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12 juin 2023 1 12 /06 /juin /2023 07:00

Dieu (tu permets que je te tutoie?) que tu as été léger en donnant la parole à la créature censée être la plus proche de toi! Avais tu, dans ce don que j'imagine généreux et spontané, pensé à l'utilisation qui en serait faite par l'Homme et sa compagne que tu a crée à partir d'une de ses côtes? 

Je ne dis pas que cela ne partait pas d'une bonne idée: permettre aux humains de communiquer plus complètement que les primates ou les porcs épics. Si telle était ta volonté il n'y a rien à redire: Poutine se fait mieux comprendre d'un civil Ukrainien que ces animaux le font avec des congénères. 

Mais cette parole qui, avec ce que l'on a appelé "l'évolution" et que tu avais sans doute prévue elle s'est organisée, enrichie, développée jusqu'à permettre à tout un chacun de faire ressentir à un autre ce qu'il pense et vit mais aussi, hélas, à donner des ordres, à dire des mensonges et des fadaises et, plus simplement exprimé, à "faire la conversation".

As-tu vraiment voulu que les hommes débattent pendant des heures sur la réforme de la retraite? sur la mort de Louis XVII au temple? sur la température de ce matin ou sur les qualités de la dernière BMW? 

Vois-tu, sans t'en vouloir vraiment, je pense que tu aurais dû y réfléchir à deux fois avant de donner la parole à Sophie Davant ou à Jean-Luc Mélenchon. Qu'avons-nous fait, pauvres pêcheurs que nous sommes, pour endurer des discussions qui ne mènent à rien et n'apportent rien? 

Es-tu, cher Dieu, comme les propriétaires de magasins, les programmateurs radio ou les animateurs de télévision pétrifié par le silence au point que tu le fais remplir par du vent? 

Nombre de nos compatriotes parlent, parlent, parlent pour avoir l'air de penser. Or plus la pensée est primaire plus elle a besoin de s'exprimer. En d'autres termes je crois que moins on a à dire et plus on l'ouvre. 

Excuse ce langage familier et ces tournures qui m'apparentent à ceux que je dénonce et songe à l'idée que je te propose pour le futur homme tel qu'il émergera une fois que la Terre, ta terre, sera une boule de feu sur laquelle aucune vie  ne sera restée: donne à tes futures créatures le don de la parole mais associe le à l'impérative nécessité de l'utiliser pour dire quelque chose qui a du sens. 

Toi qui peux tout tu dois pouvoir faire ça. 

 

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12 juin 2023 1 12 /06 /juin /2023 07:00

Les tics de l'époque sont extrêmement nombreux et dans tous les domaines. Dans les médias le plus présent consiste à pousser aux larmes une personne interviewée et à livrer sa détresse sans l'aider à passer à autre chose. Ce silence mêlé de larmes est une victoire pour celui qui les obtient. 

Autre obsession: faire durer un faux suspens un temps infini. La réponse est..... et, au choix, vous avez des gros plans du candidat, un tunnel de publicités, une récapitulation de l'enjeu, un panoramique sur les concurrents. ça dure, ça dure..

L'invité que l'on voit en coulisses. L'invitant fait l'article puis l'annonce et celui-là salue ceux qui sont sur le plateau avant d'écouter son propre panégyrique dit par l'interviewer. C'est encore mieux s'il y a deux invités. Voir ces deux personnalités faussement naturelles traverser le plateau et s'asseoir ne présente pas l'ombre d'un intérêt. C'est pourtant un passage obligé désormais.  

La brosse à reluire. Elle existe depuis l'invention de la télévision et a ses maîtres (Drucker, Pierre Lescure, Michel Denisot, Laure Adler...).  Le principe est de faire un maximum de compliments en un minimum de temps à l'invité qui feint une modestie surprise. 

La bande annonce. On présente à l'invité, comme une "exclusivité" la bande-annonce de 2'34 qui a déjà été diffusée partout et qui compile le meilleur du film dont on va parler. 

L'invité surprise. Pour faire plaisir à un invité on fait venir quelqu'un sur le plateau. Les (fausses) retrouvailles en direct ménagent un moment d'émotion factice recherché. 

