

 

A Toulouse comme ailleurs il y a des dynasties de candidats à la

mairie, à la députation et à toutes les offres démocratiques. Comme dans

toutes les dynasties il y a quelques bons et beaucoup de tocards.
Ce n'est pas feu Jean-Luc Lagardère qui me contredirait!

 

Revenons à notre marché et aux représentants des partis politiques. Les

prochaines législatives les font venir "tracter". Par affinités ils se

regroupent à tel ou tel endroit stratégique du marché (en fait les 2 sorties!).
Le Front de Gauche et le PS ainsi que EELV Europe Ecologie les Verts

sont à touche-touche et celà n'engendre pas de frictions.
Le fils prodigue UMP bien isolé, a du mal à distribuer son feuillet avec sa

photo qui est souvent refusé. Un signe?
Je n'ai pas vu le Front National ni le Modem. Ils attendaient peut-être l'heure

d'affluence?

Tous je les admire -même si député est un sort enviable- de défendre ainsi

leurs idées et leurs idéaux.

 

Par Bertrand P - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 10:56

Bon, la palme d'or est allée (on est samedi mais j'anticipe) à un film Bulgare

joué par des sourds-muets (pardon! des mal-entendants) moldaves qui

raconte l'histoire d'un jeune boxeur qui devient une femme et aime d'amour

un chimpanzé schizophrène.
Réalisé par les frères Coen aidés par les frères Dardenne, le film a été

produit par le chirurgien esthétique de Catherine Deneuve qui se trouve être

le beau frère de Jean-Louis Trintignant et le père du fils de la fille de Serge

Gainsbourg. Angelina Jolie prête sa bouche au singe et Philippe Garrel son
annulaire gauche.

Bernard Henri Levy et les "Inrokuptibles" se sont bouffés le nez à propos

de la toile de fond du film qui est, on s'en souvient, le conflit entre l'Ethiopie

et l'Erythrée. Heureusement Christophe Barbier a aimé.

Qu'importe, la Croisette a adoré et le "Grand Journal" de Canal + l'a faite se

gondoler avec sa météo décalée et José Garcia en invité.
Ouf! ce cirque là est terminé.
Déjà se pointent l'incompétent crétin Nelson Monfort, le razibus Gérard Holtz

et tous les frappeurs de balles qui endorment les courts de tennis depuis

que Martina Navratilova, Chris Evert-Lloyd, Jimmy Connors et John Mc Enroe

on déserté le circuit.

Certes Canal + et l'équipe ô combien sympathique du "Grand journal" a pris

ses quartiers d'Auteuil mais est-ce que ce sera suffisant pour faire vibrer le

beauf tennisophile? rien n'est moins sur.
Pourtant les questions intellectuelles -voire philosophiques- d'Ariane Massenet

(devant qui même Sophie Davant ou Danièla Lumbroso paraissent avoir un

embryon de cerveau) ne sont pas assurées de nous faire tenir jusqu'au début

du Tour de France (cycliste).
J'avoue que je piaffe d'impatience et que j'ai plus que hâte de voir le débile de

l'étape, moulé dans son ridicule caleçon, secouer la bouteille de mousseux

et être entouré de Miss Châteauneuf et de la gagnante 2008 du titre envié

de "plus belle fille du Maine-et-Loire". Le peloton et le contre la montre ce sont

mes excitants, ma came à moi.
Avec l'arrivée sur les Champs Elysées ("la plus belle avenue du Monde" disent

ceux qui n'ont jamais été plus loin que Chartres), les chutes sous la pluie, le

reporter-interviewer à moto et les soupçons de dopage je vais avoir ma dose.

