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3 mai 2023 3 03 /05 /mai /2023 08:19

Samedi soir je me suis affalé sur mon canapé (NDLR: on s'affale toujours sur un canapé) devant la télévision qui radotait dans "la crise de régime" et ses dérivés. Une fois encore Pascal Perrineau, Pierre Rosanvallon et les habitués du talk-show péroraient en débutant chacune de leurs phrases par: "Les Français" (pensent que, disent que, s'interrogent, s'énervent etc.). J'ai regardé d'un œil torve (je peux avoir le regard torve, c'est un fait) ce débat mironton comme disait Jean Ferrat et soudain j'ai compris qu'il s'agissait d'un "best of", sorte de compilation des meilleurs moments de l'émission diffusée lorsque l'animateur et ses chroniqueurs sont partis en vacances. 

Meilleurs moments c'est vite dit: le monteur garde systématiquement ceux qui sont consacrés aux critiques les plus acerbes du pouvoir en place. C'est ainsi une litanie de positions négatives qui, si j'étais en charge de la politique me ferait démissionner dans la minute et me ferait regagner mon jardinet et soigner mes légumes et fruits. 

Depuis 3 quinquennats ce sont toujours les mêmes invités qui tournent d'un plateau de télévision à un autre, d'un micro de radio à un autre et d'un éditorial impitoyable à un autre.  Ils tirent au bazooka sur ce Président qui n'obéit pas à leurs injonctions et sur quiconque prend la moindre responsabilité. Haro sur la première ministre trop techno, feu sur le porte-parole du gouvernement et vive la Révolution. 

Je n'ai toujours pas compris ce qu'on attend d'une révolution: les exemples passés devraient nous avoir rendus sinon prudents du moins plus circonspects... Mélenchon en grand timonier ça ne devrait faire fantasmer que les irréductibles amateurs de totalitarisme même si son pédigré de sénateur socialiste et d'admirateur de Mitterrand réduit la voilure du vaisseau insoumis. 

Alors ça ronronne  sur le petit écran, Jean-Michel Apathie joue les Saint-Just de poche et un cinglé des sondages prévoit l'élection de Marine Le Pen en 2065. 

Tout cela n'est pas sérieux et ne mérite pas qu'on lui consacre du temps. Ce sont des amusements d'enfants gâtés de la démocratie qui ne voient pas que Poutine, le premier Chinois, Trump et Erdogan ont une idée assez précise de ce qu'ils veulent faire du régime démocratique dont la France est un exemple: les reléguer dans les poubelles de l'Histoire. 

J'ai cité Jean François Revel récemment. Le penseur a sombré dans un oubli total. Le titre de l'un de ses essais (et son sujet) reste de la plus vibrante actualité: "La tentation totalitaire". 

 

 

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2 mai 2023 2 02 /05 /mai /2023 08:00

Résumons pour nous retrouver en lieu et place où j'ai décidé de vous conduire. Fabien marche sur le Chemin de St Jacques (on peut désormais se passer de préciser "de Saint Jacques de Compostelle") et a convié à marcher avec lui  quelques uns de ses amis et quelques unes de ses relations (dont sa femme et ses fils, ce que je trouve magnifique) le temps de quelques heures ou de quelques étapes. 

J'ai eu le plaisir de marcher avec lui et Marie, leurs amis parisiens et Françoise, de La Romieu à Eauze (Gers) la semaine du 24 avril. 

Un silence éloquent d'un de ses concurrents, placé sur notre route par un heureux hasard* nous avait mis en alerte: la dame qui accueillait dans le gîte que nous avions retenu pour la dernière étape ensemble était sans doute particulière. L'homme n'avait rien dit mais un quart de seconde de silence et un regard en coin laissaient entendre que si le gîte et le couvert étaient assurés la conversation et les protocoles risquaient d'être agités. 

