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6 mars 2023 1 06 /03 /mars /2023 07:00

Je ne voudrais pas que ce blog devienne simplement une compilation de critiques subjectives de films de cinéma. Pourtant je suis tenté de le faire tant l'actualité est inintéressante et ma réflexion muette devant son insignifiance. Je me moque de Pierre Palmade et n'ai plus que dégoût pour la politique. 

... de politique il est question dans le film "Quai d'Orsay" ("Affaires étrangères" eut été un meilleur titre mais le film de Jean-Marc Roberts avait eu l'antériorité...) qui s'inspire de Dominique de Villepin pour dresser le portrait d'un homme un peu fou et d'un ministère gagné par sa folie. Excellemment interprété par Thierry Lhermite le ministre des affaires étrangères dont il est question dans le film est un tourbillon de fulgurances mais aussi de manies ou de moments de dinguerie (et parfois de folie furieuse!). Le comédien y est vraiment prodigieux et l'on se demande pourquoi il n'a pas plus souvent eu de tels rôles à défendre. Il s'est composé un look de BCBG plus vrai que nature et j'ai bien l'impression qu'il a eu recours à un stratagème (j'ignore lequel) pour parler avec emphase. 

Ce film date de 2013 et n'a pas -je crois- rencontré un public considérable. Il est signé Bertrand Tavernier et fait partie de ses réussites. C'est une adaptation d'une bande-dessinée* (d'habitude je suis très réticent...) qui est largement supérieure à ce qui l'a inspirée.  Les personnages qui sont autour de l'impétueux ministre sont excellents: Neils Arestrup, Julie Gayet, Raphaël Personnaz,Thomas Chabrol, Jane Birkin sont excellemment distribués et donnent de ce monde des ministères et de la politique une image à la fois brillante et ridicule, importante et dérisoire. Les grands enjeux sont souvent ainsi.

 

* Quai d'Orsay Chroniques diplomatiques Lanzac & Blain Dargaud éditeur.

 

 

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3 mars 2023 5 03 /03 /mars /2023 07:00

En préambule je sais que chacun est libre et que ce qui plaît à certains peut déplaire à d'autres. Et réciproquement.

Pour rire, ma fille me rappelle qu'à ses premières cigarettes je lui aurais dit: "je t'ai faite avec des poumons parfaits. Tu en fais ce que tu veux".

Pour la petite histoire elle s'est arrêtée de fumer il y a quelques mois...

Ceci m'emmène où je voulais en venir. Si selon le slogan féministe des années 70 "Notre corps nous appartient" je me pose la question de savoir si c'est une bonne chose quand on voit ce que certaines en font.

Tatouages étendus et indélébiles, piercing, chirurgie esthétique à outrance, modifications, rectifications, rajeunissement, obésité, cycles alternatifs de régimes et de prises de poids, dépigmentation....

"On" se dit que le corps subit des outrages et surtout on se demande ce que seront ces corps améliorés quand l'âge viendra. Car l'âge rattrape tout le monde et un tatouage au cœur de l'actualité en 2023 sera peut-être le comble de la laideur ou du ridicule en 2050.

La mode des lèvres énormes montre ses limites. D'ores et déjà elles ne vieillissent pas très bien et donnent à celles qui font "repulper" leurs lèvres des physionomies inquiétantes.

Celles qui s'adonnent à cette redéfinition d'elles-mêmes ne se rendent sans doute pas compte de ce qu'elles font. Leurs fesses sculptées ne retomberont-elles pas un jour comme un soufflé?

Pour ma part je laisse chacun-e faire comme il l'entend et m'abstiens de juger; mais l'expérience me montre que ce genre de facétie peut se retourner violemment contre ceux et celles qui prennent leur visage ou leur corps pour un champs d'expériences artistique.

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2 mars 2023 4 02 /03 /mars /2023 07:00

Nous, Français, devrions sérieusement nous poser la question concernant nos institutions politiques en général et la Constitution de la Cinquième République en particulier.

Celle-ci, complétée par l’élection du Président au suffrage universel en 1962 a été taillée pour un homme du dix-neuvième auréolé d'un prestige inégalé pour son action pendant la seconde guerre mondiale. Taillée sur mesure par Michel Debré devrais-je ajouter.