L'Hommage. Ah, l'hommage...C'est un mix entre les larmes (remplacées par des trémolos dans la voix du présentateur ou de l'invité ou des deux) et la brosse à reluire avec un peu de faux suspens. . On profite de cette séquence pour faire penser qu'on a été très proche du disparu et l'on sert au spectateur ému un extrait de film, de chanson ou d'interview vu 100 000 fois ailleurs. 

Les superlatifs: tout est "iconique", un comédien ou une comédienne est "inoubliable", un film "une réussite absolue" etc. La palme d'or est "magnifique", le Goncourt est "sublime", Le livre de machin "un chef d'œuvre". Les sports surtout déchainent la verve admirative des  journalistes qui passent les plats, à croire que le tour du square Monceau vaut le Marathon de New-York!

L'appel aux consciences et aux spécialistes.  Robert Badinter et Madame, Simone Veil, le Dalaï Lama, feu Alain Rey, Jérôme Garcin, Pascal Perrineau, Thierry Frémeaux et tant d'autres sont obligatoirement cités dès que l'on aborde le sujet dont ils se sont occupés. Ils sont à leur passion ce que Tazieff était aux volcans, Cousteau aux océans, Stéphane Bern aux rois et reines et Sophie Davant à l'écriture cunéiforme de basse Mésopotamie. Notre époque étant moins regardante sur les connaissances un Cyril Lignac ou une Michèle Cotta peuvent tenir lieu de référence. 

Le jeu de mots. Tous et toutes (mais surtout les animateurs de jeux à qui on les souffle dans les oreillettes) se croient obligés de glisser d'approximatifs traits d'humour dans leurs logorrhée. J'ai oublié qui a dit que les jeux de mots étaient "des pets de l'esprit". C'est en tous cas assez juste.

je terminerai par le contentement de soi-même qui transpire dans les prestations des gens qui animent une émission de télévision ou de radio. Un Nagui par exemple, semble avoir un melon de compétition. 

 

 

 

 

 

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9 juin 2023 5 09 /06 /juin /2023 07:00

Exceptionnellement, lors d'un week-end prolongé de "pont" du mois de mai l'ascenseur de l'immeuble qui fonctionne d'ordinaire avec la régularité d'un métronome est tombé en panne le vendredi en fin d'après-midi. Inutile de dire que le meilleur délai d'intervention des réparateurs était le mardi  suivant. Cela signifiait, puisque nous habitons au cinquième étage et que la voiture est au second sous-sol que nous allions devoir gravir les escaliers un très grand nombre de fois.

Par habitude, en temps normal, je m'oblige à monter une fois par jour par les escaliers. C'est mauvais pour mes genoux mais bon pour mon cœur (ou le contraire). Cette habitude allait se révéler positive.

On ne se rend pas compte, d'ordinaire, du côté pratique de systèmes qui nous semblent normaux. On appelle l'ascenseur, on monte dedans, on appuie sur l'étage désiré et en une vingtaine de secondes on y est. C'est tout con mais c'est évident.

Les escaliers sont bien moins pratiques. Les marches sont étroites et raides. La minuterie peut s'avérer insuffisante pour arriver au 5ème sans tâtonner dans un noir de four durant une minute. Les veilleuses encastrées dans les interrupteurs sont insuffisamment fortes et c'est toujours au moment où l'on a les bras encombrés que la lumière s'éteint.

Vous me direz avec raison que si ce sont là mes seuls problèmes j'ai bien de la chance et je devrais m'abstenir de me plaindre.

En fait j'écris ce post en pensant à tout ce que les "décroissants" et autres cinglés de l'écologie punitive pourraient nous contraindre à faire si par malheur ils devenaient assez forts pour imposer leurs lubies. J'imagine que notre électricité soit rationnée, comme l'eau, les déplacements etc.

Vraiment ils ne me font pas rêver tous ces empêcheurs de tourner en rond.

 

 

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8 juin 2023 4 08 /06 /juin /2023 07:00

Il semble que la pandémie de COVID 19 soit terminée. Il y a bien quelques personnes qui se versent sur les mains de la solution hydro alcoolique pour un oui, pour un non et d'autres (souvent les mêmes) qui gardent un masque et fuient le moindre contact avec une peau ou un objet possiblement contaminé. Mais la majorité des contemporains que nous croisons a remisé ses flacons, ses tests et ses masques.  Ouf ! nous revenons de loin.

