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16 mai 2023 2 16 /05 /mai /2023 07:00

J'ai regardé un film que j'avais beaucoup, aimé à la première vision (au cinéma) et qui m'a -un peu- déçu à la seconde. 

Il s'agit de "Paper Moon" ("La barbe à papa") de Peter Bogdanovich (1973) avec Ryan et Tatum O'Neal un film dont l'action se passe au moment de la grande dépression (1929-1930) et met en scène un escroc à la petite semaine et une gamine délurée et maligne. 

Le film est une réussite visuelle car il ne sent pas la reconstitution d'une époque mais semble avoir été tourné au moment des faits. Hormis les quelques personnages ayant un rôle à jouer dans l'histoire il n'y a pas âme qui vive dans des paysages gigantesques et vierges où se situe l'action. Le parti-pris d'un très beau noir et blanc est surprenant au départ, indispensable en vérité. 

Ryan O'Neal, pourtant au générique de ce film et de "Barry Lyndon" (plus quelques succès notoires) n'a pas acquis la notoriété d'un Paul Newman, d'un Robert Redford ou d'un Dustin Hoffmann dont il a pourtant l'envergure et le talent. Dans "La barbe à papa" il excelle en escroc un peu ringard et en séducteur malchanceux. C'est sur lui que repose l'ensemble du film et que s'en dégage mélancolie, humour et charme. 

Ses rapports avec la petite fille pré-adolescente (sa fille dans la vraie vie) sont amusants et la petite vole la vedette à son père dans quelques scènes savoureuses (dont celle du bureau du sheriff où elle permet à son mentor de récupérer l'argent volé et les clés de la voiture là où lui semblait baisser les bras. 

Les personnages secondaires (la femme -très- légère, alias Madeline Kahn), sa bonne à tout faire noire, le sheriff corrompu... donnent à l'histoire un parfum de comédie ancienne presque anachronique. On pense parfois aux gags des films muets (camion dont le frein à main lâche, adultère grotesque à l'hôtel).

Au final un film qui accuse peut-être le temps et semble moins original qu'il y paraissait. Malgré son Oscar Tatum O'Neal n'est pas réellement convaincante et le scénario est un brin trop léger. 

Peter Bogdanovich a réalisé d'autres films que j'ai appréciés en leur temps ("On s'fait la valise, Docteur?", "Et tout le monde riait...") je m'abstiendrais de les revoir pour ne pas connaître cette désillusion un peu triste. 

 

* Il doit être possible de trouver le film en VOD, en blu ray ou de l'emprunter dans une bonne médiathèque. 

 

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15 mai 2023 1 15 /05 /mai /2023 07:00

Christophe Bourseiller présente une émission sur la chaîne "Histoire TV". C'est un format court (15-20 minutes) et c'est consacré aux différentes facettes des thèses conspirationnistes et à à tout ce qui peut être inclus dans ce fourre-tout un peu ridicule (avant d'être dangereux) et qu'on appelle "Théorie du complot". 

Bourseiller enseigne à l'Institut d’Études Politiques, il démontre régulièrement que le complotisme est une tentative de rationaliser les rumeurs. 

Pêle-mêle: la terre serait plate, Hitler ne s'est pas suicidé, l'homme n'a pas mis les pieds sur la lune etc etc. Ce n'est pas de l'uchronie (celle ci relève de la culture et de l'imagination) mais des croyances principalement historiques, politiques ou sociales que défendent dans un certain but contestataire des personnes ayant des thèses alternatives destinées à remplacer la vérité historique ou scientifique. 

Rien à voir avec l'esprit critique, naturel et nécessaire, le complotisme n'émet pas même des vérités alternatives (selon la formule stupéfiante de Donald Trump) mais des arguments étayés par aucune preuve. 

Certains évènements se prêtent à ces délires tel l'assassinat du Président Kennedy en 1963, la mort de Diana de Galles ou celle de Marilyn Monroe et tout (le naufrage du Titanic) peut être "récupéré" par ces personnes qui croient dur comme fer à ces balivernes.

