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27 septembre 2022 2 27 /09 /septembre /2022 07:00

A mon job bénévole il y a surtout des femmes. C'est un fait que les hommes s'investissent moins ou alors dans des activités ayant le sport, la politique et autres comme objet. Lieu commun? non, réalité.

A l'hôtel des familles de l'Hôpital Purpan ce sont donc plus de 2/3 de femmes et 1/3 d'hommes qui donnent de leur temps et de leurs compétences à l'association.

Je les ai toutes et tous vus au moins une fois depuis que j'ai commencé il y a un an; mais suis incapable d'accoler un nom et surtout un prénom à telle ou telle personne.

Vendredi dernier j'étais "de l'après-midi" avec une femme que je n'avais qu'aperçue. Il y avait plus de monde et de mouvement que d'habitude parce qu'il y avait "la" réunion de l'Association suivie de l'apéritif-dinatoire sur place prévus en fin d'après-midi.

Plus celle-ci approchait plus l'ambiance "froufroutait", ces dames allant se changer, se maquiller, se parfumer et se coiffer. La moyenne d'âge est élevée mais c'est un fait que le vieillissement est plus lent qu'autrefois et que même âgée les dames font le maximum pour être toujours présentables. Finalement ce sont leurs sujets de conversation qui les trahit, bien plus que leurs rides ou leur embonpoint.

Les petits enfants, les malades et patients de la semaine, les plateaux repas, la vie de l'association, les problèmes de santé et la température élevée de l'été formant le socle des conversations. Et les critiques sur les absents, évidemment.

La dame avec laquelle j'étais de permanence, une femme vraiment âgée mais qui avait dû être très belle et distinguée s'exprimant bien et relevant le niveau par les sujets qu'elle abordait donna son avis sur l'île de Ré, l'île d'Oléron et l'île d'Yeu qu'un responsable de l'association avait récemment visitées. A mon ébahissement elle dit: "Et sur l'île d'Yeu il y a la tombe du Maréchal Pétain" sur laquelle je vais à chaque fois que je vais là-bas".

Abasourdi je me surpris à ne pas "relever" et constatais qu'on était deux ou trois à avoir "tiqué" mais sans polémiquer.

La dame changea de sujet et je quittais la pièce en me demandant pourquoi j'avais laissé passé ça. Lâcheté? bassesse?; environnement? fatigué d'entendre des fadaises? je ne sais pas. Mais je n'étais pas fier.

Et ne le suis toujours pas.

 

 

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26 septembre 2022 1 26 /09 /septembre /2022 07:00

Orphelins du pouvoir les Présidents successifs ont donné et donnent pour les deux encore vivants, d'inquiétants signes de manque, de besoin irrépressible de retrouver les honneurs, la pompe et le respect figé des autres, tous les autres, devant "la" fonction suprême.                                                                                     Parce qu'ils ont été élus par une majorité de Français, parce qu'ils ont eu, cinq années durant, un pouvoir exorbitant, parce qu'ils étaient écoutés, parce qu'ils occupaient une fonction ô combien prestigieuse cinq au moins des Présidents de la République ont été comme secoués une fois remplacés et surtout une fois leur mandat achevé.

Giscard n'a jamais accepté d’avoir été congédié par les Français en 1981. A dire vrai il ne s'en est jamais remis. Il paraît qu'à la fin de sa carrière, au Conseil Constitutionnel, il parlait encore de sa présidence comme si elle venait de s'achever. Il s'y référait à tout bout de champs et a consacré des années et des années à essayer de se trouver en situation de briguer un nouveau mandat.

C'était, on le sait, oublier un peu vite Jacques Chirac qui considérait cette haute fonction comme lui étant réservée. Après deux mandats médiocres la maladie, la dépression et le sentiment de son inutilité précipitèrent sa mort. Son fidèle ami Jean-Louis Debré a dit sa déprime et la vacuité de son existence une fois l’Élysée quittée. Chirac reste une énigme pour moi: voilà un homme totalement fait pour la conquête du pouvoir et ne sachant qu'en faire l'ayant obtenu. Un cas!