Le Général de Gaulle avait une interprétation personnelle* de cette constitution qui, le voyant désavoué dans un référendum anecdotique démissionna en cours de mandat.

Ses successeurs, François Mitterrand et Jacques Chirac n'eurent pas de ces préventions et acceptèrent de présider avec une majorité contraire, avec une majorité d'opposition. Ce faisant ils affaiblirent la constitution, la Présidence, la République et le lien qui existe entre le pays et son chef de gouvernement élu.

Tout cela ne serait pas trop grave si les présidents réélus (Mitterrand, Chirac et Macron) ont donné l'impression qu'ils n'avaient aucun programme pour un second mandat. Doublé d'une perte de légitimité du fait qu'ils ne peuvent briguer un troisième mandat (et heureusement!) et contesté par ceux qui convoitent ouvertement un Président réélu peut difficilement agir pour le pays à l'exception des relations internationales. Sa majorité (si majorité il y a!) le soutient mal et ce second mandat est chaotique et insatisfaisant. Ajoutons que François Mitterrand a achevé le sien en étant très diminué par un cancer et que Jacques Chirac, du fait de son AVC, a terminé le sien dans la confusion.

Il est nécessaire de dépoussiérer la Vème et de l'adapter au monde d'aujourd'hui. Les pouvoirs du Premier Ministre, l'article 49-3, le rôle du Sénat, le trop grand nombre d'élections intermédiaires, la possibilité ou pas d'une cohabitation entre un Président et une majorité opposée, la représentativité des opinions à l’Assemblée Nationale, le cumul des mandats et quantité de sujets impactant directement la vie des Français devraient absolument être étudiés et leurs souhaits mieux pris en compte.

C'est le serpent de mer: de temps en temps un Mélenchon réclame une 6ème république mais on sent qu'il s'agit juste de tailler celle de de Gaulle à ses mensurations!

Notre pays attend toujours trop pour prendre les décisions importantes. Espérons que le Président Macron consultera les sages et les autres sur ce sujet et qu'il lancera une réflexion nationale sur ce sujet.

* Au Fort de Brégançon Le lit du général de Gaulle avait été agrandi pour s'ajuster à sa grande taille. C'est un peu l'idée ici.

 

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1 mars 2023 3 01 /03 /mars /2023 07:00

Pour avoir lu quantité de livres sur les deux guerres mondiales et sur leur déclenchement respectif je trouve que la période que nous vivons est porteuse de dangereux symptômes et situations qui pourraient faire penser que la troisième est en gestation.

Pour une fois ni la France ni l'Allemagne ne craqueront l'allumette qui mettra le feu aux poudres. C'est déjà ça. Par contre on a bien le dictateur avide de (re)conquêtes, à la tête d'un empire obnubilé par l'idée de puissance et se pensant cerné de pays hostiles, en l'occurrence V.Poutine et la Fédération de Russie.

Il y a aussi les alliances et les organismes qui au lieu de fédérer opposent les uns aux autres tel l'OTAN et le fantôme de l'ex-URSS.

Il y a la Chine qui avance prudemment mais qui espère profiter du chaos pour annexer Taiwan. Un pacte "germano-soviétique" Chine-Russie pourrait voir le jour.

En plein viol des traités et non respect du Droit International, un pays souverain en a envahi un autre. Ici la Russie a envahi l'Ukraine. Ce déni du droit international n'a pas été condamné à l'unanimité: des pays se sont abstenus de le condamner tandis que quelques uns l'approuvaient.

Le spectre des armes atomiques a été brandi par V.Poutine et l'homme n'est pas connu pour ne pas faire ce qu'il dit.

L'aide internationale apportée à l'Ukraine est logique et nécessaire. Il y a pourtant un moment, un seuil psychologique qui fera que les pays qui fournissent cette aide seront considérés par le Kremlin comme des cobelligérants. Nous n'en sommes sans doute plus très loin. Il y aura l'avion ou le char lourd de trop.

Il n'y a pas de voie diplomatique pour résoudre cette crise. L'Ukraine ne peut accepter une amputation de territoires, la Russie et son dirigeant ne peuvent perdre la guerre.

Il n'y a pas d'alternative à Poutine. Ou elle serait pire.

L'Europe démocratique, repoussoir utilisé par Poutine pour que son peuple le soutienne est divisée et ses opinions publiques peu sûres. Pour le moment elles tiennent mais rien ne dit que ça durera.