Récemment il a consacré sa chronique au négationnisme de la Shoah. Je n'avais jamais vu et entendu ceux qui ont acquis une notoriété en niant le génocide des Juifs d'Europe par les nazis. (ou en le minimisant). Inutile de lister leurs arguments dont la bêtise le dispute à l'ignominie.

Un intervenant a admirablement détruit leurs sales manipulations d'une seule phrase: "Qu'on me dise alors ce que sont devenus le grand père et la grand mère de ma femme".  

 

 

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12 mai 2023 5 12 /05 /mai /2023 07:00

Netflix s'améliore et propose des films et séries de son cru qui sont de bonne qualité. J'en veux pour preuve l'adaptation remarquable du roman de Erich Maria Remarque: "A l'Ouest rien de nouveau". Un long film dense et réaliste. La guerre de 14-18, les tranchées, les assauts inutiles, la mort omniprésente et la stupidité des commandements on connaît tout cela et le premier des écueils était la redite. 

C'est, sur ce plan, une réussite: les scènes sont travaillées, écrites (story board) et filmées de manière originale. Jusqu'ici je crois que  Les chars prenant une tranchées n'avaient jamais été montrés dans l'horreur de l'action dans cette guerre là. Les à-côtés des attaques, la faim, la soif n'avaient pas non plus été reconstituées avec un tel souci de réalisme.  La terreur des soldats devant les attaques suicides, leur camaraderie désespérée, la mort extrêmement violente, les combats au corps-à-corps, les détails morbides (la collecte des plaques d'identité des cadavres) et les corps déchiquetés ne sont ni éludés ni exposés: on est sur le champs de bataille ou dans la tranchée et on partage presque physiquement les conditions de vie effroyables des soldats allemands, car la guerre est vue de ce côté . 

Mes seules réserves concernent le maquillage: à trop vouloir en faire nous sommes presque en face de zombies ou du grand-guignol. Un regard vitreux ou une trop agonie remplacent efficacement toute l'hémoglobine utilisée. Certains cadavres reconstitués font penser à "The walking dead"!

Enfin, comme dans (presque) tous les films traitant de cette aspect de la guerre le portrait des "chefs" vire à la caricature. Du général imbécile et criminel des "Sentiers de la gloire" de Kubrick aux officiers de "Pour l'exemple" de Joseph Losey on a toujours devant nous, sur l'écran, des abrutis qui comptent la vie d'autrui pour négligeable et la mettent en balance avec leur nationalisme ou leur avancement. J'ose espérer qu'il s'agit d'une interprétation artistique et non d'une analyse poussée. 

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11 mai 2023 4 11 /05 /mai /2023 07:00

Je suis stupéfait par la demande de travail non rémunéré que nous faisons sans rechigner à la place de salariés qui ont longtemps effectué ces tâches. Prenons la SNCF par exemple. Sa communication essaie de la rendre attractive et ses communicants croient que parce qu'ils appellent un vieux coucou tagué et sale "OUIGO" ou "Inouï" cela le transforme en engin du futur! sur leurs lancée ils appellent "connect - SNCF" un site Internet complexe et capricieux sur lequel on s'escrime à rentrer mille informations pour se voir refuser les billets en toute fin de traitement, grosso modo au bout de trois quarts d'heure.

Les renseignements demandés sont si nombreux, les mots de passe, les codes et les vérifications si surprenantes que vous devez vous y prendre à trois fois pour obtenir un vulgaire droit d'emprunt d'un train. Votre sexe, votre âge, votre date de naissance (les deux ne sont-ils pas redondants?), votre adresse, naturellement, vos éventuelles cartes de réduction, la date du voyage aller et celle du retour (il faut passer par des écrans idiots qui donnent le retour avant le départ ou presque!), il vous faut choisir votre place (en fonction d'un seul critère: carré (2 places en face  face avec une table au centre), place solo, place en rangée, dans le sens de la marche du train, à l'étage (TGV) ou en bas etc. Vous ne pouvez pas choisir deux critères en même temps.

Arrive le moment du paiement: vous devez recevoir le feu vert de votre banque qui le donne à la SNCF qui vous confirme votre achat.

Et là, bien que vous ayez TOUT vérifié deux fois plutôt qu'une il y a un bug. La date n'est pas la bonne, l'horaire ne coïncide pas à ce que vous aviez sélectionné ou, plus courant, le prix a brutalement augmenté.

