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18 janvier 2022 2 18 /01 /janvier /2022 07:00

Il y a vingt-six ans Gérard décédait du sida le 16 du mois de janvier. Il avait trente-neuf ans. Sa mort survenait après une atroce agonie. Il avait affronté la maladie avec un courage réellement stupéfiant. On dit souvent ça mais là c'est la stricte vérité.

Jamais je n'oublierais ses obsèques au cimetière des Olives à Marseille. La colère froide de son père, la douleur absolue de son frère et la présence déserte de sa mère. Nous étions nombreux derrière le corbillard à l'ancienne et j'avais été désigné pour être l'un des porteurs du cercueil. Les sensations et les impressions se mélangeaient et j'étais acteur et spectateur de cet évènement: l'enterrement de mon ami de vingt ans.

Nos chemins avaient pris un tour différent lorsque mes enfants sont nés. Mes priorités n'étaient pas les siennes et il continuait à faire la fête quand je changeais les couches et soignais les bronchiolites. Naturellement nous continuions à nous voir et le fil n'a jamais été coupé.

Un jour il me demanda avec un ton que je ne lui connaissais pas de le retrouver au restaurant du Parc de la Villette à Paris. Il était tendu et emprunté. Il avait, de toute évidence, un message à me transmettre et ne savait comment s'y prendre.

Il me dit qu'il était séropositif au VIH ce qui, en 1990 signifiait qu'il était condamné à plus ou moins long terme.

J'ai vécu -de loin- sa descente aux enfers et son chemin de croix car c'est de cela qu'il s'agit. S'il ne souffrait pas trop physiquement, du moins au début, moralement c'était terrible. C'était un homme qui aimait la vie, qui s'intéressait à tout et qui était très entouré de divers cercles d'amis et de connaissances dont il était souvent l’élément moteur. L'organisateur de soirées, le catalyseur des bonnes ambiances.

Le sida faisait peur et sa révélation éloignait ses amis et relations. Pour de bonnes et moins bonnes raisons que l'on auto-justifiait (les enfants, le risque de contamination...) chacun trouvait en son for intérieur des justifications approximatives de l'éviter. Moi inclus.

Oui, moi inclus.

Entre-temps, en 1993, ma famille et moi nous étions installés durablement à Toulouse et l'éloignement s'aggrava. Je craignais que mes enfants s'alarment de sa dégradation physique rapide et spectaculaire et j'hésitais à leur imposer cette réalité difficile. De fait la dernière fois que nous le vîmes nous le trouvâmes si mal, physiquement, que sa fin était inscrite sur sa figure méconnaissable.

Bien que l'issue fatale de sa maladie soit inéluctable et prochaine je n'arrivais pas à l'envisager et ai été comme surpris lorsqu'un coup de fil très matinal me l'apprit.

Je n'assistais pas à la messe ni à la mise en bière qui eurent lieu à Paris mais j'étais à Marseille lorsque le transport des pompes funèbres arriva de Paris. Sa belle sœur annonça "le voilà" et, un centième de seconde je crus qu'il allait être là. Debout. Parmi nous.

 

 

 

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17 janvier 2022 1 17 /01 /janvier /2022 07:00
The Grudge. Un faux-air de feue Juliette Gréco.

The Grudge. Un faux-air de feue Juliette Gréco.

Je me demande parfois si le temps ne s'est pas arrêté dans notre beau pays. Passant devant une colonne Morris mon regard a été attiré par une affiche de cinéma au titre neu-neu. Elle signalait au passant la sortie imminente du 50ème film de Claude Lelouch.

Ici les vieilles gloires ne détalent que lorsque la camarde les rappelle. Annie Cordy, Danièle Darrieux, Suzy Delair et tant d'autres ne quittent l'affiche que pour le cimetière. Encore celui-ci ne nous protège t'il qu'un peu contre des hommages qui se poursuivent très longtemps post-mortem. On pourrait croire Serge Gainsbourg, Johnny Hallyday ou Claude François encore de ce monde tant ils restent présents dans les médias. J'ai même vu l'hologramme d'Adamo chanter.

Il faut signaler que beaucoup de ces trépassés font concurrence à des presque défunts et que les vieilles gloires encore vivantes "mettent le paquet" pour avoir encore l'air de respirer. Des momies chantantes, des agonisantes refaites de pied en cap continuent de squatter les écrans rappelant vaguement au spectateur que le bec de canard et les paupières tendues qui les affectent n'ont pas toujours été là.

