Notre société est paradoxale. Tous les intérêts y sont jugés légitimes du moment que les formes soient respectées. Je prendrais un exemple parce qu'il a valeur universelle tant il est symptomatique des dérives de nos sociétés: l'amaigrissement.
Impossible de trouver une femme satisfaite de sa ligne. Même les plus belles et les plus harmonieuses sont persuadées qu'elles "ont un ou deux kilos de trop". Ce n'est pas dû à un constat visuel ou médical, ni statistique. C'est un sentiment et, comme tel, il ne s'explique pas.
Les Industriels de l'alimentation mettent sur le marché des produits gorgés de sucre, de matières grasses et dont la consommation (de plaisir) participe de cette obsession du poids qui se traduit par une culpabilisation exagérée.
Les épiceries regorgent de produits inutiles mais dont l'emballage est conçu pour favoriser l'acte d'achat. Situés aux endroits stratégiques et en particulier dans l'angle de vue des enfants ces barres chocolatées, ces bonbons et autres gourmandises suscitent le désir puis l'achat.
Dans ces conditions il faut avoir une volonté cuirassée pour résister quotidiennement à toutes ces sucreries et autres gourmandises qui enrichissent à la fois les industriels qui les fabriquent, les publicitaires qui vous les vendent et les médecins qui vous mettent au régime. Pour ne rien dire des laboratoires qui vous vendent des pilules amaigrissantes majoritairement composées d'eau et de sucre.
Ca ne date pas d'hier et ces méthodes de vente rien moins qu'improvisées ont été mises au point, améliorées et généralisées depuis les 30 glorieuses.
Ce qui est nouveau est la culpabilisation effrénée des consommateurs qui est faite pour tout et à peu près tout. Le beurre, la crème fraîche, le sucre, le chocolat, le café, les gâteaux, la viande (en trop grosse quantité, mais qu'est-ce qu'une juste quantité?), les viandes transformées, les plats préparés les alcools, le tabac, le cannabis. A écouter les "pères la Pudeur" on ne devrait manger que des petites quantités de choses sans goût. C'est là une des contradiction de notre société: tout vous pousse à consommer mal et un discours austère et punitif est là pour contrarier ce désir induit.
Il est temps d'affronter les derniers culpabilisateurs: les journaux féminins, les publicités et tous ces empêcheurs de vivre qui culpabilisent les consommatrices et leur vendent des coupe-faim, des menus minceurs et autres saletés inutiles.