L'un d'entre nous ayant déclaré forfait pour l'étape boueuse du jour a eu la primeur de la première entrevue avec la dame en question. Sa relation épistolaire bien que par SMS de celle-ci nous rappela l'instant d'hésitation de son "concurrent" de la veille. On avait bel et bien affaire à une forte personnalité (ce qu'en Français on traduit par emmerdeuse"). L'harmonie de cette dernière journée ne valait pas, selon moi, d'être gâchée par une mauvaise soirée. Dès que je le pus (je le pus? hum.) je dis bien haut que je renonçais à mon acompte, que je rentrais à Toulouse s'il le fallait mais que je n'affronterais pas la gorgone gersoise. 

Françoise parvint à me calmer avec une réflexion implacable: "tu ne vas pas gâcher notre dernière soirée avec les K*** et leurs amis si gentils?". Evidemment non. je pris alors le parti de me taire. 

Notre arrivée, après 18 kilomètres de marche tout de même se fit dans un désordre apparent mais trompeur. La dame avait de la personnalité, nul ne l'aurait nié, mais elle était à son affaire et gérait sa baraque comme son monde: à la baguette. 

Une fois les détails abordés (les chambres, la literie, les draps, le repas, les indispensables (séchage et nettoyage des chaussures, rangement des sacs, stockage des bâtons etc.) elle prit congé avec une rigueur de femme de militaire. Elle avait à faire dans sa cuisine de 3m².  Je précise que 24 pèlerins dont moi, étaient attendus à table dans moins de deux heures...

Fidèle à mon propre serment je n'ouvris pas la bouche et évoquais une extinction de voix comme alibi. Fine mouche la dame avait vite compris que je refusais le combat et me titilla sans réussir à me faire craquer mais en m'amusant finalement. 

Nous eûmes droit au "tour de table" et chacun en fut satisfait. Quand arriva mon tour j'oubliais que j'étais censé être muet, ce que l'hôtesse ne manqua pas de faire remarquer à l'assistance. Françoise était contente: il y avait des Réunionnaises (on eut droit à "petite fleur fânée"!). 

Je dois à la vérité de dire que l'ambiance était excellente et pas vulgaire. Chacun parla et tout le monde riait jusqu'à ce qu'un jeune garçon raconte sa mésaventure du jour sur le chemin. Parce qu'il essuyait ses chaussures lestées de terre dans une flaque d'eau la propriétaire d'une maison lui faisant face sortit en furie et l'agonisa d'injures. Les quelques unes dont il se souvenait étaient peu amènes, c'est le moins que l'on puisse dire. 

Nous comprîmes qu'un autre des convives présents était celui qui aurait dû être l'objet de cette colère homérique et possédions la photo de ce qui avait mis la virago dans cet état. Pas de quoi fouetter un chat. Mais le jeune homme était ravi de comprendre enfin le pourquoi de son "engueulade" maison. 

l'anecdote fut suivie d'une dégustation d'Armagnac de propriété (cela signifie: hors commerce et prix très élevé) qui faisait venir les larmes tant il était âpre. 

La nuit fut correcte (meilleure que les précédentes, pourtant passées dans des gîtes de catégorie très supérieure). Notre dernier matin aussi. L'hôtesse était presque aimable de bon matin. Presque? non, aimable, tout simplement. 

Tout au long de la soirée il s'avéra que Marie-F, le dragon cerbère annoncé était une "maîtresse femme" plutôt gentille. Son autorité était indispensable pour une femme qui gérait seule un établissement recevant un public nombreux et imprévisible.

 

* le hasard est souvent heureux. C'est ainsi. 

 

 

 

 

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1 mai 2023 1 01 /05 /mai /2023 08:00

Comme certains de ses devanciers le philosophe dont il est question ici m'agace (trop sûr de lui), m'énerve (quel brio!), exacerbe ma critique (il doit bien avoir tort de temps à autres, non?), il me subjugue (comment fait-il pour avoir réponse -juste- à tout?) et il suscite mon admiration (il n'oublie ni son point de départ ni où il veut arriver tout en se permettant nombre digressions) tant ses raisonnements sont presque toujours imparables. 