La crise économique -et nous en traversons une- peut trouver un exutoire dans un conflit armé mondial.

Enfin le pacifisme de certains, la radicalité d'autres, l'esprit Munichois et la sainte frousse des pays qui ont connu la chape de plomb russe les pousseraient à tout faire pour éviter de retomber dessous.

... On le voit, il n'y a pas besoin d'un archiduc autrichien à assassiner ou un fou furieux à moustache ayant subjugué son pays pour déclencher l'apocalypse.

 

En 36, alors que les menaces se précisaient, nous faisions le front populaire et les congés payés.  Aujourd'hui nous bloquons le pays pour la retraite à 60 ans... La France est incorrigible.

 

 

 

 

 

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28 février 2023 2 28 /02 /février /2023 08:09

Lénine qui avait de l'Humanité une idée assez cruelle appelait "idiots utiles" les intellectuels qui prenaient faits et cause pour sa Révolution et les soutiens des Bolcheviques qu'il avait condamnés d'avance.

Parlant des capitalistes prêts à commercer avec lui il disait aussi: "les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous les pendrons". Et il avait raison (sur ces points).

J'ai vu la une de l'hebdomadaire "Le Point" de la semaine dernière et son titre tonitruant: "les bourgeois mélenchonistes" et j'ai pensé aux "idiots utiles" si bien nommés par le leader marxiste qui réalisa le totalitarisme soviétique avec ces dizaines de milliers de morts, sa police politique, sa collectivisation forcée de tous les instruments de production et donc cet enfer sur terre que Staline poussa jusqu'à l'extrême limite.

Nos Français "bourgeois mélenchonistes" (je n'ai pas lu l'article) ont quitté le navire des écologistes purs et durs, trop fréquenté, pas assez radical, pour rejoindre en pensée celui qui incarne, pour le moment, ce qui ressemble le plus à un projet totalitaire dans la lignée de leurs erreurs passées. Car ils furent léninistes, staliniens, maoïstes, trotskystes, pro-Arafat, pro-Khomeiny, pro-Castro et sandinistes évitant de peu de rejoindre ceux qui ont admiré la révolution Khmère rouge ou les idées Hutues avant de devenir mélenchoniens.

Bref, par idéologie et haine de la société libérale (celle de Toqueville) ils ont suivi toutes les erreurs calamiteuses de la pensée humaine quand il s'agit d'administrer la société non comme elle est mais comme elle devrait être selon eux).

Je ne dis pas que l'ex sénateur PS Jean-Luc Mélenchon est un tyran en puissance je dis qu'il y a, dans sa personnalité, dans l'organisation de son mouvement, dans les actes de ses proches, dans son programme et dans sa personnalité des signes inquiétants qu'il ne faut pas négliger en pensant que c'est du folklore pour amuser les convaincus. Comme ses hologrammes Jean-Luc Mélenchon se donne à voir en masquant qui il est réellement. Il laisse ses lieutenants souffler le chaud et le froid et joue à être ce matamore que les médias adorent faire semblant d'agresser. Georges Marchais, jadis, a tenu le rôle. C'était un Stalinien pur et dur qui n'eut fait aucun cadeau à quiconque s'il avait été en mesure de s'emparer du pouvoir. Un Gomulka, un Honnecker, un Brejnev 100% pur sucre.

Nos bourgeois en SUV ont la richesse douloureuse. Elle leur donne mauvaise conscience dans un pays où l'on n'aime pas la réussite ni l'argent. Ils s'en débarrassent en soutenant (du moins en disant qu'ils soutiennent) celui qui devrait être leur principal ennemi.

Hitler et Staline ont rempli les fosses communes de ces hybrides masochistes.

Le dossier du "point" ne déroge pas à la règle: couverture et titre séduisants contenu inexistant. De la bouillie pour chat.

 

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27 février 2023 1 27 /02 /février /2023 07:00

La porosité entre les couches sociales est quasi nulle en France. Le fameux "ascenseur social" est bloqué entre deux étages et n'est pas près de repartir.

Chacun, faute de passerelles, reste dans sa sphère et le nombre de ceux qui s’extraient de la leur pour grimper dans l'échelle sociale est, quoi qu'on en dise, assez restreint.