Quand on voit une Marthe Keller ou une Françoise Hardy que nul scalpel ni injection de botox n'a atteinte on a de la peine pour leurs consœurs qui ressemblent au masque de Belphégor.

Et puisqu'on parle du fantôme du Louvre, ma fille appelait Juliette Gréco -paix à son âme- the grudge, du nom d'un personnage de film d'horreur.

Et Mesdemoiselles Deneuve, Baye, Vartan etc. n'ont plus d'expressions du visage depuis si longtemps qu'on s'est habitués à leurs visages ectoplasmiques.

Mais je reviens au sujet abordé au début de ce post. Gérard Lenormand, chanteur agaçant des années 70 est de retour. Le rire naturel de Serge Lama également. Nicoletta, en froid avec Mamy Blue est de nouveau invitée sur les plateaux de télévision. Michel Sardou qui n'a pu freiner le vieillissement et a fait appel au bistouri des chirurgiens esthétiques n'a pas figure humaine. On pense à l'avant d'une DS21 ou à une grenouille. Vous noterez que je n'ai pas dit crapaud.

Autre déconfiture "Capri c'est fini", titre sur lequel il a bâti sa vie n'a pas empêché Hervé Vilard* de ne plus ressembler à rien. Un flan vanille est ce à quoi il fait penser. Sheila, qui s'étonne encore et toujours que l'on ait fini par se lasser de ses couplets imbéciles s'est vengée sur elle-même, de sa disgrâce: C'est au tournevis et à la clé de 8 qu'elle a été remodelée.

Finalement j'en arrive à me demander si l'oubli absolu, le fameux "second linceul des morts" n'est pas le plus enviable. Montand, Béart, Reggiani, Moustaki, Barbara, Cora Vaucaire... sont provisoirement oubliés et c'est bien ainsi. Les entendre repris par Patrick Fiori, Abd-al-Malik ou Zaz serait une double peine.

Le cinéma international fonctionne ainsi également. Des comédiens magnifiques et des actrices splendides vivent un éternel purgatoire tandis que d'autres, sans qu'il soit question de talent, sont oubliés. Clint Eastwood a échappé à cette "malédiction".

Il n'est pas mort? ça doit jouer!

 

* ne sachant s'il lui fallait deux ou un seul "l", le correcteur d'orthographe m'a carrément proposé: "vicelard"!

 

 

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14 janvier 2022 5 14 /01 /janvier /2022 07:30

Je tiens l'écrivain, historien, journaliste et surtout le passionné de cinéma Michel Ciment pour un homme intéressant, cultivé, ouvert et objectif. J'aurais pu inclure beaucoup d'autres adjectifs à cette phrase d'introduction mais je la trouve déjà suffisamment laudative.

D'autant plus que je veux faire des reproches au pilier du "Masque et la Plume", des "Cahiers du Cinéma", de "Positif" et de tant d'autres supports où l'on dissèque un cinéma artistique, ambitieux et intelligent. En effet j'ai lu -en diagonale parce que le livre est trop pointu et s'adresse à un public presque captif- les entretiens avec N.T.Binh "Le cinéma en partage" parus en 2014 chez l'éditeur Rivages.

Je serais hypocrite si je taisais que j'ai pris ce livre pour y trouver du nouveau sur Stanley Kubrick, vieille passion/obsession chez moi que le temps ne parvient pas à éroder.

J'y ai -en partie- trouvé ce que je cherchais et plus encore. Ce qu'il dit de Francesco Rosi, de Joseph Losey et de Elia Kazan est très intéressant et donne envie de creuser le sujet. Il parle aussi, peu mais bien, de metteurs en scène qui m'intéressent tels John Boorman, Jerry Schatzberg, Théo Angelopolous et quelques autres. Il dit (et le contraire m'eut étonné) du bien de Joseph Mankiewicz et de Wilder mais passe trop rapidement sur ces prodigieux cinéastes.

J'ai moins apprécié le (trop) long développement sur les festivals et les remises de prix. Ces remises de trophées m'ennuient au plus haut point. Napoléon avait parfaitement résumé la chose en créant la légion d'honneur: "c'est avec des hochets qu'on  mène les hommes". Rien -à mes yeux- de plus barbant et de plus inutile que les Oscar et leur innombrable déclinaison.

En fait je reprocherai à ce livre et aux personnes qui y sont décrites leur élitisme et leur prétention . L'un ne va pas sans l'autre.