Où est son talon d'Achille? pas dans son style qui est parfois ampoulé mais clair pour qui veut se donner la peine de suivre son raisonnement. Ses écrits, parfois ardus, sont  clairs également si on les "décortique" en suivant sa pensée. 

Oui.. tant de qualités intellectuelles réunies en un seul ont le don de réveiller une vague jalousie: "pourquoi lui, pourquoi pas nous, pourquoi pas moi?". Raphaël Enthoven, c'est de lui dont il est question ici, a un don d'ubiquité. Il est sur tous les médias et malgré cela on ne peut soutenir qu'il se disperse. Il a des sujets de prédilection liés à sa sphère de compétence et, ce n'est pas la moindre de ses qualités, il s'y cantonne généralement. Il ne va pas parler de tout et de rien comme le premier sportif ayant un peu de notoriété. le premier professeur de l'ENA ou le journaliste à la mode. Ce n'est, paradoxalement, pas ce qu'il convient d'appeler un donneur de leçons. 

Son champ de compétence est vaste puisque c'est la réflexion sur la société et sur l'homme dans la société. Là, il est dans son élément et peu de ses interlocuteurs sont à son niveau.  Et parce qu'ils sont loin de son niveau ils le critiquent sur tout sauf sur les idées. ou rarement sur les idées si l'on veut rester nuancé. 

C'est le syndrome de la chemise blanche de Bernard-Henry Levy.

J'achète l'hebdomadaire "Franc Tireur" régulièrement pour sa demie page. Au hasard des exemplaires que j'ai réussi à trouver dans mon désordre: le 49-3 et la pseudo crise démocratique, l'irresponsabilité de ceux qui "jettent de l'huile sur le feu", ce qu'est le libéralisme et pourquoi tant veulent sa peau, la foule, l'illusion référendaire, ce qu'il y a lieu de penser des profanateurs de chefs d'œuvres. 

Ce qui me semble important à préciser est qu'il arrive régulièrement que je ne sois pas tout à fait en harmonie avec sa réflexion ou sa conclusion. Mais toujours il conduit à la réflexion sans être de ces leaders d'opinion qui vous méprisent de ne pas avoir un avis tranché sur tout.  

Raphaël Enthoven se place dans la lignée de Jean-François Revel, d'Edgard Morin et d'autres dont la réflexion est basée sur  la connaissance et une capacité d'analyse assimilable par le plus grand nombre. 

Et si ce mercredi son sujet d'analyse est moins convaincant je ne m'en formaliserais pas alors que de viles multitudes papivores attendent cela avec gourmandise. 

 

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28 avril 2023 5 28 /04 /avril /2023 07:25

Moins on en fait plus on en raconte, c'est bien connu.  Ainsi j'avais fait quelques étapes du Chemin de Saint Jacques de Compostelle en 2016 et j'en ai ajouté 3 autres cette année: je raconte et donne des détails alors que ceux qui sont dès le petit déjeuner en route n'en disent rien ou si peu.

Deux des "problématiques" les plus brûlantes sur ce fameux chemin concernent les repas et le coucher. A peine l'on quitte un gîte, le sac à dos contenant quelques vêtements de rechange propres et secs, qu il faut déjà songer à celui du soir.

Car on ne repart pas les chaussures mouillées et les chaussettes humides de la veille aux pieds. Il y a toute une logistique indispensable sans laquelle personne ne tiendrait plus d'une semaine. Il faut s'être douché (et de préférence avec de l'eau chaude, donc être arrivé suffisamment tôt pour en avoir bénéficié), avoir lavé et fait sécher son "petit linge" (et transformé la plus jolie des chambres en bivouac), refait son sac (mais où est le chargeur? les piles de rechange, la frontale, le rasoir, l'aspirine, le couteau etc (liste non limitative: on ne retrouve pas un objet, quelle qu'en soit la taille. On en oublie toujours, on n'en retrouve que certains..) reposé tant bien que mal (changer de lit et de literie tous les jours est plus déstabilisant que la marche elle-même!). Bref... regardant le ciel et le gros nuage noir à droite on s'apprête à marcher sur une vingtaine de bornes et l'idée qu'on a peut être oublié le pic-nique, l'eau ou le portefeuille s'insinue en nous. On y va? on y va. On verra bien. Et c'est ainsi qu'on laisse derrière soi toute une série de tubes dentifrice, de tee-shirts fraîchement lavé, de couverts ou une chaussette dépareillée.