Il y a une exception et elle cache cette réalité un peu sinistre: les "happy fews" (comédiens, réalisateurs, sportifs de haut niveau, vedettes du petit écran, journalistes mondains, chroniqueurs à la mode, couturiers, top-models, parasites culturels, médecins connus et danseuses étoiles) forment une "sur-société" qui s'affranchit des soucis du quotidien.

La retraite est un mot qu'ils ne connaissent pas. Récemment Jack Lang, 83 ans , a demandé le renouvellement de son poste à la tête de l'I.M.A (Institut du Monde Arabe). Bel exemple d'une longévité caricaturale. Ces élites s'éloignent intellectuellement, financièrement et géographiquement de la masse et recherchent un entre-soi qui les conforte dans l'idée qu'ils valent mieux que les autres. Sans doute est-ce vrai pour certains d'entre eux. Certainement pas pour tous.

Le plus surprenant est qu'il faut des "affaires" non dissimulables pour que certains retombent lourdement sur terre. En perdant leur aura comme on perd son immunité diplomatique ou parlementaire, Poivre d'Arvor et Palmade sont des symboles déchus. Les restaurants ne leur libèrent ou libèreront plus de places et ils ne sont plus les bienvenus nulle part.

Tant qu'ils sont des "happy fews" ils peuvent beaucoup se permettre et ils ne se font pas prier. Il suffit de regarder les mondanités comme le festival de Cannes ou la fashion week pour constater à quel point ils n'ont plus les pieds sur terre.

Les médias leur cirent leurs bottines Berlutti, les Grands hôtels les accueillent comme des princes d'ancien régime alors que, bien souvent, leur titre de gloire est éphémère et surestimé. Il faut voir ces actrices liftées dont le dernier succès date des années 80, ces chanteurs de rock aux hanches en titane et ces sportifs désœuvrés défiler de mondanité en mondanité.

La cloison nasale défoncée par les rails de coke, le cerveau embrumé par l'alcool ou les antidépresseurs ils courent après leur succès ou exploits qui les abandonnent. Un compte en banque sur pattes, tels ils furent,, tels ils doivent rester. Faute de quoi ils devront s'habituer à l'anonymat.

Ce qui est inquiétant dans cette ségrégation c'est que petit à petit les voyages dans des paradis lointains, des avions, des bateaux, des véhicules et des hôtels de luxe seront exclusivement réservés à cette caste qui ne brille que rarement.

A la masse vulgaire la visite de Venise en une demi-journée au milieu d'une cohue indescriptible et à eux le temple d'Angkor. Tout cela parce qu'ils ont mis le ballon dans la cage ou joué dans le film qui a rapporté des millions de dollars au studio qui l'a produit. C'est un peu triste!

 

 

 

 

 

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24 février 2023 5 24 /02 /février /2023 08:03

Une femme professeure d'Espagnol. Un lycée privé. Saint Jean de Luz. Un garçon de seize ans. Perturbé. Coup de couteau. Pronostic vital engagé. Décédé. Le ministre se rend sur place. Des envoyés spéciaux. . lycéen difficile. garde à vue. Entretien avec un pédopsychiatre. évaluation de la dangerosité de l'agresseur. État de choc. Cellule psychologique mise en place. Témoignages autres élèves et parents. Équipe professorale solidaire. Fleurs devant la grille du lycée. "on ne comprend pas ce qui s'est passé". Marche silencieuse. Portrait de l'enseignante. déclaration du ministre de l’Éducation Nationale. Pap NDiaye. "Plus jamais ça". Lycée endeuillé. minute de silence. Communauté éducative. Toute la profession qui est endeuillée. Ecole sous contrat. Adolescent renfermé. la parole doit se libérer. 

 

Etc etc. 

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23 février 2023 4 23 /02 /février /2023 08:22
Le Tigre de l'Amour

Sitôt finie la lecture des atrocités du Donbass (post du 11/02/23) je me suis plongé dans ce que je croyais être un récit du type Jack London consacré à l'observation du tigre de l'amour. L'amour dont il est question ici est le fleuve, et donc la région géographique qu'il arrose, naturellement.

Les premières pages sont surprenantes car elles ressemblent à la description de la découverte d'un lieu de crime dans un roman policier à la différence près que l'assassin est un des 500 derniers tigres de Sibérie et que la proie est un chasseur dont le cadavre est décrit "cliniquement" comme s'il s'agissait d'un cervidé.