Sarkozy, comme son prédécesseur immédiat, se voyait comme appelé à la plus haute fonction de l’État. Je laisse à l'appréciation de mes (rares) lecteurs le soin d'en penser ce qu'ils veulent. Toujours est-il qu'il a brigué un second mandat et que cela lui a été sèchement refusé. Depuis lors, l'ex-Président agité a essayé de revenir puis s'est imaginé en recours en cas de vacance (peu probable!) du Pouvoir. "S'il y a chaos il y a Sarko" résument ses quelques soutiens indéfectibles. Sarkozy confond ses fans transis qui font la queue devant les librairies lorsqu'il sort un bouquin et des électeurs. Il croit que la France le regrette et que, tout naturellement, les français feraient appel à lui et à son expérience en cas de grande difficulté. Il a oublié son impopularité, la mémoire des Français concernant son comportement erratique, son instabilité, les différentes affaires le concernant, sa condamnation à de la prison ferme et les 10 ans qui se sont écoulés depuis qu'il est redevenu un simple citoyen. Avec lui on l'a compris: "L’Élysée c'est du sérieux"!

Le Président Hollande a été trop "normal" et a déplu souverainement au peuple et, pire, à ses électeurs: lui président n'a pas convaincu et de son manque d'autorité à la privatisation de l’Élysée pour ses amours sur deux roues rien ne lui a été pardonné au point qu'il n'a pas, une première, pu se représenter. 

Depuis on dirait un veuf qui n'a pas encore admis que sa femme ne reviendra plus. Il donne son avis que personne n'écoute, pratique l'autojustification sans fin et espère, lui aussi, que, touchés par la grâce, les Français le rappelleront.

Il peut toujours attendre!

Plus loin de nous, de Gaulle a cru que son référendum plébiscite de 1969 lui donnerait une nouvelle légitimité pour les 3 années restantes de son mandat. Il a mal pris le "non" des "veaux" et a boudé à Colombey. Sa "gloire" lui étant assurée depuis Juin 40 et pour l'éternité* il pouvait se consacrer à des réussites devant la télévision avec Tante Yvonne.

Même chose pour Napoléon III: après l'une des plus grosses défaites militaires de la France (Sedan, 4 septembre 1870), après qu'il fut fait prisonnier, que la République fut proclamée et qu'il soit honni et exilé il préparait son retour quand la mort le surprit! Il ne tenait pas sur un cheval à cause de la maladie mais pensait qu'on l'attendait.

Il me semble que, dans ma vie professionnelle j'en ai vu de ces manitous d'un moment qui furent ensuite éjectés et ne s'en remirent pas. Je pense en particulier à un DG de société qui commençait chacune de ses phrase par: "moi", "je", "moi-même" et qui, une fois viré, avait les yeux jetés au loin et cherchait de la pitié, lui qui avait été impitoyable du temps de sa splendeur.

on sait, soi-dit en passant, que "l'éternité c'est long, surtout vers la fin.

 

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23 septembre 2022 5 23 /09 /septembre /2022 07:00