Quelquefois c'est au quatrième kilomètre qu'on se rend compte qu'on a égaré un bâton neuf, une casquette qui nous allait bien ou le fil du téléphone. On ne va pas se gâcher la journée pour ça. D'autant plus que les martinets (que l'on s'obstine à appeler hirondelles) passent au-dessus de nos têtes en poussant des cris stridents pour nous rappeler qu'on est (enfin) au printemps.

La pluie a cessé de tomber et la bouillasse est moins aspirante. Une belle étape s'annonce. Une belle journée a commencé. Les fleurs sont partout. D'énormes vers de terre traversent mollement le chemin par reptations successives. Notre progression est autrement plus élégante!. Les flaques se résorbent en réfléchissant le soleil.

Mollement les nuages s'étirent et se disloquent. la température remonte. Le pèlerin, oignon vivant, se défait d'une couche de vêtements inutiles. Ils les chiffonnent et les enfourne dans le sac, brisant le bel ordonnancement qu'l avait mis tant de temps à atteindre.

Une photo, vite une photo. Mais où est le téléphone? On tient les bâtons, on fouille dans le sac, on cherche partout et l'arbre au tronc noueux est immortalisé. Fabien en a lu la notice et sait à qui il a affaire. Je le crois capable de retenir jusqu'à son nom latin!

On traverse un hameau. Les chiens font ce que l'on n'attend pas forcément d'eux: ils aboient où ils viennent vous renifler. Aussitôt s'insinue en le marcheur l'idée que ses habits ne sont pas aussi nets qu'il l'imaginait en les récupérant avant de se coucher.

Chaque chapelle, église voire cathédrale reçoit notre visite. Nous lisons rapidement le laïus parfois pompeux et désuet qui explique ce que l'on est assez grand pour savoir. On referme doucement la porte sur un froid pénétrant et silencieux.

Car, marcheur 2.0 nous avons montre connectée, GPS ultra-précis, moyens de communication que n'avaient pas les généraux de 14-18 et les chemins sont balisés. Se perdre ne peut se faire que si l'on est perdu dans ses propres pensées.

On croise d'autres marcheurs, d'autres marcheuses et on les classifie rapidement. Touriste, ultra-catho, paumé, bienveillant, illuminé, élu (sic) chacun ou presque possède une catégorie qui l'englobe. On s'échange les bons (et les mauvais, mais c'est trop tard) plans. On disserte sur tel ou tel sujet puis on se salue simplement. Il y a de fortes chances qu'on se revoie bientôt.

Car on voit souvent les mêmes marcheurs sur le chemin. Et avant que d'arriver au gîte d'étape qu'elle dirige, on sait que Marie-F. est forte-en-gueule, possède un tempérament d'adjudant-chef, qu'elle n'est pas commode mais qu'elle cuisine plutôt bien, et que les lits sont clean.

La soirée chez elle a été amusante. Je n'oublie pas que je dois vous parler des gîtes en général et du sien en particulier... je le ferai la semaine prochaine. D'ici là: bonne marche à ceux qui ont la chance de marcher et à ceux qui les suivent en pensée.

 

 

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27 avril 2023 4 27 /04 /avril /2023 20:16

Nous sommes partis rejoindre un ami qui "fait le chemin de Saint-Jacques" et que nous avons retrouvé pour trois étapes dans le département du Gers. 