Malheur à qui n'aimera pas inconditionnellement ce qu'une certaine critique porte systématiquement aux nues. Des Godard et autres ont vécu plus de 60 ans sur un malentendu! Les ratiocinations sur "La nouvelle vague" ne me font même pas sourire. Elle s'est achevée dans la farce.

Heureusement le livre contient des passages éclairants et passionnants sur ce qu'est une interview, une critique, un article de presse par rapport à un passage radio etc.

Enfin, et je lui en suis reconnaissant, Michel Ciment parle bien d'un confrère (et concurrent!), Philippe Fraisse dont j'ai commandé le livre cité.

J'adore la chute du livre que je reproduis intégralement: "Michel Ciment, quel spectateur êtes-vous? Le cinéma disparaît, quelle serait la dernière image? Le champignon atomique et la chanson de Vera Lynn "We shall meet again on a sunny day", à la fin du "Docteur Folamour". La première utilisation géniale par Kubrick du contraste entre la musique et l'image qui allait marquer tout son cinéma".

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13 janvier 2022 4 13 /01 /janvier /2022 07:00

Il y a plus de cinq ans, en 2016, je disais ici même tout le mal que je pensais de Eric Zemmour dont personne, lui inclus, ne l'imaginait candidat à la Présidence de la République un jour et doté d'un capital de votes flirtant avec les 15% dans les sondages d'opinion. Je résiste (difficilement!) et ne me cite pas mais le bonhomme m'était déjà apparu comme un agitateur et un imposteur.

Nous sommes tellement gavés d'informations qu'il est possible qu'alors je répétais ce que j'avais entendu mais en mon for intérieur j'ai assez rapidement vu que l'Histoire selon Zemmour était tordue pour le bien de "sa" cause, qu'il l'arrangeait à sa sauce et qu'il était incapable de faire face à un vrai contradicteur.
Cela dit, déjà il y a six ans, les télévisions et les radios s'abstenaient de le mettre en face de contradicteurs.

J'en arrive à me dire qu'il existe, depuis quelques années, une sorte de "complot" visant à diffuser ses positions, ses idées, ses parti-pris et sa vision des choses. Pour cela on se sert de sa personnalité, de son habileté intellectuelle, de son culot (affirmer que Pétain a aidé les Juifs Français...) et de ce qui peut passer pour sa culture. Qu'importe s'il défend bec et ongles des thèses fausses et obscènes (la culpabilité du capitaine Dreyfus) il est ce que la télévision appelle "un bon client" et pour certains cyniques qui conchient la démocratie et la République un partenaire de poids.

On ne peut pas dire que le processus est nouveau: les médias ont, dans une certaine mesure, favorisé l'émergence de Jean-Marie Le Pen, au tournant des années 80, pour plusieurs (mauvaises) raisons: François Mitterrand souhaitait se servir de lui comme la droite s'était servie du Parti Communiste: comme d'un repoussoir avec lequel elle n'en finirait pas de se colleter (avouons que le piège a parfaitement fonctionné jusqu'à aujourd'hui!). Elles ont -jusqu'à la nausée- polémiqué et donné de la résonance à toutes les provocations du susdit. Et Dieu sait s'il y en a eu! elles ont souligné qu'il parlait bien (ses agressions était formulées dans un bon Français et il maniait bien le subjonctif). Ses audiences record faisaient entrer l'argent de la publicité dans les caisses.

Mais revenons à Zemmour. Je ne crois pas qu'il soit "d'ultra droite" ni même d'extrême-droite. C'est, c'est certain, un homme de droite, qui regrette la société bourgeoise de la fin du dix-neuvième et du début du vingtième siècle. L'armée, l’Église n'ont plus assez d'influence pour lui, la sexualité est trop libre et la société trop libérée. Il est resté bloqué au milieu des années 50. L'IVG le révulse, il ne comprend pas et n'admet pas plus le mariage entre personnes du même sexe, la libération de la femme est au mieux une erreur au pire une hérésie. Pour mener à bien son grand projet (unir TOUTES les droites, de Dupont-Aignan au Rassemblement National en incluant Les Républicains et arriver ainsi à 51% des suffrages).

Pour lui et ceux qui l'ont choisi La société devrait être proche des classes sociales britanniques immuables et le respect des convenances une obligation absolue. Ils regrettent le Général et tante Yvonne qui refusait les divorcés à sa table.