Le livre de John Vaillant (éditions Libretto) va à l'essentiel. (j'allais écrire "à l'os" mais c'est de mauvais goût).  On suit une équipe chargée d'empêcher un braconnage endémique et idiot qui est désormais responsable de la prochaine disparition de cette variété de félins, les plus gros de la création encore en vie.

Aux confins de la Fédération de Russie, près de la Chine, l'homme défriche la forêt, creuse des mines, élève des animaux domestiques et étend ses villes, grignotant inexorablement le territoire des fauves. Ceux-ci s'attaquent aux animaux élevés par les hommes et à ces derniers.

Normalement les rencontre entre les deux prédateurs humain et félin sont rares mais, du fait de notre expansion elles ont tendance à se produire plus souvent et à ne pas nous être favorables.

Je ne citerais pas les "vertus" que la pharmacopée chinoise attribue aux os de tigres, à leur pénis et autres organes. C'est tellement absurde. Par contre elle est la justification des braconniers qui avec une bête gagnent  de quoi vivre convenablement 1 ou 2 années de vie. On imagine bien volontiers que le face à face d'un chasseur et d'un fauve gros et puissant comme un ours blanc n'est pas, à priori, favorable au bipède. Comme, en plus, dans ces contrées l'on ne dispose que d'armes anciennes et que celles-ci sont sensibles au froid extrême et à la vétusté l'affaire se présente plutôt mal pour l'homme chassant.

Ce livre est un puissant pourvoyeur d'images. Taïga, félin, hommes sont décrits de  façon à ce que l'imagination complète le portrait ou la description. A l'inverse des documentaires animaliers qui se mettent à la place du spectateur en lui livrant des scènes "aménagées" (le renard blanc qui attrape un lemming, le guépard qui rattrape puis renverse une antilope, le zèbre guetté puis saisi par un crocodile...) le livre laisse la part belle à l'évasion. On est sur place, on entend le vent dans les branches, on a de la neige jusqu'aux genoux et on "sent" la présence du tigre, là, toute proche.

Le livre ne se contente pas de parler du tigre. Il le replace dans l'Histoire et dans celle de cet espace particulier qu'est cette extrémité de la Russie. Il en profite pour aborder les conditions de vie des hommes sous les régimes dictatoriaux qui se sont succédés ici. Les luttes contre les "blancs" sont abordées et montrent l'étendue des massacres que cette terre a connus.

Comme souvent dès qu'il s'agit de violence celle-ci est exercée par tous et de manière aussi inventive et cruelle. (l'auteur cite la fin de cet homme, enfermé dans un sac postal et jeté vivant dans la chaudière d'une locomotive). Nous n'avons, hélas, pas besoin des tigres pour connaître un trépas monstrueux.

On le sait cet animal exceptionnel ne peut lutter contre l'inexorable voracité de l'espèce humaine. Lui aussi est sur la liste de ces espèces appelées à disparaître et que nos enfants ou les enfants de nos enfants ne verront qu'en photo, sur pellicule ou papier glacé.

Seuls les livres permettront à ces malheureux ce qu'ils furent et ce qu'ils représentaient.

Plus j'avançais dans la lecture du livre plus il me passionnait. Des comptes rendus d'expériences, des analyses de comportement, des histoires liées aux relations entre l'homme et l'animal, des découvertes de l'éthologie expliquées sans prétention partent du tigre et m'ont emmené loin, très loin. Vous ne penserez plus jamais aux grottes de Lascaux comme avant après avoir lu ce livre qui vous fait oublier notre triste quotidien. Un véritable embarquement pour une découverte du tigre mais aussi de soi-même.

 

 

 

 

 

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22 février 2023 3 22 /02 /février /2023 07:00

La guerre entre nos cerveaux et l'intelligence artificielle ne semble pas gagnable. Le premier a certes beaucoup évolué depuis les premiers hominidés mais il l'a fait lentement comparé aux ordinateurs. L'intelligence artificielle (IA) est un processus d'imitation de l'intelligence humaine qui repose sur la création et l'application d'algorithmes exécutés dans un environnement informatique dynamique. Son but est de permettre à des ordinateurs de penser et d'agir comme des êtres humains.