Si je ne sais pas toujours pourquoi je vote je sais en revanche pourquoi je ne vote pas: je m'explique. J'ai eu le droit de voter lorsque Giscard a fait voter l'abaissement de l'âge de la majorité à 18 ans (Loi du 5 juillet 1974). En 1981, alors que j'étais encore de droite, Chiraquienne pour être précis, j'ai voté pour François Mitterrand . J'avais la même "logique" que le RPR de l'époque: faire battre Giscard d'abord. La gauche ne durerait pas et la prochaine présidentielle verrait Chirac s'installer à l’Élysée. Sur le papier c'était (presque) réaliste. La suite prouva l'inanité du raisonnement et l'arsouille comme le surnommait de Gaulle acheva son septennat puis en obtint un autre des électeurs en 1988. J'en pinçais encore pour le maire de Paris supportant sans état d'âme les échecs, les hommes de l'appareil (Labbé, Pasqua...) et les changements brusques de ligne politique.
Je ne versais aucune larme sur le départ forcé de Giscard: la dérive monarchique n'était pas un fantasme journalistique, les diamants du "cousin Bokassa" non plus, pas plus que les 3 ministres suicidés ou révolvérisés (de Broglie, Fontanet et Boulin). N'étant ni banquier à particule ni éboueur Giscard semblait ne pas s'intéresser à moi et je le lui rendis bien.

Pendant les 14 ans de la présidence Mitterrand (qui me parurent une éternité) je votais (quand je votais) à droite mais sans conviction. A la présidentielle de 1995 je départageais Édouard et Jacques en votant une fois de plus pour le député de la Corrèze, maire de Paris et ami des Sumotoris. Exit Balladur, exit Jospin.

En 1997 le Président Chirac, bien conseillé par de Villepin et quelques autres dissout l'Assemblée Nationale. Exit Jospin? non! pour la seconde fois j'ai voté pour un socialiste. La dissolution stupide ne passe pas. La cohabitation me convient et je trouve Chirac moins gaffeur quand il est "surveillé', en l'occurrence à droite par sa fille Claude et à gauche par Jospin et son gouvernement.

2002. Chirac et Jospin s'affrontent. Le premier ministre et le président sortant s'invectivent et témoignent de leur haine réciproque. Si j'ai bonne mémoire j'ai voté Jospin au premier tour et Chirac au second. Un grand écart dont je saisis le grotesque aujourd'hui. Nous fûmes nombreux à ne savoir que faire à cette élection pitoyable qui vit Jospin affronter des proches au 1er tour et ne pas être qualifié pour le second.

Évidemment je re-votais pour le président "vieilli, usé, fatigué" lorsqu'il se vit devoir affronter Le Pen père au second tour. 

2007. Sarkozy, insupportable, dispute le fauteuil de l’Élysée à Ségolène Royal, exaspérante. Devant la levée de boucliers des "éléphants" et le procès en capacité qui est fait à Royal je vote... Sarkozy. Je le regrette dès le dîner au Fouquet's et la balade sur le yacht de Vincent Boloré. Je le regretterais pendant 5 ans, jusqu'à l'élection de 2012 qui voit Sarkozy demander un second mandat et François Hollande prétendre à en obtenir un. J'ai changé de camp et je vote Hollande. Je me donne le vertige! tout seul, comme un grand.

Le quinquennat de François Hollande me fait de la peine: l'affaire Leonarda, les frasques de Montebourg et les actes et paroles inqualifiables des "frondeurs" sont, pour moi, la preuve absolue du manque d'autorité du chef de l'état. Encore me suis-je limité à ces exemples. Le livre "un président ne devrait pas...." achève de déconsidérer celui qui, c'est une première, ne peut pas même se représenter.

2017 je vote sans état d'âme pour Emmanuel Macron. Fillon m'a dégouté en père la Pudeur qui vole l'argent de l'état, Juppé et Sarkozy me rebutant autant l'un l'autre. Quant à Benoît Hamon; l'homme est sympathique mais a contribué à torpiller la présidence de François Hollande.

2022 je re-vote Macron parce que son mandat a été une série ininterrompue de catastrophes et d'ennuis et qu'il ne s'en est pas trop mal tiré. A l'International il est bon et il a de l'autorité et du charisme.

Il est jeune et fait une politique "raisonnable" de gestionnaire du capitalisme et de la droite modérée et celle de la sociale-démocratie.

Voterais-je en 2027? si Dieu me prête vie... je participerais au scrutin. Et les sondeurs et analystes politiques s'arracheront les cheveux à essayer de trouver une logique dans mes choix successifs!