Avons-nous oublié le confinement, les autorisations de sortie, les retenues dans des hôtels, les avions collés au sol, le silence dû à l'arrêt des activités humaines, les réactions "épidermiques" de certains face à la contagion, les hospitalisés d'urgence, les morts, les économies en panne etc? on le dirait presque tant tout est revenu "à la normale". Polémique à Cannes, ringardise des Français aux Internationaux de tennis à Paris, défilé des mêmes spécialistes politiques qu'avant la pandémie... Circulons, il n'y a plus rien à voir.
Mais, quand même, la période un peu folle que nous avons vécue a laissé des traces. Nous hésitons à voyager loin et à reprendre l'avion, nous nous lavons les mains beaucoup plus régulièrement, notre besoin de nature s'est considérablement développé, nous faisons soigner tout ce qui avait été mis en stand by et nous essayons de retisser les liens défaits en partie à cause de la Covid.

Pour les pays c'est la même chose. Grosso modo et après des tâtonnements incroyables la sagesse a pris le dessus et le monde a adopté des mesures universelles pour combattre le virus. Certains pays comme le Grande Bretagne de Boris Johnson se sont ridiculisés. Ce n'est pas le cas des USA dont le président d'alors, un certain Donald Trump, préconisait de boire "un peu" (sic) d'eau de javel en prévention. Il y a eu des réactions curieuses et exagérées (Chine, Turquie, Russie...) mais aujourd'hui les urgences des hôpitaux ne sont plus encombrées et la maladie sous contrôle. Il n'y a plus de foyer de contagion. Les pangolins peuvent respirer.

C'est le moment de payer les notes. Prenons la France que vous et moi connaissons bien malgré une classe médiatique d'une insondable médiocrité. Le Président en charge du pays, pendant la pandémie, E.Macron a privilégié l'emprunt pour faire face à la chute de l'économie et à la désorganisation du secteur médical et hospitalier. C'est le fameux : "Quoi qu'il en coûte".

Le pays a emprunté et doit maintenant rembourser ses créanciers. La dette s'est ajoutée à la dette et il faut donner des "gages" aux prêteurs. Le message doit être: "nous avons contracté des crédits, nous mettons en œuvre tout ce qui doit l'être pour nous acquitter de notre dette selon les termes des accords qui nous lient". Pour commencer nous allons limiter les dépenses et adapter notre politique à la situation internationale et en particulier nous rapprocher des autres pays de la zone Euro.

... et faire une réforme des retraites qui nous rapproche de ce qui se fait ailleurs. BOUM!  Les Français la rejoue cuirassé Potemkine, Che Guevara, Pétain et tutti quanti...

Toutes ces aides, obtenues pendant le pic de la pandémie, c'était cadeau? Pour Melenchon et Le Pen oui. Ce n'est pas agréable d'être d'accord avec la fratrie Duhamel, avec Perrineau, avec Apathie, avec Agnès Verdié-Molinier, Yves Thréard, Christophe Barbier, Roland Cayrol, Michèle Cotta, Jérôme Fourquet, Brice Teinturer ! en effet, eux pensent que non.

Avec peu d'habileté et un peu de cette attitude hautaine et méprisante qu'on lui connaît et qu'on lui reproche tant, E. Macron a lancé la réforme des retraites  voulue pour envoyer un signal fort aux Fond Monétaire International, à la Banque Centrale Européenne et la Banque Mondiale.

Tout le monde, en France, feint de l'ignorer et pense que nous pouvons faire cavalier seul, emprunter sans rembourser, partir à la retraite à 64 ans quand c'est 65 et plus partout ailleurs etc.

L'exemple de la Grèce devrait ouvrir les yeux des uns et des autres. Viendra un jour où ses créanciers imposeront à la France des remboursements autrement plus douloureux.

En attendant discutons du sexe des anges et de l'élection présidentielle de 2027 bat son plein ...

 

 

 

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7 juin 2023 3 07 /06 /juin /2023 07:00

On doit passer à côté de certaines choses sans même le savoir. 

A la bibliothèque j'ai emprunté un petit livre érudit et agréable sur la ville qui m'a accueilli il y a maintenant  une trentaine d'année. 

