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25 janvier 2023 3 25 /01 /janvier /2023 07:00

Lorsque je suis rentré de la chorale, ce mercredi après les galettes des rois industrielles et le Proseco tiède Françoise était lovée sur le canapé et regardait la télévision. Un documentaire sur l'ignoble affaire d'Outreau, une sordide histoire de parents pédophiles qui accusèrent des innocents de participer à leurs dérèglements. Le documentaire était, comme tout l'est désormais, découpé en tranches de 50 minutes appelés épisodes le tout inséré dans une série elle-même divisée en saisons. On ne faisait pas tant de manières à l'ORTF quand on diffusait "les Saintes Chéries"...

Les protagonistes de l'affaire, qui a plus de vingt ans, étaient interrogés et des comédiens rejouaient les scènes les plus marquantes de cette épouvantable fait-divers. Il y avait là un huissier de justice, un prêtre-ouvrier,  des agriculteurs fauchés qui furent comme happés par cette folle enquête qui déboucha sur ce qui est considéré comme une des plus grandes erreurs judiciaires. Le juge étant complètement seul à prendre des décisions aberrantes, et la femme à l'origine de tout étant crue alors qu'elle divaguait manifestement. Le juge faisait froid dans le dos par sa raideur et son incapacité à se remettre en cause. Un homme, accusé injustement, est mort en prison à cause de cette attitude hautaine et méprisante du juge.

Bien que légèrement démonstrative et nettement voyeuse la série démontait le mécanisme qui conduisit des innocents en prison sur la base d'accusations terribles mais fausses qui ne furent pas suffisamment vérifiées, le juge et les responsables du tribunal voulant faire vite et exemplaire. Il faut dire que comme dans l'affaire de Bruay en Artois (là c'était un notaire) avoir un huissier et un prêtre comme coupables titillait ce monde judiciaire et policier victime de ses à priori.

Les accusés racontèrent leur chemin de croix et l'on devinait la douleur, l'incompréhension, l'abattement et la tentation de renoncement qui les anima pendant ces longs mois où ils vécurent l'enfer.

Je n'ai regardé qu'un épisode et n'ai donc pas vu si le rôle néfaste (pour rester sobre) de la presse, régionale comme nationale était montré. Je me souvenais vaguement de cette affaire au fort retentissement car elle était exemplaire de l'emballement médiatique et de l'attirance des médias pour tout ce qui est glauque. (que l'on se rappelle de "l'affaire Grégory" par exemple).

Les accusés acquittés semblaient encore bien amers, des années après leur éprouvante mise en cause. On sentait les vies gâchées, piétinées, détruites qu'aucun dédommagement ne pouvait évidemment faire oublier. Ces mois pendant lesquels ils étaient considérés comme des salauds abusant de jeunes enfants.

L'affaire d'Outreau, au départ, concernait des abus sexuels d'enfants par leurs propres parents. Il y avait donc bien un crime et des criminels. Dommage que la justice se soit fourvoyée en écoutant les divagations d'une mère dénaturée au lieu de mener une vraie enquête.

L'un des fils de la détraquée à l'origine de tout faisait de la peine, 16 ans après les faits, tant on sentait que pour lui l'affaire était encore son quotidien.

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24 janvier 2023 2 24 /01 /janvier /2023 07:00

Il y a tellement de chaînes de télévision qu'on finit toujours par tomber sur quelque chose qui nous fait provisoirement lâcher la télécommande. C'est ainsi que j'ai vu une petite demi-heure du film de José Giovanni "Le gitan" (1975), un de ces films de gangsters qu'on tournait à la chaîne dans ces années et qui servaient les carrières de Lino Venture, Jean-Paul Belmondo et bien sur, Alain Delon. "Le Gitan" est d'ailleurs une production Alain Delon avec Alain Delon le comédien. Il y interprète sans conviction un gitan (d'où le titre!) en colère dans une intrigue policière qui n'a pas dû fatiguer les scénaristes. Delon livre ce visage fermé, beaux yeux, cheveux longs et savamment décoiffés. Monolithique et pas aimable il a joué ce personnage mille fois, jusqu'à ce que le public se lasse. Il est gitan donc il a une boucle d'oreille discrète et une moustache qui l'est moins. 