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22 septembre 2022 4 22 /09 /septembre /2022 07:00

J'allais à cet anniversaire avec un certain plaisir mais limité par le fait que je serai, une fois encore, le plus vieux de tous les convives et que Françoise et moi serions les ancêtres qu'on chambre sur  leur décrépitude: "l'Ephad vous a laissé sortir?",  "du gâteau? vos dentiers le permettent?" et autre saillies plus ou moins drôles.

Nous étions une vingtaine parmi lesquels une grande majorité de quadragénaires: normal puisque la Reine de la fête célébrait son entrée non dans la 4ème dimension mais dans sa 4ème décennie.

La conversation était animée et les sujets abordés comme leur angle d'attaque étaient à la fois anodins et spirituels. Le repas fut à leur image: des entrées fraîches du jardin (des jardins), des plats plus roboratifs (l’indispensable barbecue, tenu par...un homme), des bons fromages, des petits fours  et des "gâteaux de bonbons". Le tout arrosé de champagne ou d'eau Perrier. Des bulles, en tous cas. 

La distribution de cadeaux à l'impétrante, qui, je le rappelle, fêtait ses 40 ans, ne manqua pas de me surprendre: elle eût droit à une canne (pour marcher), une blouse fleurie comme on en voit sur les marchés et que revêtent en  général les très vieilles dames et les deux hommes qui jouent les vieilles dans le duo des "vamps", un chapeau de pluie du même genre, des lunettes-loupes à la monture noire et j'ai oublié le reste. Chacun(e) de s'esclaffer sur ces présents incongrus. 

C'est l'entrée dans la vieillesse 40 ans?  Glups !

Les enfants rajeunissaient l'atmosphère en tirant deux bombes à confettis dans la salle où la grande table était dressée, tout en la sonorisant avec une corne de brume comme celle qu'on entend dans les stades. Effet garanti.

A mon étonnement et à mon grand plaisir, l'oncle de la vedette du jour, Bertrand, né comme moi un 27 septembre (mais 5 ans plus tôt) avait fait dans la journée le voyage pour être présent. Lulu, une amie médecin, savante et lunaire, également et de Paris.  J'étais placé à côté d'eux et je m'en réjouis: le repas fut vraiment une fête pour moi.

Je fis moi-même les plaisanteries de mise sur la pauvreté de ma "toison capillaire" et sur mes capacités cognitives revues à la baisse à cause de l'âge et de Priscilla. En prenant les devants j'évite les réflexions plus désagréables. 

Il y avait encore, ce 11 septembre, 10 degrés de différence entre la température à l'intérieur de la maison et dehors. Celles et ceux qui allaient fumer ou embêter le chat se faisaient un malin plaisir d'ouvrir la porte fenêtre, histoire de diminuer la différence.

Au gâteau plus personne n'avait d'appétit (dommage, il avait l'air bon) et au café il n'y avait plus personne!

J'ai eu le fin mot des accessoires de vieux offerts à Mélie: peu de temps auparavant elle avait offert un déambulateur à sa meilleure amie pour ses 40ans à elle. 

 

 

 

 

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21 septembre 2022 3 21 /09 /septembre /2022 07:00

Lorsque Lilibeth 1ère a décidé que la plaisanterie avait assez duré et qu'il était temps d'aller boire un Gin avec sa Queen Mum, un Whisky pure malt avec sa sœur Margaret, un diabolo Grenadine avec son mari Philip et un jus de tomate-Tabasco avec sa belle fille Diana les nécros étaient toutes prêtes déjà.