 

 

Par Bertrand P - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 07:35

L-immeuble-des-Allees-Jaures.-Toulouse-copie-1.jpgQuestion voisins je pense avoir testé ce qu'il y a de pire en la matière. Sans

mentir je pense que la moitié des cinglés de Toulouse m'a suivi des Paradoux

à Jaurès et de Jaurès (photo) à St Cyprien.
Aucun propriétaire fou de meuleuse à métaux, de perceuse à Béton, de chignole

à parpaing ou de découpeuse de carrelage ne m'a été épargné.
Je dois les attirer.
A une époque j'habitais un bel immeuble avec de beaux planchers en bois. Le

voisin, un homme doté d'une remuante famille, avait élu domicile au 3ème et

dernier étage. Il devait s'entraîner au bowling le dimanche en début d'après midi.

On avait l'impression que des énormes boules étaient jetées sur le sol puis

qu'elles roulaient en faisant un fracas infernal. Je n'ai jamais su l'origine

exacte de ce tourment.

 

Noctambule et ayant une nette surcharge pondérale ce voisin se promenait

aussi de long en large dans l'appartement, au-dessus de nos têtes. Le sommeil,

par contagion, nous était aussi compté qu'il semblait l'être pour lui.

 

Le même (ou était-ce un autre? ces malfaisants se ressemblent tous et je les

ai mixés en un seul, monstre protéiforme dont le but de l'existence est de

pourrir la mienne) avait laisser suinter dans l'escalier un sac poubelle qui devait

contenir un animal mort en putréfaction.
Il n'avait pas aimé qu'on lui en fasse la remarque et avait nettoyé en maugréant.

 

En quittant ces voisins gènants, soit que je parte soit qu'ils le fassent je n'ai pas

trouvé la paix pour autant.

 

Depuis peu, à la place d'une pas frêle fille qui accueillait tous les bébés hurleurs

de l'ouest de Toulouse s'est installé un jeune bricoleur.
Il a refait l'ensemble de l'appartement sur le patio: 6 ou 7 mois que les murs

vibrent, que les scies scient, que les carrelages sont découpés aux normes,

que les planches sont poncées etc. Lorsqu'il ne bricole pas,  cet aimable

jeune homme fait aboyer un abominable chien aux dents plus acérées que celles

de Bruce le requin. C'est un animal qui manifeste sa joie lorsqu'on joue avec lui!

Lorsque le chien ne joue pas, que la ponceuse est au repos et que l'immeuble

sombre dans une douce torpeur le bricoleur ami des chiens abjects invite sa

troupe de copains z'é copines et leur jeu consiste à boire le plus de canettes en

parlant (les garçons) et ricanant (les filles) le plus fort et le plus tard possible.

Sympathique voisinage...
Il y a aussi celle qui passe la moitié de sa vie dans l'ascenseur. Je m'étonne

qu'elle n'y ait pas installé un hamac, celui (un autre) qui fait furtivement crotter

son chien sur les pelouses (et qui ne ramasse pas puisqu'il n'a rien vu), celui

qui ouvre la boîte aux lettres 20 fois par jour, celui qui fait tomber tous les vélos

pour prendre le sien, celle qui téléphone de son balcon et fait profiter l'ensemble

des 3 petits immeubles de ses sorties passées, présentes et à venir, celui qui

jette ses mégots de son balcon, celui (c'est moi!) qui recrée les chutes du

Niagara lorsqu'il arrose ses plantes  et enfin ceux qui prétextent mille bonnes

raisons pour ne pas organiser de dîner de voisins.
Ah oui, tiens... ne manquerait plus qu'un barbecue et des odeurs de merguez

grillées.

Notez que le dîner de voisins je n'y tiens pas non plus. Ca finirait en guerre

rangée et il y aurait des morts façon Cluedo: "M Bruit, tué dans le jardin avec la

meuleuse à béton".