Delon producteur a entouré Delon acteur de vieilles gloires (Paul Meurisse), de second couteaux (Renato Salvatori, Maurice Biraud, Marcel Bozzufi, Maurice Barrier), d'un petit jeune prometteur (Bernard Giraudeau) et d'une comédienne alors très populaire (Annie Girardot). Ce casting sans surprise se débat dans une histoire inintéressante aux ficelles grosses comme des cordes. Meurisse a la scoumoune: il tombe sur Delon en Normandie, sur le Canal de l'Yonne puis à Marseille. 

Delon tire sur tout ce qui bouge, menace et fronce les sourcils. Le "milieu" tremble et se demande comment se débarrasser de ce gitan improbable. Les policiers, comme toujours dans ce genre de films, sont abrutis, 
Moi j'ai su comment faire: j'ai cessé de regarder ce navet. 

A noter que ce fut l'avant-dernier rôle de Paul Meurisse, comédien de talent oublié aujourd'hui. Il est, dans le film, un perceur de coffres-forts qui surprend une conversation téléphonique de sa (très jeune) épouse ne laissant aucun doute sur sa liaison extra conjugale. Comment réagit-il? en la rouant de coups de cannes et de poing. A cette époque c'était une violence admissible à laquelle personne n'avait rien à redire. 

Quand certains disent regretter le cinéma Français des années 70 ils ont oublié toutes ces gitaneries nulles uniquement tournées pour mettre Alain Delon en valeur. 

Et pourtant il a fait quelques très bons films et tourné deux ou trois chefs d'œuvres. Je le dis tout net, je ne classerais pas "le gitan" dans cette catégorie!

 

 

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23 janvier 2023 1 23 /01 /janvier /2023 07:00

Soyons justes: si j'ai participé à l'une d'entre elles,  je n'ai jamais regardé une émission animée par Sophie Davant. Elle représente pour moi tout ce que je n'aime pas à la télévision: l'inculture, la superficialité et le côté gnan-gnan du Téléton et autres quêtes médiatiques avec émotion dûment soulignée par des larmes visibles à l'écran.

Il faut dire que la dame est inquiète que l'on puisse s'apercevoir qu'elle vieillit en approchant la soixantaine, période qui coïncide au passage à la trappe dans son milieu impitoyable. Je comprends qu'une personne qui a tout misé sur son physique doit avoir des sueurs froides lorsqu'elle avance en âge.

Pourquoi donc vous parlais-je de Sophie Davant? parce que, passant devant un kiosque, j'ai vu la couverture d'un magazine qui titrait "l'indétrônable Sophie Davant". C'est ça qui me sidère: les goûts d'un public de référence qui aime tout ce qui me déplaît et dédaigne tout ce que j'aime, à la télévision comme en librairie, au cinéma comme au théâtre; et cela se vérifie dans tous les domaines ou presque.

Ce vedettariat qui existe depuis les débuts du petit écran a toujours, me semble t'il, couronné des animateurs qui ne me plaisaient pas. Esprit de contradiction? jalousie? besoin de se démarquer? je ne saurais le dire mais plus ces gens génèrent du consensus moins je les aime: Nagui, Bernard Pivot, Jean-Luc Reichmann, Fabien Barthès, Michel Cymès... tous m'agacent et m'apparaissent comme des imposteurs.

Ils peuvent faire illusion un temps mais le vedettariat les tue sans qu'ils ne s'en rendent compte. Cyril Lignac me fut sympathique, un temps. Stéphane Plazza également.

En a t'on vu de ces "indispensables" qui, soudain, privés de leur(s) émission(s) tournaient sur eux mêmes, l'air hagard. Jacques Martin, Thierry Ardisson, Michel Polac et tant d'autres. Les priver de leur petit pouvoir c'est les tuer. Poivre doit être mourant: il n'est plus à l'écran et son image est écornée.