Tout ceci ne serait que monomanie si cela ne s'accompagnait d'idées dangereuses ("le grand remplacement"), d'obsessions (les Musulmans), d'amalgames (l'Islam) et d’œillères idéologiques. Sans oublier un goût de la chose armée inquiétant. 

Dangereux sans doute. Mais, espérons-le,  pas autant qu'on le dit tout en étant capable de faire beaucoup de dégâts dans un pays dépressif. Un "Trumpisme" hexagonal.

J'espère me tromper mais je vois sa candidature à la candidature comme un râteau qui permettra à Marine Le Pen d'arriver à ses fins cette fois-ci. 

 

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12 janvier 2022 3 12 /01 /janvier /2022 07:52

Bénéficiant d'un bouche-à-oreilles phénoménal le film "Don't look up" distribué sur Netflix est pourtant ce que notre époque fait de pire. Une daube bling-bling, bête à manger du foin et dont les auteurs et producteurs malins ont d'avance pulvérisé la critique:

1°) le film a un message politique et écologique

2°) c'est un film plein d'humour.

En réalité le "message" est noyé dans la bêtise la plus crasse et saturé d'une vulgarité accablante. Quant à l'humour c'est celui de la section des moyens de la maternelle: consternant de facilité. Il y a bien un budget considérable... mais utilisé en pure perte! di Caprio est mauvais comme un cochon, Pour la première fois de sa carrière Meryl Streep est gênante (vieille et ridicule) et le reste de la distribution est à l'avenant. Même Cate Blanchett fait de la peine. Ce déchet cinématographique fait penser à un clip parodique de rappeurs!!!!

Serez-vous étonné comme je l'ai été? ce méga-navet post-trump est un succès mondial dont même la B.O, hideuse également, se vend par millions de packs.

Je ne "sauve" qu'une scène, effectivement réussie. Reçus sur un plateau de télévision, celui d'une émission célèbre, des astronomes venant alerter les humains de l'imminence d'une catastrophe sont accueillis par des rires, des réflexions idiotes et des paillettes. On voit les grotesques coulisses de la télévision et la colère d'un "invité" devant la bêtise crasse de ses interviewers. Un bref instant de lucidité.

Ne croyez pas ceux qui vous parlent d'alerte climatique déguisée; "don't look up" est plus vide que le cerveau de Dupont-Aignan. Ne prêtez pas attention à ceux qui vous disent que "don't look up" est drôle: il est sinistre.

Prendre le biais de l'ironie pour diffuser le message de l'alerte écologique est une bonne idée. Etait une bonne idée. Le résultat est atterrant. Je n'ai pas pu aller jusqu'à la fin tant l'humanité représentée dans le film est consternante de connerie et, malheureusement, conforme à la "vraie". Le visage de l'Amérique a été déchiqueté par les quatre années de la présidence Trump. La démocratie y a reçu des coups si violents qu'il n'est pas certain qu'elle s'en remette. Et ce d'autant plus que l'homme à la mèche en prépare de nouveaux.

Devant un tel film et considérant son succès on en arrive à se dire que la disparition de l'engeance humaine ne serait sans doute pas si regrettable...

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11 janvier 2022 2 11 /01 /janvier /2022 07:00

Quand j'étais petit la nuit du 24 décembre et le passage du Père Noël se matérialisaient sous la forme de "fondants" en sachet, de couleur rose, vert, blanc et jaune. C'était des bonbons de qualité très moyenne, abondement sucrés et qui brillaient du fait des cristaux de sucres qu'ils contenaient.

Pas un Noël sans ses fondants qui apparaissaient dans les boulangeries aux alentours du 15 décembre.

Longtemps après j'ai continué à en acheter lors de la période des "fêtes". C'était ma madeleine de Proust à moi. Moins élégante j'en conviens. Je ne les aimais d'ailleurs pas tant que ça et avais du mal à finir le sachet transparent de 100 grammes.

J'ai cessé d'en acheter il y a bien longtemps mais je constate toujours, d'un œil amusé, leur présence colorée dans les confiseries de Noël chez les pâtissiers ou les boulangers.

Cette année la fille de ma femme a apporté avec elle des "boules-crème" qui étaient ses fondants à elle. Comme eux ces boules crèmes étaient de médiocre qualité et saturées de sucre aromatisé artificiellement. Elle a précisé en riant qu'il n'était pas envisageable de passer un Noël sans déguster des boules-crème.