Il nous a accueilli avec sa gentillesse coutumière et semblait heureux que sa femme, un couple de leurs amis et nous les retrouvions pour cet effort en commun.

Il était inquiet car les conditions météorologiques étaient pour le moins nettes: pluie, pluie et pluie de La Romieu à Eauze. Lui savait que "pluie" signifie gouttes insidieuses, capuche retombant, chaussures humides, pic-nique spongieux et boue.

Il faut en parler de la boue! elle est phénoménale. Elle aspire la chaussure (et l'homme au bout), elle poisse, elle colle, elle pèse, elle s'agglutine, elle glisse, elle ralentit et... elle fatigue.

Comme nous passions à proximité de vignes nous avions souvent affaire à une terre gluante qui nonobstant une couleur artistique n'avait pas grand chose pour elle.

Notez que la terre des sous-bois n'a rien à lui envier. Elle forme des flaques dans lesquelles le but est de ne pas s'affaler. Les feuilles mortes et décomposées sentent bon mais sont, elles aussi, des pièges redoutables.

Comme notre hôte pèlerin avait deux semaines d'avance sur nous nous craignions de n'être pas à la hauteur, d'être lents et de ne pas avoir l'esprit du chemin.  Il n'en a rien été et très vite nous avons salué les gens de rencontre comme si nous les connaissions, évitant le tutoiement un peu prématuré pour nous. Une fois la pluie acceptée et apprivoisée (c'est à dire adoptée comme un fait acquis) nous avons pu observer le paysage, regarder la campagne, distinguer les plantes et discerner quelques chants d'oiseaux tout en avançant à bon rythme. Que ce début de printemps est beau. Que le vert est sublime à cette période.

Quelques animaux timides et gardant une distance polie se sont fugacement insérés dans nos regards. Quelques rares voitures également qui roulaient, nous semblait-il, à une vitesse effroyablement rapide.

Le Chemin est propre. pas de papiers ni de déchets: "quand on veut, on peut"! Il y a des tables et des bancs sur le trajet, il y a aussi des points d'eau. Pas de commerçants car le but est justement d'être tout entier, corps, âme et pensées dans la progression sur ce chemin où tant d'autres sont passés.

Les derniers kilomètres sont plus difficiles. L'idée qu'on arrive bientôt, l'image de la douche chaude, pouvoir retirer ses chaussures (et son bas de pantalon) trempées et, bien sûr, le repas donnent aux derniers pas une vitesse curieusement lente. On devrait marcher plus vite mais on a l'impression contraire.

Aux premières maisons certains téléphones se mettent à sonner... la "civilisation" se rappelle aux naufragés volontaires du Camino.

On arrive au gîte. Chacun à sa personnalité. Je vous en dirai deux mots plus tard...

 

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12 avril 2023 3 12 /04 /avril /2023 08:16

Je fais une pause réflexion. Cela fait presque 15 ans que je tiens ce blog 5 fois par semaine, périodes de vacances comprises.  
Je sens que je me lasse et mes lecteurs aussi qui sont moins nombreux. 

Je réfléchis à un autre moyen de communiquer. 

 

Merci de pardonner ma capitulation en rase campagne. 

Amicalement. 

B. 

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7 avril 2023 5 07 /04 /avril /2023 07:00

Je suis inquiet, vraiment inquiet lorsque je constate la haine que suscite le Président de la République actuel. Je pensais que Nicolas Sarkozy détenait en quelque sorte le "record" d'impopularité et qu'il serait difficile de le rattraper voire de le dépasser. Et pourtant c'est le cas avec Emmanuel Macron qui semble exaspérer une grande majorité des Français, qu'ils aient voté pour lui ou pas. 

Pourquoi suis-je inquiet? parce que l'inimitié qu'il suscite, l'exaspération qu'il fait naître, le rejet presque "physique" de sa personne me font penser qu'un dingue pourrait se livrer à un geste irréparable. On n'a pas pris trop au sérieux la tentative d'attentat contre le Président Jacques Chirac d'un extrémiste de droite, Maxime Brunerie, le 14 juillet 2002. On a trop tendance à croire que "ça ne peut pas arriver chez nous", pourtant il y a des précédents.