Vous devez appeler un numéro vert ou rouge ou violet et raconter votre (més)aventure à un employé qui a dû mal dormir tant il est mou.

Tout est de votre faute. C'est un principe. Vous n'avez pas suivi scrupuleusement les instructions. Vous êtes une buse vous laisse entendre (sans le dire) le monsieur du téléphone.

Au bout d'un temps long et énervant le problème est résolu. Vous avez votre billet, tout concorde. Ouf! (votre "agent de voyage" vous faisait ça en 1 minute moyennant une commission indolore). 

Dans la foulée 3 ou 4 sms vous sont adressés par la compagnie ferroviaire.

Dont un qui vous demande votre avis sur la qualité du service. Vous ne répondez pas. Ce serait trop long.

Et vous risqueriez de perdre votre flegme naturel voire votre vocabulaire élégant!

 

 

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10 mai 2023 3 10 /05 /mai /2023 07:00

Sans que l'on puisse me qualifier de fétichiste je possède une quantité de DVD et de Blu Ray que je ne regarde pratiquement jamais mais que j'ai besoin d'avoir sous la main. Il est probable que les films qu'ils contiennent je les ai aussi possédés en vidéo (pour les plus jeunes c'était avant les DVD): ce sont "mes" films qui, comme certains livres ou certaines musiques me définissent et me rassurent. Non! rassurer n'est pas le mot. J'ai besoin de les avoir. Tout simplement.

Ironiquement je dirais qu'ils me possèdent autant que je les possède.

Or la technologie avance si vite que les supports les plus convaincants sont rapidement présumés obsolètes. Ma voiture, un modèle standard équipé convenablement, n'avait pas de lecteur de CD. Trop vieux. Ringards. Pour écouter "ma" musique je devais utiliser des ports USB sur lesquels je la gravais. Progrès? oui, si on veut.

Pour la télévision nous sommes dans le même registre: il a fallu se procurer cet OVNI terrestre qu'est la Box, qu'elle qu'en soit l'opérateur loueur. Les programmes sont aussi discutables, l'image et le son ne sont pas meilleurs mais j'ai dû passer sous les fourches caudines et me procurer la "Freebox Revolution" dont l'argument commercial de location principal était que Philippe Starck, designer industriel Français de renom, l'avait dessinée. 

Cette objet me faisait vaguement penser au "télécran" de "1984"... Qui sait s'il ne nous espionnait pas un peu? on a vu, depuis, que cela ne relève plus de la science fiction et que certaines enceintes connectées récentes sont, cette fois réellement susceptibles de prendre des informations chez vous. Il était rassurant puisqu'un lecteur de CD y était intégré. 

Entre temps mon ordinateur était HS et le nouveau n'avait évidemment aucun équipement permettant de lire des CD ou des DVD.

Bref je n'avais plus aucun lecteur de DVD ou de Blu Ray. Mes films préférés, mes concerts, mes docs prenaient la poussière inexorable des objets du passé.

Passant dans mon bureau devant le DVD "Orfeo ed Euridice" interprété par La Fura Dels Baus un de mes préférés j'ai eu une envie pressante de le regarder.

Je saute sur mon vélo et file à la FNAC où le vendeur me parle un langage moins compréhensible que l'Araméen ancien. Il est question de cables HDMI, de port machin et de câble 4K. Sur sa bonne tête j'achète le lecteur et le câble et.... je passe la journée à essayer de faire fonctionner la télévision et le lecteur de Blu Ray sur le même appareil.

J'y suis parvenu au moment où j'allais balancer le  tout à la Garonne.

Je n'ai pas regardé le DVD déclencheur: plus envie.