La boîte qui les contenait était bariolée et cheap. Les chocolats... étaient bons tout en étant insipides. Je veux dire par là qu'ils flattaient la langue et les papilles, qu'on est conscient de manger une friandise industrielle mais que l'on sent ne pas croquer un chocolat de qualité. Un plaisir paradoxal.

Presque aussitôt j'ai compris que la "Boule-crème" allait désormais être mon "fondant" de Noël. Nous avons déliré sur ces bonbons, inventant une association élitiste dans laquelle les membres cooptés devaient remplir des conditions très strictes. Le délire sur les "boules-crème" a duré quelques jours et notre imagination a été mise à contribution.

Et nous avons acheté deux grosses boîtes de boules-crème que nous ouvrions avec gourmandise comme s'il s'était agi de produits de grande finesse et de prix.

 

 

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10 janvier 2022 1 10 /01 /janvier /2022 07:00

On oublie trop que la photographie est un art à part entière. Comme pour la peinture la difficulté réside dans le moment crucial où le trait devient génial: comment le retrouver? Ainsi pensais-je en regardant les photographies sélectionnées de Jacques-Henri Lartigue qui fut un photographe inspiré bien que représentant d'une classe sociale élevée et peu sensible, surtout à son époque, à l'art pour l'art. Comment ne pas être touché par le blanc immaculé qu'on retrouve sur nombre de ses clichés et sur ceux de la tenniswoman Suzanne Lenglen en particulier? Longtemps ses modèles furent ses proches et sa famille. Aisée, celle-ci avait des loisirs rares tels les sports d'hiver (ski alpin, patinage...), le tennis etc. Harmonie du noir et blanc, cadrage, rendu du mouvement... Il a eu son premier appareil photo à sept ans et n'a cessé d'améliorer son art que son sens de l'observation et son talent naturel auraient suffit à distinguer.

D'autres photographes à la "griffe" reconnaissable se sont illustrés dans cet art récent (les premiers Daguerréotypes datent de 1839) qui permit aux artistes, en ajoutant un moyen de restituer tout en l'embellissant de sa réflexion, la réalité qu'il observait. Toutes les photos ne sont pas artistiques, loin de là, mais certaines peuvent l'être et ça change tout.

La technique a sa part de responsabilité, nul ne le contestera. Les règles de l'exposition, du temps de pose, de la luminosité et le mouvement ou, au contraire, l'immobilisme du photographe, la sensibilité de l'appareil, la qualité de l'objectif, l'utilisation de la couleur ou du noir et blanc, l'argentique ou le numérique et, enfin, la qualité intrinsèque de l'appareil utilisé pour la prise de vues participent de cette magie qu'est une photo immédiatement reconnue comme "belle". Car oui, on peut parler de magie tant ce témoin instantané d'un fait est aléatoire. Doisneau, Dieuzaide et tant d'autres (Cartier-Bresson) sont des artistes admirables.

Il arrive parfois qu'une photo soit "belle" alors que, du point de vue technique elle est "ratée". Chacun s'accorde à la reconnaître tout en ne niant pas ses défauts. C'est à ce moment précis que la photographie, comme la peinture, devient un art. Il y a d'ailleurs un "académisme" propre à l'art photographique que même un non-initié peut reconnaître d'un coup d’œil. C'est le syndrome de la "carte postale".

Notre époque a vulgarisé la photographie jusqu'à en faire un produit standard et jetable. Tout le monde prend des photos de tout et le côté "humoristique" ou "rare" a subverti les autres aspects. Parallèlement la qualité des appareils utilisés pour faire des photos (incluant les téléphones portables) s'élevant on retient plus l'anecdote que le sujet, en privilégiant la rapidité à la réflexion..

 

 

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7 janvier 2022 5 07 /01 /janvier /2022 07:00

Il y a un peu plus de trois mois j'ai commencé un travail de bénévole dans une association toulousaine. J'y consacre une vingtaine d'heures par mois dans une activité sédentaire d'accueil. Mon rôle consiste à recevoir un public de personnes hospitalisées ou accompagnant des personnes hospitalisées, à remplir des documents administratifs, à collecter des informations (passe sanitaire, carte vitale, avis d'imposition, convocation médicale), à recevoir des acomptes, à proposer des services (repas, lits supplémentaires, kit de propreté), à affecter des chambre d'hôtel à ces personnes, à répondre au téléphone, à ouvrir la barrière du parking, porter des bagages le cas échéant, à aider au service à table si nécessaire et à "faire la conversation" avec le public du site.