"Petit éloge amoureux de Toulouse" de Christian Authier (Editions Privat) est une déclaration d'amour à une ville, Toulouse, qui en saisit tous les aspects, positifs comme négatifs afin de réaliser un portrait vérité. Quiconque est réceptif à l'atmosphère particulière et unique de la ville rose s'y retrouvera. 

L'auteur connaît bien la ville qu'il a vu évoluer et la balade qu'il nous propose rappelle celles que l'on fait lors des "journées du patrimoine": avec lui on a l'impression de faire un voyage dans le temps et de découvrir des choses cachées. Mais ce n'est pas un guide touristique ni un guide pratique. C'est un livre écrit par un Huron pour les hurons. Un livre d'humeurs. 

Vers la fin de son petit texte l'auteur parle "d'une fière bohémienne, portant un petit enfant et chargée de sacs de patates, promène un ours, animal sage, prêt à quêter des sous sur son passage..."J'imagine que le lecteur glisse sans doute sur cette phrase sans se poser de questions.

Or il se trouve que dans les chants que nous apprenons à la chorale il y a un joli texte d'Apollinaire intitulé "Saltimbanques" dont un vers dit:

                                                   "L'ours et le singe, animaux sages                                                                                                                           quêtent des sous sur leur passage"

Ayant étudié ce texte et sa musique j'ai vu la citation cachée mais  elle a dû échapper à de nombreux lecteurs. Pourquoi l'a t'il faite? et  à quoi sert-elle, je ne le saurais pas mais j'aime ce clin d'oeil littéraire. 

 

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6 juin 2023 2 06 /06 /juin /2023 07:00

J'entends régulièrement des personnes raconter les méthodes qu'on emploie pour les faire quitter l'entreprise lorsqu'ils ont cessé de plaire. Ces méthodes sont les plus appliquées en France pour se débarrasser d'un salarié devenu "encombrant". La méthodologie est implacable et fonctionne à chaque fois: désigner un salarié dont on veut se séparer. Lui faire des compliments (ou des critiques négatives) sur son travail en l'isolant de son équipe ou des autres salariés. souffler le chaud et le froid de manière à le déstabiliser. L'assommer de travail ou, au contraire, ne plus lui en confier. (ou qui ne soit pas de son niveau).  Passer aux critiques puis aux menaces. Lui proposer un départ négocié. Faire des propositions inadaptées ou humiliantes.

Arrivé là le salarié comprend qu'il a atteint le point de non retour: En général à ce stade, il est en arrêt de travail pour dépression ou burn out. Il n'y a plus, pour les RH et leur envoyé spécial que l'estocade à donner.

Dit comme ça cela paraitrait presque anodin. En réalité cette façon de licencier est une véritable torture morale. "Bien" menée elle permet de retarder le moment où le salarié comprend qu'on veut le jeter. Il lui est trop tard pour adopter une attitude combattante. Souvent celui qui est chargé des basses œuvres est proche, professionnellement, de celui qu'il est chargé de faire quitter l'entreprise dans les meilleurs délais, avec le moins de bruit possible et pour le coût le plus bas. 

C'est dans les sociétés rachetées par des fonds de pension américains que cette méthode infaillible a été mise au point. Elle joue sur le ressort psychologique en tablant sur des réactions prévisibles des salariés désignés.

Le préposé aux mains sales a sa bonne conscience pour lui (il ne sait pas qu'il a de fortes chances de finir comme ses victimes, traité plus cruellement encore). Il pense servir une bonne cause et être un rouage indispensable. Cette expérience on peut la vivre plusieurs fois puisque les étapes sont interchangeables et ne sont pas toutes obligatoires.

Entre le premier coup de semonce détecté et le premier rendez-vous à Pôle Emploi le délai n'excède pas une année.

Certaines entreprises n'hésitent pas à impliquer d'autres salariés (du coup ils se sentiront mal: ils auront participé à une mauvaise action, ils pourraient être désignés pour une autre avec eux comme victime), à faire des faux (faux témoignages, mails antidatés...) le tout avec une parfaite bonne conscience. 

Appliquées à des salariés impeccables dont le seul tort est d'être "trop âgé" ou de coûter trop cher cette méthode cruelle et injuste n'est que rarement condamnée au Tribunal des Prud'hommes qui n'a que rarement une vision d'ensemble de ce qui s'est passé. De toute manière le temps joue pour celui qui licencie, pas l'inverse.