Les télés robinets à images ont déploré que son agonie soit si rapide mais enfin, même pour son départ pour l'au-delà la Reine (on finissait par croire qu'il n'y en avait plus qu'une sur cette planète!) n'a pas traîné. Elle avait dû, comme son petit cousin Toutankhamon préparer de beaux habits pour le grand voyage.
Jack Lang, plus fripé que jamais, le cheveu teint corbeau (signe de deuil?) est venu verser quelques larmes de crocodiles sur les plateaux de télévision (pourquoi cette endive?) tandis que Stéphane Bern et la rédactrice en chef du torchon Point de vue se tiraient la bourre pour être le premier à dévider ses banalités aussi futiles qu'inutiles sur la "merveilleuse" reine défunte.

Donnez moi son train de vie et je deviens vite merveilleux, moi aussi.

Alors que nous avons raccourci nos monarques légitimes, exilé les  imposteurs (Louis-Phillippe, les Bonaparte, Émile Loubet*...) et adopté une constitution hybride qui allie les défauts de la royauté et ceux de la République nous fayotons les anglais du Brexit en leur enviant d'abriter une famille royale pléthorique et bourrée de cas sociaux (Andrew et ses virées avec Epstein n'est pas un cas social?).

Après avoir eu Bernadette et Carla comme premières dames on en voudrait une qui, en plus d'être une potiche soit appariée à ce qui reste du  gotha européen. Une qui ait des châteaux et une couronne. 

Giscard s'est cru roi, il est tombé de haut en 1981 lorsqu'il a été congédié. Il n'empêche: les obsèques de la très vieille souveraine du Royaume uni ça avait de la gueule: on aurait dit les obsèques de Johnny! (on a  les rois qu'on mérite).

* private joke, Emile Loubet est un des falots Présidents de la République que la france peut s'énorgueillir d'avoir eu à la tête du pays. Bien que potiche il a fait la totalité de son mandat.

 

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20 septembre 2022 2 20 /09 /septembre /2022 07:00

A propos du doc sur les fesses dont on nous a rebattu les oreilles j'ai été surpris de la pauvreté du commentaire pour ne rien dire de la plupart des images. Sans faire de la thématique les réalisatrices auraient  dû suivre un canevas et éviter de se disperser. Certaines illustrations étaient tellement galvaudées (cf. les fesses de Polnareff) qu'elles minimisaient le propos. Le postérieur, dans la statuaire antique puis renaissance, le fessier dans les représentations dessinées, dans la peinture puis au cinéma auraient pu être développés. La photo de couverture du magazine "Elle" montrant le (beau) corps dénudé de la comédienne Emmanuelle Béart était une digression inutile. Les singeries de Jean-Paul Gaultier et les dessins hypersexués dont il faisait l'éloge étaient eux aussi hors sujet.

Le documentaire n'a pas pu s'empêcher de resservir les griefs féministes sur le regard "impur" des hommes, ces cochons sans foi ni loi. Illustré par l'extrait archiconnu du film "les galettes de Pont-Aven" de Joël Séria (lui aussi, vu, revu et revuvu).  Coincée et rabâchant les éternels griefs des "policières de la pensée" l'une d'entre elles donnait au documentaire une lourdeur mal venue.

Trop de pistes, souvent mal explorées, détruisaient le sujet du documentaire. Les fesses ont aussi inspiré les poètes et, plus près de nous, les chanteuses et chanteurs. Cela n'a même pas été abordé, fut ce d'une phrase..

Une fois le générique terminé, comme presque toujours à la télévision, on se surprenait à se reprocher d'avoir consacré une petite heure à du vent. Si le but de la diffusion de ce reportage était de rentabiliser la publicité avant et après sa diffusion je pense qu'il a été atteint. Si, au contraire, il était de faire une réflexion sur un sujet qui a sa raison d'être, alors c'est raté. Zéro. Nada.

Même Netflix, sur des sujets voisins fait mieux.

 

 

 

 

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19 septembre 2022 1 19 /09 /septembre /2022 07:00

Netflix, auquel j'ai accès de manière frauduleuse n'est pas aussi nulle qu'on le dit. Certes les programmes proposés cèdent souvent à la facilité mais ils doivent fédérer un public familial, les jeunes, les vieux, les célibataires, les conventionnels et les branchés. Dit comme ça on imagine que le poste de responsable des programmes ne doit pas être de tout repos. 