 

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9 mai 2023 2 09 /05 /mai /2023 07:00

En 2015 ma fille Marine a écrit un roman de 150 pages qu'elle a intitulé "Amnezia" et qu'elle a elle-même édité (elle est imprimeur, graphiste de profession) en un nombre limité d'exemplaires. Elle n'a pratiquement pas parlé de ce qu'elle écrivait lorsqu'elle le faisait et a donné un exemplaire de son livre à certaines personnes et pas à d'autres. Elle n'a pas (ou peu) cherché à savoir ce que ses lecteurs en ont pensé. Elle en a écrit la "suite" mais a été plus discrète encore sur celle-ci. Cet acte d'écrire, et d'écrire une fiction n'est pas anodin. Cependant Marine est restée presque muette sur les raisons qui l'ont poussée à écrire. Elle ne s'est pas plus étendue sur l'histoire qu'elle raconte ni sur les jeunes personnages mis en scène, même si l'une d'entre eux est très certainement auto inspirée.

Mon exemplaire est dans la bibliothèque du salon. Hélas il est signé d'un pseudonyme peu engageant. Je l'ai vu dans la vitrine de Nicolas à Montréal. Nous n'en avons pas parlé ensemble mon fils et moi. J'ai dit à Marine mon respect pour le fait qu'elle a mené au bout ce projet et lui ai un peu reproché sa modestie. 

Ma fille est pleine de talents qu'elle n'exploite jamais complètement. Elle est velléitaire et "aquoiboniste". Elle est une artiste qui ne pousse pas ses talents et qui refuse la lumière. Un trait de famille? une confiance en soi insuffisante? trop de modestie? je ne saurais le dire.

Ma tante, la sœur de ma mère a elle aussi écrit un livre qu'a publié l'Harmattan en 2009 peu de temps avant sa mort. L'objectivité me force à reconnaître qu'il est bien écrit et qu'elle possédait un talent littéraire incontestable. Son livre est sa vision du roman familial et s'il est très privé il est aussi universel et tissé de  souvenirs et de réflexions personnelles à travers lesquels on retrouve en filigrane la femme qu'elle fût. Le titre est un peu rébarbatif ("Le pantalon de Shakespeare"). Ma mère (qui n'est pas épargnée dans les quelques lignes qui semblent lui être consacrées) l'a fait acheter à tout son répertoire et au-delà.

Dans un autre genre, mon frère Bruno a fait paraître, en librairie, une étude exhaustive de la marque automobile "Simca" qu'on trouve dans le commerce si on s'intéresse aux voitures de tourisme d'avant les années 2000. C'est une somme précise et joliment illustrée dans lequel on retrouve un peu sa façon élégante de parler et donc d'écrire.

On le voit... nous avons dans ma famille un rapport avec la chose écrite et avec les livres. Chez mes frères et sœurs la bibliothèque est plus importante que le frigo ou la machine à laver!

Et moi, direz-vous. Relisez le début de ce post et les lignes qui concernaient ma fille. La réponse est là.

J'admire notre amie Marie k. d'écrire avec régularité, de posséder une imagination (et des modèles) qui lui permettent d'imaginer des histoires et des personnes dans un univers qu'elle crée à partir de son vécu et de sa réflexion. Je suis admiratif de son style et heureux qu'elle soit publiée.

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8 mai 2023 1 08 /05 /mai /2023 07:00

Nous avons trois ruches près du jardin que nous louons à l'année. Malheureusement elles sont placées près d'un sentier emprunté par des joggeurs, des cyclistes, des promeneurs et... des chasseurs. Ces derniers, qui n'ont que leur défense de la nature à la bouche, considèrent comme un obstacle à abattre tout ce qui les gênent, eux et leurs chiens. En conséquence, des ruches, même annoncées par un panneau légal et installées le long d'un petit cours d'eau, sont inadmissibles à leurs yeux.

Par ailleurs les chasseurs ne sont pas les seuls responsables de notre décision de les changer de place: le manque criant de fleurs (par exemple les cerisiers que les agriculteurs suppriment impitoyablement), les frelons asiatiques meurtriers, le varroa (parasite naturel des abeilles) et la présence de trop de ruches concurrentes disséminées trop proches les unes des autres ont empêché de récolter le moindre gramme de miel. Il a fallu le laisser aux abeilles pour qu'elles s'en nourrissent.

Forts de constat nous leur avons cherché une autre terre d'accueil. Plusieurs solutions se sont présentées qui toutes posaient plus de problèmes qu'elles n'en résolvaient. En ce tout début de printemps les 2 ruches que nous avons conservées "donnaient" à plein. La vie était intense dans la ruche bleue et la verte.