Quant aux syndicats ils ne s'intéressent qu'à leur mandants et ne sont pas loin de penser que les cadres "remerciés" n'ont que ce qu'ils méritent.

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5 juin 2023 1 05 /06 /juin /2023 07:00

Les "baby boomers" se barrent en c... Ils ont mal partout, remplacent leurs pièces d'origine par des pièces en titane, marchent et courent moins vite, ont petite mine, souffrent de mille maux et le moindre d'entre eux porte un nom qu'ils abominent: le vieillissement.

Au sortir de la guerre, Hitler en enfer, Staline imaginant de nouveaux complots et Mao tuant par millions; les Européens ont fait des bébés. Beaucoup de bébés. Énormément de bébés. Ils avaient foi en l'avenir.

L'avenir n'était pas encore rose, les bombes avaient été larguées sur les 2 ville japonaises, on était encore dans une économie de restriction et l'Europe était à reconstruire. Pas grave, ça ira mieux demain.

La Seconde Mondiale à peine terminée Pépé Churchill avait douché les enthousiasmes en parlant  du rideau de fer qui s'était refermé sur les pays de l'Est filoutés par le petit père des peuples. On s'en fichait: l'avenir ne serait peut  être pas "radieux" mais il serait mieux que l'avant-guerre.

Les maternités fonctionnaient à plein rendement. Les Philippe, Christian, Lionel et Gérard (et tous les Jean) comme les Claudine, Colette, Martine, Patricia et Brigitte donnaient de la voix dans leurs berceaux.

Aujourd'hui tous et toutes ont leurs trimestres et se la coulent douce au soleil. Ils ne font plus la pluie et le beau temps. Leurs boîtes aux lettres sont remplies de publicités pour des conventions obsèques et progrès de la médecine aidant, ils soignent la démence de leur papa ou celle de leur maman qui n'ont retenu que "baby" dans l'expression baby boomer.

Ils pleurent leurs 20, 30, 40, 50 ans en les parant de toutes les vertus. Ils ont oublié le Plan Barre, et les augmentations des impôts aussi régulières que la réédition annuelle de "petit papa Noël" par Tino Rossi  sur tous les formats du microsillon 25cm à Spotify.

Ces baby boomers n'ont pas été complètement tondus par les majorités politiques qui se sont succédées  depuis le retour du "Grand Charles". Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé! Il leur en reste et ce cash est convoité par mille aigrefins dont les pires sont diplômés des Facultés médicales, dentaires, des écoles de kinésithérapie, des vendeurs de lunettes, d'appareils auditifs, de chirurgie esthétique et de poseurs de faux cheveux. N'oublions pas les pilules miracles qui redonnent la pêche à ces croûtons rassis nés quand vous savez.

Il fut un temps ou faire partie de ce club était une bonne chose (années 60, libération sexuelle, flower-power, etc.) ce temps est révolu.

Que la "relève" ne se réjouisse pas trop vite! elle ne fera pas mieux.

 

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2 juin 2023 5 02 /06 /juin /2023 07:00

Cela fait maintenant quelques années que j'appartiens à une chorale amateur toulousaine. J'en ai essayé deux avant de trouver celle qui me convient.  Le chef de chœur est un homme affable et souriant qui a une passion pour le chant. De plus il a un comportement "normal": il ne se prend pas pour Leonard Bernstein et possède un véritable sens de la pédagogie. Il consacre beaucoup de temps à la chorale et ne se plaint jamais. 

A sa place je serais sans doute moins stoïque devant les absences des uns et des autres*, la répétition des mêmes choses qu'il est obligé de faire et les progrès très lents de l'ensemble vocal. Mais enfin, bon mal an, il obtient des résultats et a permis une cohésion du groupe dans la bonne humeur et le travail.

Il est seul  maître à bord mais en douceur: par exemple il est le seul à choisir les chants que nous travaillons. Nos propositions éventuelles entrent par son oreille droite et ressortent par la gauche sans imprimer. Je reconnais que, dans le style qui est celui de la chorale (Chants polyphoniques a capella de la Renaissance au contemporain) il trouve (presque) toujours des œuvres superbes. 

Nous chantons le mercredi soir de 20H15 à 22H30 dans la salle de gymnastique d'une école. Nous sommes une quarantaine de choristes répartis en 2/3 de femmes (sopranes et alti) et le tiers restant d'hommes (ténors et basses). 