Rarement un chef d'Etat républicain élu démocratiquement aura suscité autant de ressentiment; parfois mérité parfois moins. On lui reproche tout et son contraire: d'être trop jeune, d'être méprisant, d'être hautain, d'être trop intelligent, de ne pas avoir d'affect, d'avoir froidement préparé sa conquête du pouvoir en ne ménageant personne et en en trahissant d'autres et j'en oublie. Des arguments absurdes sont répétés sur son homosexualité supposée. 

Il est aussi victime d'une sorte de rejet des Français pour ceux qui réussissent trop. Fabius, Juppé et Macron portent leur intelligence sur leur visage et ce n'est guère apprécié. 

Crois t'on que ses prédécesseurs arrivaient à l'Elysée avec un brevet d'enfant de chœur? croit on que devenir le Président élu d'un peuple difficile comme le nôtre se fait tout seul? gouverner ce pays qui s'enflamme aussi vite qu'une pinède varoise au mois d'août et qui passe de l'amour à la haine en l'espace d'une colère est aisé? consacrer autant de temps de sa vie à gouverner le pays mériterait, à tout le moins, un minimum de reconnaissance. 

Pourquoi ne lui compter que les échecs, les difficultés et les erreurs? 6 années à la tête de l'état ne peuvent être entièrement négatives. 

Ce qui, en filigrane, lui est reproché est juste mais le reproche devrait être fait ailleurs. Dans notre constitution, cet homme (et cette femme sans doute un jour) a trop de pouvoir et symbolise trop de choses comme la légitimité à lui tout seul. Le quinquennat a aggravé cette distorsion entre les capacités d'un homme et la somme de décisions qui lui incombent. 

Il est tout simplement impossible de réussir à ce poste parce qu'il a trop de pouvoirs et que ce qui lui est demandé est tient de l'impossible. 

Napoléon 1er a, un temps, pu être cet homme orchestre. On sait comment cela s'est fini. 

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6 avril 2023 4 06 /04 /avril /2023 07:00

J'ai regardé -je suis masochiste- le doc de France 5 sur les chauves et intitulé "La revanche des chauves". Je ne me considère pas comme chauve bien qu'il soit incontestable que j'en sois un. Tout au long de l'émission j'ai bien été obligé de noter qu'à chaque fois, si je répondais honnêtement, il fallait répondre par oui aux questions départageant les chevelus et ceux qui ne le sont pas. 

ou plus. 

Car, chers ami(e)s, j'ai eu des beaux cheveux pendant plus de la moitié de ma vie. Je me suis rendu compte que quelque chose déconnait de ce côté le jour où j'ai confié le camescope familial à mon amie Lulu et que celle-ci m'a cadré de dos, de près et qu'il y avait un trou dans ma crinière. Un éclaircissement, une absence,  une clairière, du rose dans le noir. Une horreur. 

J'ai regardé et regardé le film: je n'étais pas victime d'une illusion méchante mais bien d'un phénomène inadmissible après des millions d'années d'évolution humaine: l'alopécie. Outre le "désagrément" (il faudrait un mot du vocabulaire destructif atomique pour dire les choses avec justesse) c'était sans doute là depuis longtemps parce que je ne l'avais pas vu et que personne ne m'en avait jamais fait la remarque. 

Punition divine? je n'aimais pas les chauves et souffrais d'un sentiment de supériorité exacerbé devant eux. Que je le devienne était impossible. Mon frère ayant le cheveu clairsemé je pensais que la malédiction capillaire était passée par lui et m'éviterait. Pourtant mon père, son père, le père de ma mère etc. avaient tous ce défaut rédhibitoire qui n'est pas qu'esthétique. Dévirilisant, laid, ridicule, minable. La liste est infinie de ce que l'on devient une fois le processus de perte des cheveux engagé.