Et nos amis de Quint nous proposèrent d'accueillir les abeilles près de leur maison dans leur grand jardin. A moins d'une demi heure de Toulouse mais à la campagne, un beau jardin, la propriété étant isolée mais fleurie l'offre était de celles qu'on n'ose rêver.

... Et arriva le soir du transfert de nos abeilles de Portet à Quint: 15 kilomètres qui, pour nos travailleuses ailées en valaient 1000.

Hélas nous n'étions pas suffisamment préparés et l'improvisation la plus totale régna toute la soirée. Les productrices de miel n'étaient pas rentrées à 19H00 et nos mouvements près de leurs domicile les énerva. Autour des ruches l'herbe n'avait pas été coupée et était très haute, trop haute.  Lorsqu'une vis ou un outil tombait c'était compliqué, dans la tenue qui rigidifie chaque geste de les retrouver. Les abeilles cherchaient à piquer et la fumée âcre de l'enfumoir se retournait contre nous qui en pleurions. Le poids de la plus grande des ruches était considérable et la poser sur une brouette, traverser le no man's land herbeux jusqu'au sentier puis aller jusqu'à la voiture aurait pu être une discipline olympique. Ou la cause d'un AVC. 

Ces demoiselles ailées, allez savoir pourquoi, attaquaient notre équipage. Songeaient-elles à délivrer leurs congénères prisonnières? 2 piqûres douloureuses de l'apicultrice en chef furent leur réponse.

Arrivés à la voiture, épuisés et en sueur, on essaya de consolider la fermeture hermétique de la ruche. Mal nous en pris! la vis ripa et la grille d'entrée laissa échapper des mini-hélicoptères furibonds voletant en tous sens et fermement décidés à châtier ces apiculteurs incompétents que nous étions. Songez que la dévisseuse électrique n'avait pas même été rechargée!

Naturellement elles s’engouffrèrent dans la voiture par grappes vrombissantes.

Dans les jardins avoisinants on nous regardait comme deux martiens incompréhensibles. Enfin, alors que le soleil déclinait sévèrement, nous nous mîmes en route. Les 3 kilomètres de chemin caillouteux et de trous  profonds furent un supplice: pourvu que la ruche tienne! (nous avions renoncé à nous occuper de la seconde).  Sur la route nous eûmes droits à des ralentisseurs monstrueux, à la bretelle de périphérique fermée, aux pires conducteurs toulousains et à tous les feux rouges ou presque.

Françoise était sur la plage arrière et tenait la ruche sous une garde sévère. Elle me demandait à intervalles réguliers d'ouvrir telle ou telle fenêtre de la voiture pour éjecter une abeille.

Nous arrivâmes à ce moment de la soirée, plus loup que chien. Habillés de la tenue grillagée et chapeautés  au RB n' B des abeilles, nous fîmes forte impression (comique) à notre amie qui accueillait nos hyménoptères.

Dans un noir d'encre nous déposâmes la ruche à l'endroit convenu. La grille avait basculé et ces dames faisaient connaître leur courroux.

Je ne dirais qu'une chose: elles ont intérêt à faire du miel de qualité. Sinon je ne réponds de rien.

Petit post scriptum:  la seconde ruche reste à transférer.

 

 

 

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5 mai 2023 5 05 /05 /mai /2023 08:00

Même si c'est devenu une sorte de magasin fourre-tout d'électro ménager j'ai, de temps à autres, l'idée de passer à la FNAC qui fut longtemps un de mes lieux de promenade préférés, mon magasin de disques et de livres favoris. On n'y trouve quasiment plus rien de spécifique par rapport aux vilains "Cultura" et la FNAC d'aujourd'hui s'est faite dépasser par des librairies de qualité comme "Ombres Blanches" à Toulouse. 

Après une semaine passée dans la nature Gersoise j'avais besoin d'une cure de deux heures de bruit et de mouvement. La ville fêtant la demi-finale du Stade Toulousain en Rugby et la demi-finale du TFC (football) était tout sauf calme. 