Spectaculaires sont les apprentissages de nouveaux chants. Nous les découvrons en début de soirée en découvrant la partition que nous donne la secrétaire de l'association et nous la chantons -avec imperfections bien naturelles- en fin de soirée. C'est seulement après que nous la décortiquons ligne après ligne, difficultés après difficultés jusqu'à ce qu'elle soit suffisamment connue pour être à notre répertoire.

Les femmes chantent mieux, apprennent plus vite, connaissent les textes et en un verbe, travaillent plus. De ce fait elles retiennent ce qui a été fait d'une fois sur l'autre et sont donc capables de chanter bien plus rapidement.

Nous nous produisons en public une ou deux fois par an, dans le cadre de récitals de chorales ou pour la fête de la musique. 

Le groupe est assez homogène et l'atmosphère détendue. Évidemment il y a trois ou quatre "vedettes" soit des personnes dotées d'une très belle voix, soit d'une personnalité forte. Pas d'antagonismes ni de critiques: c'est une harmonie peu courante que j'ai trouvée là. 

Je ne résiste pas à citer les paroles d'un chant que nous avons répété longuement à 4 pupitres:

                                     "Vous perdez temps de me dire mal d'elle/Gens qui voulez divertir mon entente/Plus la blâmer/plus je la trouve belle/s'ébahit on si tant je m'en contente/la fleur de sa jeunesse/ à votre avis rien n'est ce? n'est ce rien de ses grâces?/cessez, cessez vos grands audaces/car mon amour vaincra votre médire/Tel en médit qui pour soi la désire"

C'est de Clément Marot et ça date du quinzième siècle. 

Chaque année je me dis que, faute de progresser, je vais arrêter et... je me réinscris pour une année nouvelle.

 

* Je m'inclus dans les absents. Trop souvent d'autres activités remplacent la chorale.

 

                            

 ,                                   

 

 

 

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1 juin 2023 4 01 /06 /juin /2023 07:00

J'ai lu un assez bon roman historique dont le sujet principal est l'Algérie. Il s'agit de "l'art de perdre" de Alice Zeniter (poche j'ai lu). Le début du livre (jusqu'aux deux tiers) est intéressant. Il y a un assez long passage à vide avant que le récit de redevienne captivant.

J'ai constaté, excusez-moi de cette digression, que livres, pièces de théâtre et films de cinéma étaient aujourd'hui trop longs. Écrivains, metteur en scène et réalisateurs cèdent trop à leur plaisir de donner des explications qui alourdissent leurs œuvres. C'est flagrant au cinéma où les films durent facilement deux heures dont une demie-heure de trop.

Comme moi, ce livre s'égare un peu: trop de personnages (dont certains n'apportent rien à l'histoire racontée) trop de descriptions (comme on disait de nos rédactions d'enfants) et, parfois, des "facilités" littéraires. Mais ce n'est pas trop ennuyeux parce que ce livre est une magnifique introduction à l'histoire compliquée et tragique des rapports entre la France et l'Algérie, à la compréhension des ressorts extrêmement compliqués entre les deux pays, à la difficulté d'y remédier à cause des ressentiments accumulés par les uns et les autres, dirigeants comme habitants de ces deux pays .

Je n'avais pas (ou peu) essayé de m'intéresser à cette Histoire tragique jusqu'à maintenant. J'avais une connaissance superficielle et orientée de la guerre d'Indépendance (que l'on s'obstinait à minimiser voire à déformer systématiquement) et je n'étais pas enclin à aller plus loin car j'avais vu des journaux et des brochures épouvantables en aidant des amis à vider une maison qu’ils avaient acheté  et qui avait appartenu à des "rapatriés". J'ai compris l'expression "sourire kabyle" et le ressentiment des autochtones en voyant des photos littéralement insoutenables des exactions de l'armée française chargée du "maintien de l'ordre" et aussi des exactions de l'autre bord. Je dois à la vérité dire que l'adversaire ne "faisait pas dans la dentelle" non plus et qu'à l'arrivée tout le monde est responsable du bain de sang des années 1958 à 1962.