 

Par Bertrand P - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 07:43

On ne nous dit pas de quelle toile il s'agit ni encore moins de quelle époque

elle date ou ses teintes ou motifs.
Non. On nous dit seulement que Gérard Depardieu, le gros acteur qui en est

réduit à jouer dans les panouilles télévisées de Josée Dayan a confié à

Christie's une toile de Joan Miro qui coûte 1 million d'euros.
L'art, ce n'est pas nouveau, n'est pas. Il vaut.
Ce matin, sur France Inter, j'ai ainsi appris que le Musée Picasso de Paris

a organisé une exposition itinérante du peintre qui arrivait à Hong Kong.
Le but de cette balade asiatique des peintures de Pablo Picasso est de

financer les travaux du musée. C'est en soi une initiative respectable.
Le reportage nous a appris que, pour les Chinois de Hong-Kong qui, pour la

plupart, ne connaissent pas le peintre, c'est la valeur de ses toiles qui les

fait se déplacer.
Ils ne viendraient pas voir des peintures de telle ou telle période ou qui

représentent tel ou tel sujet mais les toiles qui valent tant de millions de

dollars.
Même chose pour une des variantes du "Cri" d' Edvard Munch qui a été vendu

à un acheteur resté anonyme. La presse a plus parlé du montant de la

transaction que des qualités intrinsèques du tableau.
... Et je ne parle pas des imposteurs comme Warhol, Basquiat et tant d'autres

qui avaient compris que "faire du fric" est  possible avec pinceaux, couleurs,

culot et sens du marketing.

Dans ce domaine le fabuleux Dali avait 50 ans d'avance.

En disant celà j'ai conscience d'ouvrir une porte ouverte mais je trouve l'art

contemporain si prévisible, si grossièrement provocateur, si rusé et si

bankable que je ne peux m'empêcher de le rejeter en bloc.
Le gros Depardieu, le fils Pinault et ceux qui peuvent vivre l'art en l'ayant sous

les yeux chez eux ne savent sans doute pas que c'est là le seul  vrai et injuste

luxe.
Pas sûr qu'ils méritent les oeuvres qu'ils croient posséder.

 

 

Par Bertrand P - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 07:40

Quelle meilleure preuve de confiance que celle qui consiste à prêter

à "autrui" son appartement ou sa maison, comme ça, sans contrepartie?

Je n'ignore pas que "quand aime" on a forcément confiance mais,

cependant, je trouve qu'abandonner ainsi clés et intimité est un

geste des plus généreux.

Je précise que je trouve normal de prêter le mien (à des personnes

choisies) mais je reste plein de gratitude lorsque l'on me donne ce

témoignage de sympathie et de confiance.

Il m'est arrivé à plusieurs reprises d'avoir ainsi, pour une période

plus ou moins courte, la jouissance de l'appartement de quelqu'un.

Et tout récemment encore je profitais du grand 3 pièces sur la

Garonne d'une amie.
Au début du séjour je remets tout ce que je touche à sa place en

enregistrant mentalement celle de chaque objet.

Puis je m'enhardis et prends réellement possession des lieux. Je

dispose les objets personnels que j'ai pu apporter avec moi (clés,

journaux, affaires de toilette...) de manière à ce que cet espace

puisse devenir mien.
Au bout d'un moment c'est étonnant l'appartement me livre ses

secrets: la porte qui couine, la lumière capricieuse, la porte du

frigo qui s'ouvre dans l'autre sens, l'emplacement du sucre et

le système d'ouverture de la porte d'entrée par interphone.
Je suis venu cent fois mais jamais je n'ai eu l'accès à l'intimité

de cette maison.

En prêtant mon home sweet home je n'avais pas pensé à quel

point le lieu où nous vivons donne des indications sur qui nous

sommes et comment nous appréhendons la vie.

Livres, disques, films, objets de décoration, photos, rangement,

éclairages... nous sommes présents sans y être et il est presque

possible de dresser un portrait psychologique rien qu'en observant

(sans fouiner, ça va de soi) notre lieu de vie.

J'aime m'occuper des plantes de la propriétaire, contempler sa

tablette de salle de bains encombrée de bagues, de bracelets 

d'onguents et de parfums.

J'ai eu hâte de récupérer mon propre appartement et de l'observer

avec les yeux d'une personne qui ne me connaîtrait pas bien.

Il faudrait, pour bien faire, que je lui donne un air sagement

désordonné!

Par Bertrand P - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

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