Après avoir erré dans les différents "rayons" j'ai soudain pensé à faire développer sur papier des photos qui sont sur mon téléphone afin de les envoyer à ma mère. J'avais acheté une carte qui permet de se connecter à une borne, celle-ci prenant le contrôle de mon mobile et sélectionnant celles que je lui indiquais.   Aujourd'hui il n'y a que ces bornes interactives pour transférer des photos d'un téléphone à un support papier. 

Il y avait une file derrière les 4 bornes (dont une en panne) qui patientait en regardant l'air de rien les clichés de ceux qui les précédaient. Je choisis celle qui semblait avancer le plus vite et c'était évidemment ce qu'il ne fallait pas faire. La machine était maintenant occupée (c'est bien le terme) par une dame de plus de 70 ans, racée et élégante, bien habillée et aux doigts de laquelle brillaient des bagues qui n'étaient pas fantaisie.

La dame ne maîtrisait pas la borne et aucun salarié de la FNAC ne circulait dans un rayon de 200 mètres autour de la borne photos. Elle cochait pratiquement chaque cliché de son téléphone et, au bout d'un moment je m'avançais vers elle et lui demandais si elle avait un souci. Dans un Français classieux elle me répondit n'avoir pas de soucis mais vouloir "faire" 3000 photos (elle en était à 390). 

Mouvements dans les files. Si une borne est occupée plus d'une heure par une cliente qui pourrait -vu son âge- les imprimer en semaine il est impossible d'avoir accès à la machine ce samedi avant une heure au moins. Et la majorité des personnes qui attendaient leur tour de quitter la file la mine déconfite. 

Soudain, une très jeune vendeuse en blouse blanche s'est approchée de la dame. La fin d'un blocage? non! elle demanda à celle-ci si elle souhaitait qu'on lui porte une chaise pour attendre ses photos. Un cas. 

Je suis alors parti déposer au pressing les vêtements que j'avais abîmés en les soumettant aux pluies du Gers. La vendeuse m'accueillit avec un directif: "vous avez la carte?". 

C'est bien cela qui symbolise notre époque: il faut des cartes pour tout et faire la majeure partie du travail soi même. 

 

 

 

 

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4 mai 2023 4 04 /05 /mai /2023 08:00

La semaine dernière je me suis arrêté dans un gîte d'étape à Condom. C'était une maison assez vaste mais qui donnait l'impression contraire. En cause: la profusion d'objets et de décorations qui encombraient le moindre emplacement. Il y avait là, quelquefois en couches superposées, des photos d'inconnus et de célébrités souvent décédées: Serge Gainsbourg, Michael Jackson ou toujours en vie: Renaud. Arthur Rimbaud était encadré, son visage adolescent recouvert du texte du "Bateau ivre". Il y avait des disques d'or de Queen, un poster géant de Freddy Mercury, une réplique de cabine téléphonique rouge de plus d'un mètre de haut chargée jusqu'à la gueule de bouquins de toutes sortes, des piles de livres disposées en équilibre ça ou là, des albums de bande dessinée parmi lesquels les "Tintin" les meilleurs, des objets venus de pays étrangers (Mexique, Russie...), des lampes éclairant faiblement et posées en équilibre sur des tables bancales, des tissus foncés, des lettres encadrées, des photos dédicacées, des bouteilles et carafes dépareillées et tout un capharnaüm étrange mais intéressant. Dans un bureau deux affiches des tous premiers Mickey et Minnie accueillaient le visiteur.  Des 45 tours sans la pochette étaient épinglés ici ou là.

Toute la maison était accessible à tout le monde et c'était amusant de voir chacun contempler cette exposition intime en silence. Dans le bar, revêtu lui aussi de papier peint noir sur lequel étaient dessinés des oiseaux exotiques et des feuillages emmêlés les verres et les lumières se renvoyaient la politesse. Une tête de mort mexicaine (calavera) partageait le bar avec un vieux téléphone à fil et un splendide seau à glaçons en argent massif.