En éliminant les erreurs et en s'améliorant sans cesse, en multipliant ses capacités et en s'émancipant en partie de la tutelle humaine, l'intelligence artificielle est en passe de devenir l'outil totalitaire imparable. 

Que l'on songe au temps passé par chacun sur un ordinateur, une tablette ou un smartphone. A chaque fois nous laissons des traces qui sont autant de données permettant à l'IA d'emmagasiner des informations innombrables et secrètes qu'elle pourra collationner puis utiliser, en politique (Etat Totalitaire, dictature) ou en publicité ciblée. 

Il ne suffit pas de balayer ce constat du revers de la main en levant les yeux au ciel, en taxant ceux qui s'inquiètent de paranoïa et en répétant que ces informations n'ont pas de réelles importances. Pour le moment l'incroyable masse d'informations sur nous détenues par les Facebook and Co n'est utilisée que pour nous faire acheter des produits dont nous n'avons pas besoin. Que pour ça? non, on l'a vu avec les manipulations de l'information il y a eu des tentatives (réussies) pour manipuler l'opinion, pour faire croire à des foutaises et pour faire voter des gens qui avaient perdu le chemin des urnes. 

La présidence Trump et ses soutiens Républicains n'a pas hésité à inventer des "vérités alternatives" et à déstabiliser des institutions démocratiques. Les réseaux sociaux charrient leurs flots de boue que ne rachètent pas leurs éventuels bon côtés. 

Le cerveau humain va au plus pressé et recherche la récompense. Des personnes, des groupes, des dirigeants, des intérêts particuliers mal intentionnés ont vu ce que ces outils pouvaient apporter à leurs terribles desseins. La vogue consternante des "influenceurs" montrent que le vers est dans le fruit et que nous le nourrissons consciemment par paresse intellectuelle et par bêtise.  

Ce n'est pas la mort, la maladie, les T.rex, le Joker qui me réveillent la nuit mais bien l'idée de ce qu'un Béria, un Himmler auraient faits avec la maîtrise actuelle des algorithmes ou ce qu'en feront leurs émules du futur. 

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22 février 2023 3 22 /02 /février /2023 07:00

... Il peut être excellent. Même dans le registre "comique" (les guillemets sont là pour dire que je ne suis pas dupe de la médiocrité des comédies à la française.) De "Les Ripoux" (le 1er) au "dîner de cons" sa longue filmographie contient quelques bonnes pellicules.

Je ne voudrais pas que ce blog devienne simplement une compilation de critiques subjectives de films de cinéma. Pourtant je suis tenté de le faire tant l'actualité est inintéressante et ma réflexion muette devant son insignifiance. L'Ukraine écartée, je me moque de Pierre Palmade et n'ai plus beaucoup de goût pour la politique. 

... de politique il est question dans le film "Quai d'Orsay" ("Affaires étrangères" eut été un meilleur titre mais le film de Jean-Marc Roberts avait eu l'antériorité...) qui s'inspire de Dominique de Villepin pour dresser le portrait d'un homme un peu fou et d'un ministère gagné par sa folie. Excellemment interprété par Thierry Lhermite le ministre des affaires étrangères dont il est question dans le film est un tourbillon de fulgurances mais aussi de manies ou de moments de dinguerie (et parfois de folie furieuse!). Le comédien y est vraiment prodigieux et l'on se demande pourquoi il n'a pas plus souvent eu de tels rôles à défendre. Il s'est composé un look de BCBG plus vrai que nature et j'ai bien l'impression qu'il a eu recours à un stratagème (j'ignore lequel) pour parler avec emphase. (Des cotons dans les joues? des anesthésies dentaires? )

Ce film date de 2013 et n'a pas -je crois- rencontré un public considérable. Il est signé Bertrand Tavernier et fait partie de ses réussites. C'est une adaptation d'une bande dessinée* (d'habitude je suis très réticent...) qui est largement supérieure à ce qui l'a inspirée.  Les personnages qui sont autour de l'impétueux ministre sont excellents: Neils Arestrup, Julie Gayet, Raphaël Personnaz, Thomas Chabrol, Jane Birkin sont excellemment distribués et donnent de ce monde des ministères et de la politique une image à la fois brillante et ridicule, importante et dérisoire. Les grands enjeux sont souvent ainsi.

 

* Quai d'Orsay Chroniques diplomatiques Lanzac & Blain Dargaud éditeur.

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