Et le tout se résume par une image qui évoque pour moi l'indignité suprême: celle d'un vautour déplumé. 

J'entends, ici ou là, les rassurants qui parlent de Yul Brynner et d'un ou deux beaux chauves. C'est bien tenté mais décidément le chauve de base est tout sauf un prix de beauté. 

Je n'imagine pas Blanche Neige sombrant pour cent ans dans le sommeil en se disant: "vivement que le prince charmant chauve vienne me réveiller". 

Certains des interviewés du documentaire semblaient bien dans leur peau mais le naturel revenait vite. Le footballeur Franck Leboeuf jouait ainsi sur nos nerfs en pesant objectivement le négatif et le négatif. Je ne parle pas de positif car le seul point qui y ressemblait était pour lui celui de ne pas perdre de temps à se coiffer. Ca ne m'a curieusement pas semblé un bon argument. 

On a donc passé en revue les Barthès, Giscard et autres crânes d'œufs et entendu la litanie des désagréments (forme conique de certains crânes, cicatrices, air dur que la calvitie pouvait donner, look âgé et autres coups de soleil intempestifs) auxquels ils devaient faire face. J'aurais, pour "compenser" avalé deux tablettes de "Milka Daim" si j'en avais eu sous la main.

Car moi aussi je passe mon temps à me rassurer et me dire que j'en ai encore (des cheveux). Car moi aussi je bouche les trous, car moi aussi je prends ceux-là et je les fais grimper ici. Car moi aussi j'évite miroirs et vitrines. Car moi aussi je truciderais le coiffeur lorsqu'il vient me mettre son sale miroir dans la nuque après la coupe. 

Mes parents avaient un gimmick à eux: lorsqu'un chauve passait ils disaient: "c'est le temps qui court". Je n'ai jamais compris ce que cela signifiait mais ça les faisait sourire. 

Ils disaient qu'il y avait les bons chauves (leur ami Roland) et les mauvais (leur ami Jean et son frère sosie Régis). Je n'ai pas saisi la différence entre les deux. 

Enfin, sur les posters punaisés dans les chambres de mes sœurs il y avait Julien Clerc, Paul Newman, Robert Redford, Cat Stevens. Pas Sim. Pas de crânes chauves. 

Alors? les chauves revanchards du documentaire avaient souvent "la boule à zéro". Suis-je prêt à ça? 

Non. trois fois non. 

Et merde à la société de maintien des ascenseurs de l'immeuble qui les a équipés d'un miroir déformant et de lampes soulignant jusqu'au moindre poil de barbe oublié et qui fait à chacun une tête moche et à moi celle de Michel Blanc là où je voudrais celle d'Harrison Ford il y a quarante ans. 

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5 avril 2023 3 05 /04 /avril /2023 07:00

J'ai regardé, sur Netflix, un document impressionnant sur les très vieux et très vieilles partisan-e-s du nazisme en Allemagne. C'étaient des interviews anciennes (sans doute une vingtaine d'années) de gens qui avaient eu des comportements d'adhésion aux "idées" ségrégationnistes, germanistes, racistes et guerrières de la période hitlérienne et qui sans qu'on ait trop à les pousser non seulement le reconnaissaient mais semblaient ne pas les avoir radicalement abdiquées.

Ces vieillards; laids et aigris, méchants souvent et raides toujours limitaient leurs responsabilités et se réfugiaient derrière le commode alibi des "ordres reçus" pour évacuer leur sentiment de culpabilité.

Les femmes, et c'est une surprise, n'étaient pas moins virulentes. Elles décrivaient des monstruosités avec un fatalisme résigné. Bref, elles n'y étaient pour rien. Les vieux nazis collectionnaient encore amoureusement les têtes de mort de leur "ordre noir", des fanions à croix gammée et étaient (presque) fiers de se souvenir de chants de l'époque qui disaient explicitement "d'enfoncer un couteau dans la chair des Juifs".