Les propriétaires gérants du lieu, deux frères aussi dissemblables que possible et leur père avaient accumulés tant et tant d'objets, laids ou beaux, de valeur ou sans, intimes ou pas qu'on avait l'impression de les connaître rien qu'en les attendant dans le vestibule. Le plus jeune et entreprenant des trois nous fit visiter la cuisine. Celle-ci semblait basse de plafond tant elle était remplie, elle aussi. Vaisselle, plats, couverts, vases, déco, une collection de dizaines de pots de confiture aux étiquettes étranges (potiron, tomate-verte et citron, melon d'eau...). Un vase de fleurs à longues tiges masquait presque une cheminée  devant laquelle étaient disposées des chaises de jardin rouillées remplies de chaussettes fumantes. Des publicités émaillées anciennes, pas toujours en rapport avec la cuisine, étaient fixées ça et là.

Un petit bureau attenant disparaissait sous les journaux et les livres.

Partout cette impression que tous ces objets exposés avaient une importance cachée pour les trois habitants réguliers de la maison.

Dans d'autres endroits, au contraire, j'ai passé des moments dans des lieux totalement impersonnels où rien ne dépassait. Un faux Mondrian ici, une reproduction du "Cri" de Munch là.

Aucun intérieur, cependant, ne m'a rappelé l'appartement d'Ingo F***, à Bruxelles, qui était meublé au minimum. Son gigantesque salon donnait sur un sous-bois. Une profonde moquette blanche, un canapé monumental mais beau, un écran de télévision mural et rien qui traine. Pas même un trousseau de clé ou un paquet de cigarettes. La vie semblait ne pas être entrée tant l'ordonnancement était maniaque.

J'ai toujours oscillé entre la profusion et le vide. C'est, passion des livres oblige, la première option qui s'est imposée à moi.

 

 

 

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3 mai 2023 3 03 /05 /mai /2023 08:19

Samedi soir je me suis affalé sur mon canapé (NDLR: on s'affale toujours sur un canapé) devant la télévision qui radotait dans "la crise de régime" et ses dérivés. Une fois encore Pascal Perrineau, Pierre Rosanvallon et les habitués du talk-show péroraient en débutant chacune de leurs phrases par: "Les Français" (pensent que, disent que, s'interrogent, s'énervent etc.). J'ai regardé d'un œil torve (je peux avoir le regard torve, c'est un fait) ce débat mironton comme disait Jean Ferrat et soudain j'ai compris qu'il s'agissait d'un "best of", sorte de compilation des meilleurs moments de l'émission diffusée lorsque l'animateur et ses chroniqueurs sont partis en vacances. 

Meilleurs moments c'est vite dit: le monteur garde systématiquement ceux qui sont consacrés aux critiques les plus acerbes du pouvoir en place. C'est ainsi une litanie de positions négatives qui, si j'étais en charge de la politique me ferait démissionner dans la minute et me ferait regagner mon jardinet et soigner mes légumes et fruits. 

Depuis 3 quinquennats ce sont toujours les mêmes invités qui tournent d'un plateau de télévision à un autre, d'un micro de radio à un autre et d'un éditorial impitoyable à un autre.  Ils tirent au bazooka sur ce Président qui n'obéit pas à leurs injonctions et sur quiconque prend la moindre responsabilité. Haro sur la première ministre trop techno, feu sur le porte-parole du gouvernement et vive la Révolution. 

Je n'ai toujours pas compris ce qu'on attend d'une révolution: les exemples passés devraient nous avoir rendus sinon prudents du moins plus circonspects... Mélenchon en grand timonier ça ne devrait faire fantasmer que les irréductibles amateurs de totalitarisme même si son pédigré de sénateur socialiste et d'admirateur de Mitterrand réduit la voilure du vaisseau insoumis. 

Alors ça ronronne  sur le petit écran, Jean-Michel Apathie joue les Saint-Just de poche et un cinglé des sondages prévoit l'élection de Marine Le Pen en 2065. 

Tout cela n'est pas sérieux et ne mérite pas qu'on lui consacre du temps. Ce sont des amusements d'enfants gâtés de la démocratie qui ne voient pas que Poutine, le premier Chinois, Trump et Erdogan ont une idée assez précise de ce qu'ils veulent faire du régime démocratique dont la France est un exemple: les reléguer dans les poubelles de l'Histoire. 

J'ai cité Jean François Revel récemment. Le penseur a sombré dans un oubli total. Le titre de l'un de ses essais (et son sujet) reste de la plus vibrante actualité: "La tentation totalitaire". 

 

 

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