Je suis assez sensible aux documentaires qu'ils diffusent et qui tirent la Plateforme de programmes télévisés vers le haut. Pas les innombrables séries consacrées aux Tueurs en série ni à la seconde guerre mondiale mais ceux qui le sont à la médecine, à l'organisation sociale, aux faits de société et à l'Histoire. 

J'ai regardé avec curiosité et étonnement celui que Netflix diffuse encore à propos de Cuba. Sur cette île des Caraïbes j'avais des idées bien arrêtées et je me suis aperçu que la réalité est extrêmement contrastée. Comme le dit le commentaire (est-ce un intervenant?) "Cuba a été convoité par l'Espagne, la Grande-Bretagne, la France et les Etats Unis". Ce petit pays a connu des dictatures de toutes sortes, des fléaux innombrables (cyclones,  mainmise du syndicat du crime, misère endémique, monoculture du sucre, coups d'états et j'en oublie) sans oublier la révolution Castriste et ses 50 ans de stagnation sous régime sévère..

Par moment on se croirait presque avec les Généraux Alcazar et Tapioca des aventures de Tintin tant la bouffonnerie est grande. Les films d'exécutions à bout touchant se chargent de rappeler que la "farce" n'en fut pas vraiment une. Des chefs d'état d'opérette, des casinos où les roulettes sont truquées, des batailles grotesques mais meurtrières, il y a, face au tragique, cette beauté tropicale et ce sens du spectacle qui font (presque) oublier les souffrances d'un peuple dont tout le monde, gouvernants et voisins (les USA) se moquent éperdument.  

La prise du pouvoir par Castro, son tour de passe-passe avec les Soviétiques, son régime qui n'en finissait pas de durer (comme ses discours), ses exactions etc. étaient ramenées à leurs justes proportions: une dictature exotique, cruelle pour les opposants et dure à supporter pour les réalités économiques qu'affrontèrent les habitants de l'île depuis des temps immémoriaux. 

Il ne semble pas, après le passage des deux frères Castro, que Cuba soit sur une meilleure pente. L'embargo a t'il encore une justification? USA et Cubains devraient y réfléchir. Obama a donné l'exemple, pourquoi le processus qu'il avait engagé s'est il arrêté? Et le "Che"? sa véritable nature, ses actes et la dureté de son action finiront ils par ébrécher la statue?*

*"La face cachée du Che" de Jacobo Machover Edition Buchet & Chastel, collection au fait. 

 

 

*Incidemment dans le texte du film j'ai appris la composition minimale du "Cuba libre": Rhum & Coca-Cola.  

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16 septembre 2022 5 16 /09 /septembre /2022 07:00

La cohorte écologiste est en train de me retourner! bien que prévenu contre les excès de leur propagande et pas dupe de leurs exagérations je me surprend à écourter ma douche et à conseiller à ma femme de réfléchir avant de faire installer la climatisation dans l'appartement.

En effet leur discours imprègne tellement le quotidien que les pires exploiteurs, à savoir les publicitaires, rivalisent de slogans idiots pour nous persuader que leur camelote est bio, que leurs clients respectent l'atmosphère et que plus écologiques qu'eux tu meurs. Les escrocs!

Il n'empêche; je suis subrepticement devenu "Flexitarien" en revenant de Tanzanie. Nous avons fait un voyage qui se voulait concerné et avons mangé (on ne peut parler de déjeuner ou de dîner, les autochtones n'ayant qu'un repas par jour) chez et avec l'habitant, dans un village Massaï et aussi dans une ferme agricole dirigée et exploitée par des femmes. Là la viande était un passage obligé et les chèvres et moutons qui partageaient l'espace avec les enfants et tout le village étaient tués et dépecés sans cérémonie.