Il y a eu des entretiens et quatre demies-journées de formation avant d'être accepté comme bénévole. Une formation spécifique au feu et à la lutte contre les incendies dans des locaux recevant du public a été jugée indispensable.

Situés dans l'immense emprise hospitalière Purpan les locaux de l'association et l'hôtel qu'elle gère sont situés dans un endroit arboré, calme et ensoleillé du CHU. Des terrasses et des jardins en agrémentent l'accès.

Peu, trop peu, de gens savent que de telles structures existent et c'est dommage car ils répondent à un authentique besoin que soulignent une majorité de clients.

Nous travaillons dans des locaux propres, lumineux et fonctionnels mais pas froids. Des gravures et lithogravures égaient les murs. Des éclairages indirects et de nombreuses étagères remplies de livres adoucissent le côté médical assumé du lieu.

Le public est surtout constitué de personnes accompagnant un parent à des examens prévus pour un établissement proche (hôpitaux mais aussi cliniques privées). Nous recevons pour une, deux nuits des personnes souvent stressées, inquiètes ou malades.

Notre accueil doit rester discret, n'être ni "intrusif" ni indiscret. Montrer un intérêt et une "chaleur humaine".

Tout ceci indique une activité intéressante et "riche" même si certaines tâches répétitives le sont moins. La présence de public, un va et vient et une activité soutenue sont indispensables: les moments calmes sont générateurs d'ennui. Nous travaillons avec une dizaine de salariés de l'association et s'il n'y a pas de tension entre nous il me semble qu'ils ont une difficulté à comprendre qu'on puisse travailler (on fait souvent le même travail) gratuitement. Leurs plaintes et critiques sont parfois déplacées parce que injustifiées à mes yeux.

Je ne sais pas combien ils gagnent mais les conditions et l'ambiance de travail me paraissent plutôt bonnes. Les clients apportent souvent des boîtes de chocolats, des bonbons, des fleurs ou des plantes pour remercier indistinctement l'équipe de l'association.

Le "passe", le port du masque, les gestes de nettoyage et les précautions prises pour la non prolifération du virus de la Covid-19 semblent parfois agacer les clients, agacement qui se traduit par des impatiences ou de l'agressivité.

Enfin, détail non signifiant, les vols de télécommande de télévisions, de draps, d'oreillers (!), de vaisselle ou d'éléments de cuisine, de livres et de nourriture sont à signaler. Des occupants surnuméraires et imprévus dans les chambres également.

Une communauté humaine classique quoi.

 

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6 janvier 2022 4 06 /01 /janvier /2022 07:00

J'ai vu quelques images d'un film à sortir ("bientôt sur vos écrans") avec Gilles Lellouche et Daniel Auteuil. "Adieu Monsieur Haffmann" de Fred Cavayé est adapté d'une pièce de théâtre à succès. Avec cette minute et demie de film j'en ai vu assez pour n'avoir aucune envie de voir ce film. L'action se passe en 1940 (oui, "encore!"), un Juif doit faire confiance à un non-Juif (oui, "encore!")...

Comme toujours dans le cinéma français un rôle est attribué à une fille ou à un fils de ... ici Sara Giraudeau, fille de Anny Duperey et Bernard Giraudeau. Je ne doute pas un instant qu'elle est géniale et qu'elle crève l'écran mais...

Les reconstitutions de la France de Pétain j'en ai vu jusqu'à l’écœurement. Fera t'on mieux, sur cette période,  que l'adaptation de "la traversée de Paris" de Claude Autant-Lara (1956), adaptation d'un texte de Marcel Aymé?

Que ce soit en mode tragique ("Lacombe Lucien" (1975), "Au revoir les enfants"(1987) tous les deux de Louis Malle, "Fortunat" (1960) de Alex Joffé), en mode bon enfant ("Monsieur Batignole"(2001), comique ("La grande vadrouille"(1966) de Gérard Oury ou même en farce ("Papy fait de la résistance"(1983) de Jean-Marie Poiré tout, absolument tout a été fait sur cette période peu reluisante qu'on semble avoir du mal à exorciser si longtemps après. Il semble pourtant que tout a été dit, écrit et filmé sur ces années noires et des films comme "les guichets du Louvre"(1974) de Michel Mitrani ou "Le silence de la mer" (1947) de Jean-Pierre Melville ont démontré qu'on pouvait le faire en évitant la caricature ou l'imposture. J'oubliais l'académisme avec "Marie-Octobre" (1959) de Julien Duvivier toujours dans le film d'occupation.