Une sorte de nausée m'envahit lorsqu'un ancien Waffen-SS a raconté comment la population entière d'un village Russe a été massacrée et brûlée. Il semblait revivre l’excitation du moment ancien. Pas un mot de regret sur les enfants jetés au feu ou mitraillés dans une mairie. Un fait d'armes dont la vieille loque édentée semblait fier.

Je ne veux pas dire toutes les abominations qui se sont dites ou vues (entre autre des photos d’exécutions particulièrement atroces) juste constater que malgré les millions de livres, de documents, les procès, les aveux, les charniers, les statistiques, les films, les témoignages de bourreaux et de victimes il y avait encore en Allemagne il y a vingt ans des négationnistes absolus et des antisémites qui souriaient devant des images de synagogues incendiées. 
Ceux-là sont morts et je les espère condamnés aux flammes éternelles, eux qui aimaient tant le feu.

Ce sont les nouvelles générations qui m'inquiètent, en Allemagne et ailleurs. L'extrême violence de l'invasion de l'Ukraine n'a rien à envier aux techniques et justifications nazies. Dans les deux cas c'est la négation de l'autre qui aboutit à son élimination physique.

Oui, l'humanité n'a pas progressé d'un iota depuis la fin du second conflit mondial.

 

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4 avril 2023 2 04 /04 /avril /2023 07:00

Rien ne m'exaspère plus, vous le savez, que l'imprégnation dans toutes les activités humaines du vocabulaire et de la vulgate psychanalytique. Quand j'entends parler de "travail de deuil", de "complexe d'Oedipe" et autres fariboles Viennoises j'ai envie de sortir mon révolver. 

Et cependant, je dois reconnaître que, parfois, cette vieille baudruche de Sigmund avait envisagé certaines choses qui détiennent (vous ne savez pas ce qu'il m'en coûte de l'écrire) une part de vérité. 

Récemment nous avons gardé deux petites sœurs métisses de 5 et 7 ans élevées par leur seule mère. Elles voient leur père de loin en loin. Il semble qu'il ait fait sienne la formule de l'éditeur Larousse: "Je sème à tous vents". 

Ces deux petites filles sont intelligentes, vives, fûtées et gentilles. La plus jeune est stupéfiante de charme et d'intelligence mais aussi d'insolence. Passer du temps avec elle c'est avoir des fou rires assurés tant elle est perspicace et drôle. Naturelle aussi. Elle dit ce qu'elle pense et ne s'embarrasse pas de circonlocutions élégantes. Pour achever son portrait je dirai qu'elle est jolie, qu'elle a une voix grave qui lui va très bien et qu'elle n'est pas un "singe savant" même si elle sait déjà beaucoup de choses et a en compris intuitivement d'autres. 

Par contraste sa sœur aînée est nettement moins intéressante: Elle est entre deux âges et est moins joyeuse. Moins belle également (pour le moment). Cette vieille barbe de Sigmund nous en ferait des tonnes sur la jalousie évidente de l'aînée qui voit bien tout le monde craquer pour sa sœur. Et il aurait raison. 

Non qu'elle soit moins jolie ou moins intéressante. C'est une question de charme, uniquement une question d'aura. Tout le monde doit le leur dire et cette différence de traitement entre les deux petites doit apparaître comme insupportable à celle qui attire moins la lumière. 

Au jardin, hier, les enfants cherchaient la compagnie de la petite et elle menait la troupe avec un toupet et un charme incroyables. 

De quoi donner à l'aînée, ça se sentait, envie de la balancer à la Garonne toute proche. 

La maman était consciente de la situation et ne savait comment y mettre un frein. Elle avait déjà vu un "spécialiste" mais ça n'avait rien changé. 

Je n'ai pas pu m'empêcher de penser que l'absence trop importante de la figure paternelle augmentait la difficulté relationnelle entre les deux petites filles mais aussi entre la mère et son aînée. 

 

 

 

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