Ce qui m'a semblé intéressant dans le livre est la généralisation du malheur: impossible d'être "neutre" et, partant de continuer comme si de rien n'était. Le malheur touchait tout le monde aveuglément. Le livre explique que la guerre a laissé des traces profondes mais toujours à vif et que, faute d'avoir fait un examen de conscience général les antagonismes sont toujours sous-jacents.

Pour les Algériens il est commode d'accuser la colonisation de tous les péchés et de la rendre responsable de leurs erreurs actuelles et passées. Pour les Français d'enjoliver la période de leur présence et de se laver les mains de ce qui est advenu de leur départ forcé à aujourd'hui.

Pourtant il est grand temps de réviser cette période et pour cela d'en étudier la genèse et de ne laisser aucun aspect dans l'ombre. Nos rapports avec le voisin méditerranéen, avec ses ressortissants venus s'installer et travailler en France, leurs descendants de la troisième génération, avec ceux des supplétifs de l'armée française et avec notre façon de réécrire l'histoire "légitime" la réciprocité de l'Algérie d'aujourd'hui.

On ne peut pas bâtir une relation solide sur des non-dits, sur des silences, sur des mensonges et sur des exécrations d'un autre temps.

Ce roman m'a donné envie d'en savoir plus et, le hasard fait bien les choses, j'ai vu deux épisodes d'un documentaire consacré à cette guerre sur une des chaînes consacrées à l'histoire.

Nos républiques, le Général de Gaulle, les Indépendantistes algériens etc... ne sortent pas grandis de ces films. Même si la "légitimité" des révoltés ne faisait aucun doute.

Je ne disconviens pas que l'indépendance ne pouvait que s'obtenir à l'arraché mais que d'horreurs pour y parvenir.

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30 mai 2023 2 30 /05 /mai /2023 09:20

En rentrant de la répétition de la chorale où j'ai chanté comme un fer à repasser j'ai appris à la radio la mort de Tina Turner. J'ai pris cette annonce comme s'il s'était agi de quelqu'un de ma connaissance. Comme une personne que j'avais connue. En un mot j'ai eu de la peine. 

La première fois que j'ai entendu parler d'elle date de 1970. Elle était encore en duo avec sa brute de mari Ike et avait fait la première partie des Rolling Stones au Madison Square de New York où, paraît il, sa prestation avait été extraordinaire. Les fans du disque du concert des Stones ("Get yer ya ya's out") regrettaient que pour des raisons financières les maisons de disques ne se soient pas entendues et que la partie d'Ike & Tina Tuner ait été caviardée. 

Plus de 50 ans après cette "bourde" a été réparée mais il était bien tard...

Je n'adorais pas la Tina Turner de sa première vie: trop bruyante, pas assez mélodique, brouillonne. En quoi j'avais évidemment tort. Elle possédait un art de la scène unique et chantait le R n'B avec une urgence non feinte. 

Comme (presque) tout le monde je l'avais pratiquement oubliée jusqu'à sa résurrection. Belle, sensuelle, talentueuse, tenant la scène comme personne elle avait réussi l'un des plus incroyables come back de l'histoire de la variété musicale et du rock: flamboyante elle se (re)lança dans ce que des cuistres appelaient "le rock FM". Cette expression signifiant avec mépris une musique aseptisée  dédiée à de jeunes incultes qui ne communiaient pas avec Lou Reed ou Syd Barrett.

Tina Turner revint au sommet de la scène et publia tube sur tubes. "Paradise is Here", "Wat's Love got to do with it", "Private dancer", "Typical male", "it takes two", "Let's stay together" et les deux monuments  à sa gloire que sont "We don't need another hero" et "The Best". J'en oublie fatalement parce que Turner fut prolifique dans sa seconde carrière. 

Elle était, à plus de soixante ans, incroyable d'énergie et de charme. Beaucoup de concurrents masculins lui doivent tout (ou presque). Femme de tête elle décida un jour que ça avait assez duré et que la relève était prête. Elle chanta sa version légendaire de "Proud Mary" avec Beyonce puis partit vivre (enfin) le grand amour avec son mari allemand. 

Elle est morte et laissera une formidable image de superstar exigeante et professionnelle. 

Voilà ce que je pensais en réalisant que Tina Turner ne chanterait plus jamais dans des stades pleins à craquer d'une foule l'idolâtrant. 

L'hommage que lui a rendu "Arte" était parfait et est disponible en replay. 

 

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