Notre cinéma se meurt par manque d'imagination. Manque de comédien-ne-s vraiment originaux et apportant un renouveau, metteurs en scène sans imagination, scénarios et mises en scène laborieuses. Rien n'est épargné à des spectateurs à qui, il est vrai, on fait passer "Le dernier métro" (1980) de Truffaut pour un chef d’œuvre et qui l'accepte sans broncher.

Sans faire de recherche je retrouve "le jour et l'heure", "L'armée des ombres", "Monsieur Klein", "la Rafle" qui traitent tous les 4 de cette période. Je suis persuadé que la liste est encore longue de ces films bonne (ou mauvaise) conscience ("Lucie Aubrac") qui ont popularisé en l'illustrant jusqu'à la caricature la décision politique -tenant de l'uchronie- de voir en la France de 40 non celle de "40 millions de pétainistes" mais une nation résistante et héroïque.

Plus on avance dans le temps et plus nous aurions été glorieux...

 

 

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5 janvier 2022 3 05 /01 /janvier /2022 07:00

Cette campagne présidentielle est décidément en dessous de tout. Notre représentation politique est à l'image du pays: en pleine déprime. Nous ne savons plus où nous voulons aller ni avec qui. Dans ces conditions une Anne Hidalgo ou une Valérie Pécresse font très bien l'affaire. Oui, très bien si l'on se réfère à un niveau de communication et non à un niveau de compétence.

Car, c'est la leçon de ces derniers mois, on a la sensation d'avoir affaire à des "seconds couteaux". Eric Ciotti, Marine Le Pen, Eric Zemmour, Christiane Taubira, Xavier Bertrand, Jean-Luc Mélenchon même ne sont pas dignes des Mitterrand, Barre, Chirac même d'autrefois. Ce sont des candidats de temps calme. Des hommes et des femmes qu'on verrait plus à Bruxelles ou à Strasbourg. On les voit mal face à la Chine dans une crise liée à Taïwan ou affrontant Vladimir Poutine. Question de surface intellectuelle, de personnalité, d'histoire personnelle.

Certes des qualités peuvent émerger lors de crises mais on peut préférer avoir eu des preuves de cette envergure avant de leur confier les clés de l’Élysée et la mallette de la dissuasion nucléaire.

Question programme on est encore dans les propositions de Pompidou contre Poher. Moins de fonctionnaires contre plus de policiers d'un côté et de la générosité redistributrice de l'autre. Le tout badigeonné de vert. Pécresse a ressorti d'un tiroir le programme de Fillon 2017, Mélenchon n'a pas changé une virgule au sien de sa précédente campagne tandis que Anne Hidalgo a donné un léger coup de plumeau au programme "changer la vie" de François Mitterrand de 1981. Tout ceci n'est pas sérieux.

Je n'aurais garde d'oublier les conditions particulières dans lesquelles cette campagne doit trouver son rythme: c'est un fait la Covid 19 désorganise tout et empêche le citoyen de s'intéresser à la présidentielle à venir dans 4 mois.

Les anciens "partis de gouvernement" ont été mis à mal par les électeurs mais n'ont guère essayé de se renouveler. On ne les a vus réfléchir ni à leur programme ni à propos de leurs dirigeants et encore moins essayer de renouveler leurs idées. Ne parlons même pas de leur mode d'opposition au gouvernement actuel. C'était subtil comme un match de catch. On dirait qu'ils sont incapables de se remettre en question. Ils restent sur des schémas anciens et inopérants.

Pour tous le pouvoir est un fruit -ou un fétiche- qu'on ramasse par terre quand c'est votre tour. Pas quelque chose qui se mérite. L'élection de Macron aurait dû inspirer des candidats différents ayant observé les évolutions de la démarche politique dans le monde. Obama, Boris Johnson, Donald Trump et Macron ont montré que l'on séduisait un électorat avec des méthodes différentes de celles du passé. Qui l'a vu ici?

A cet égard -qu'on n'y voit ni sexisme ni focalisation- Pécresse et Hidalgo retardent de cinquante ans.

J'en termine là parce que les posts politiques sont les moins lus et ceux qui me valent le plus de retours négatifs.

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