Je dois à la vérité de reconnaître que si nous avons évité les repas trop riches nous n'avons pas fait carême, ne fût-ce qu'à un repas. Le touriste peut-il refuser les repas internationaux spécialement composés pour lui? 

Toute cette viande, ces morceaux indistincts et largement épicés ont achevé de me dégouter d'elle. Il y a longtemps que je me résous mal à manger du veau, de l'agneau, du lapin et que je me résigne pour le porc, les volailles et les poissons. J'étais flexitarien sans le savoir! Même si j’accommode le principe à ma façon.

Je ne veux pas m'imposer et imposer à quiconque cette décision de m'abstenir le plus possible de manger de la chair animale mais suis décidé à le faire, personnellement.

 

 

 

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15 septembre 2022 4 15 /09 /septembre /2022 07:00

L’Éthiopie, pour moi, c'était vague. Rimbaud dans le Harar, Le Négus Hailé Sélassié, l'effroyable dictateur communiste Mengistu (1,2 millions à 2 millions de morts)... et c'est à peu près tout.

L’Éthiopie s'est rappelée à moi d'une singulière façon. Un "doc" de 15 minutes diffusé par Arte dans le cadre d'une émission intitulée "Arte Reportage". Le présentateur, avant de nous prévenir que certaines images étaient terribles nous a dit que le reportage pouvait aussi bien s'intituler: "un massacre ordinaire".

Il concerne la région du Tigré dont l'ethnie dirigeait l’Éthiopie avant d'être écartée du pouvoir. Les Tigréens sont en rébellion contre leur propre pays.  C'est devenu une vraie guerre moderne!

Le reportage commence par une visite d'un centre de regroupement (Prison? bagne? camp?) dans lequel 6000 Tigréens et quelques femmes soldat vont être sommairement interrogés sur leur participation à un massacre de civils. Il s'agit, on l'a compris, de crimes de guerre qui sont venus à la connaissance des autorités et du monde "grâce" à une vidéo prise par un soldat sur son portable. Le commentateur dit que les soldats de 20 ans filment tout, comme les  jeunes du monde entier.

On assiste à la confession d'un des massacreurs qui dit que le ministère de la défense a interdit de tuer des civils mais que ces ordres ont été contredits par un de ses chefs qui, en substance a exigé:                             "Tuez les tous, massacrez-les. Brûlez chaque maison. Tu les mets en face de leur maison et tu tires .../...".

En janvier 2021 il y a eu une rafle de villageois au centre de l’Éthiopie, à Mahebere Dego. On voit des jeunes gens, d'abord debout puis assis. Ils ont des habits civils. Un grand en survêtement rouge un foulard autour du cou se détache des autres hommes assis. C'est un des premiers à être emmené devant une falaise et abattu comme un chien d'une balle dans la nuque. (Oui, comme en 1941 à l'Est). Le "cameraman" au portable insulte les victimes sur le court trajet qui les emmène à la mort.  On voit ces hommes qui n'ont plus que quelques secondes à vivre; On les fait courir au supplice et on les achève devant nous, spectateur muet d'horreur.

Les "condamnés", très jeunes, ne se rebellent pas, accélèrent le pas et meurent dignement. Comme ceux que l'on guillotinaient en France en 1793 ou les victimes des purges de Moscou. Je pense à ce texte d'Orwell qui suit un condamné à mort qui va être pendu (en Inde, dans les années 40): Orwell est fasciné par le fait que l'homme à qui il reste une ou deux minutes de vie fait un écart sur le chemin pour éviter une flaque d'eau.

L'image du doc est belle, en couleur, le son terrible "Pas dans le dos, dans la nuque". On voit les exécuteurs obliger des femmes à participer au massacre. 

Le reportage se termine par l'interview du cinéaste amateur, un gamin comme tous ceux qu'on voit dans le tram aux Arènes à Toulouse.

Le documentaire s'achève sur une note tragique: les tueurs reconnaissent que les civils étaient innocents..

 

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14 septembre 2022 3 14 /09 /septembre /2022 07:00

L'une des plus grandes et, partant, des plus belles piscines de Toulouse se trouve au milieu de l'île du Ramier, face au Stade. Son gigantesque parking bétonné a été enlevé et la nature, petit à petit, y reprend ses droits. A la Mairie on s'est aperçu que le caractère inondable de l'île (ça tombait pourtant sous le sens, non?) empêchait la municipalité de vendre des terrains à des promoteurs pour y construire des immeubles "les pieds dans l'eau" et réservés à des propriétaires prêts à payer le prix du mètre carré comme dans les "beaux quartiers" de Paris. Résigné, on s'est résolument lancé dans une opération conjointe de création d'une zone verte et d'une communication intense sur cette zone.

Ce qui a déjà été fait plaide pour la mairie. L'île se débétonne et se végétalise vraiment.  

Le parc des expositions, vétuste et très moche, a été déménagé à la périphérie. C'est pitié de voir ce "MeetT" sorte d'assemblage de hangars posés sur des champs et écrasés de soleil censé l'avoir remplacé. Les arbres y sont riquiquis et l'habitude d'aller à ce nouveau parc n'a pas été prise par les Toulousain. Ceux qui y sont allés dressent un portrait si critique qu'il faudra du temps pour qu'il soit enfin adopté.

Revenons à la piscine: un gigantesque bassin "olympique" extérieur de 150 X 48m, voisine un bassin d'entraînement lui aussi découvert tandis qu'un autre bassin est abrité par un bâtiment art-déco. La Piscine a pris le nom d'un grand nageur originaire d'Afrique du Nord, Alfred Nakache tandis que le bassin d'entraînement s'appelle Castex sans que ça n'ait de rapport avec le second premier ministre du premier quinquennat d'Emmanuel Macron. Vous suivez? Des plages sont aménagées autour du grand bassin. Les abords immédiats de la grande piscine sont plantés d'arbres fleuris et de pelouses bien vertes. Situé à proximité des quartiers populaires la piscine qui pratique des tarifs abordables attire des familles et des jeunes les jours où le soleil brille, c'est à dire souvent, l'été, à Toulouse*

Alfred Nakache*, qui a donné (de son vivant, mais tout le monde le pensait mort) son nom à la piscine était un immense nageur professionnel entre les deux guerres et, malheureusement pendant la seconde. Juif de Constantine ses rivaux et l'occupant n'ont de cesse de contrecarrer ses réussites et le  précipitent dans l'enfer: déporté à Auschwitz avec sa femme et sa fille de 2 ans il sera le seul, grâce à son opiniâtre désir de vivre et une solidarité dans le camp où il a été reconnu à revenir. Il reprendra l'entrainement et participera aux Jeux olympiques de 1948. 

A la bibliothèque était posé un livre sur un présentoir. Une biographie d'un nageur "rival" de Nakache pendant la guerre et qui serait peut-être celui qui l'a dénoncé à la Gestapo. Il est précisé dans ce livre que l'auteur a fait œuvre de création et s'est basé sur certaines vérités révélées et aussi sur son imagination pour écrire le livre**

Quel contraste entre la réussite éclatante et la personnalité scintillante  de Nakache et celle, sordide et misérable de celui qui l'a peut-être livré aux autorités allemandes.

Si un sportif, nageur de compétition mérite que son nom soit sur les frontons de piscines ou de bâtiments dédiés aux sports c'est bien celui d'Alfred Nakache.

 

*Denis Baud auteur du livre Alfred Nakache, le nageur d’Auschwitz (éditions Loubatières)

**Yves Pourchet auteur du livre Brasse papillon, le roman d'un collabo (éditions Gaussen)

 

 

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