Ils  auraient présenté la météo pour non-entendants pourvu que leur visage reste visible une saison encore. "Encore un instant Monsieur le bourreau"... Hier Jean-Luc Delarue aujourd'hui Cyril Hanouna tous connaissent cette apogée médiatique puis subissent un jour la perte de leur aura. On les voit, éperdus, écrire des livres promis au pilon dans lesquels ils embellissent leur pauvre pouvoir passé déjà partiellement oublié. Car on les oublie aussi vite qu'ils ont régné. C'est le côté réconfortant de la chose. 

 

 

 

 

 

 

 

  je ne savais pas que cette potiche et présentatrice

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21 janvier 2023 6 21 /01 /janvier /2023 08:50

Il y a deux cent trente ans la tête tranchée de Louis XVI tombait dans le panier d'osier après avoir été montrée au peuple.

C'est une date cruciale dans l'Histoire de la France et l'on n'a pas fini d'en étudier les tenants et les aboutissants, les raisons et les conséquences. En mettant à mort le souverain constitutionnel qu'il était devenu après avoir perdu son statut de "Droit Divin" la France mettait un terme à un ordre établi depuis des siècles. Un faisceau de décisions et d'évènements mais aussi la personnalité du souverain expliquent la Révolution et cette exécution.

Si le Roi était "coupable" de ce dont on l'accusait ("collusion avec l'ennemi") il ne l'était pas selon ses valeurs: il n'avait fait que défendre son trône et sa Loi.

Un autre que lui eut pu canaliser les idées et gérer les situations. Pas lui qui n'était pas le benêt complaisamment décrit mais un homme intelligent mais pas fait pour le rôle.

 

 

* Son frère, le futur Louis XVIII eut sans doute abordé les choses différemment. Il est vrai qu'on ne peut le juger qu'a posteriori et qu'il n'eut pas d'initiatives éblouissantes au moment de la grande tourmente. 

 

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21 janvier 2023 6 21 /01 /janvier /2023 08:44

J'ai du retirer le post concernant mon activité bénévole daté du vendredi 20 janvier 2023 "Bénévolement et subliminalement" . Il ne satisfaisait pas la confidentialité des information et des personnes.

Je le réécrirais et le republierait ultérieurement.

 

LBFDP

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19 janvier 2023 4 19 /01 /janvier /2023 07:00

Parfois le syndrome de "l'année de la marmotte", prétexte du film "Un jour sans fin" se met en place dans la réalité et nous ne nous en formalisons pas plus que ça. Prenez la réforme de la retraite, version 2023, y a t'il la moindre surprise? la moindre nouveauté? les mêmes interlocuteurs profèrent les mêmes menaces tandis que le pouvoir explique qu'il veut "sauver les retraites par répartition".

Les syndicalistes,  campés sur des positions irréalistes et intenables promettent des manifestations monstres tandis que les entrepreneurs et l'état menacent le pays des 7 plaies d’Égypte si la réforme ne passait pas. On n'a guère envie d'accorder notre confiance à la CGT et à son Martinez de président: ils sont immobiles et défendent leurs mandants et une vision idéologique du monde; la même depuis soixante dix ans, on n'a guère envie d'accorder non plus notre confiance à Bruno Le Maire et aux tenants du sacro-saint marché dont on connait la brutalité et l'insensibilité. 

Et l'on regarde, vaguement écœuré, la dramaturgie perpétuelle se mettre en place. Les chaînes d'information continue souffler sur les braises et les "spécialistes de l'économie" (toujours les mêmes) répéter leur laïus en essayant de culpabiliser le citoyen contribuable. Je pense qu'on devrait faire un exemple et clouer au pilori un des sondeurs qui vient doctement dire le contraire de ce qui se vérifie.
Et lui, ce brave Français à qui l'on brandit des arguments contradictoires et des symboles qui ne lui disent plus rien ("le Conseil National de la Résistance") doit approuver ou refuser un système compliqué et incompréhensible que les gouvernements successifs, les majorités successives, remettent en cause tous les quatre ans..

Reste un sentiment tenace que les arguments des uns et des autres cachent des vérités qu'on nous tait (L'Europe nous imposerait elle cette loi pour nous punir du "quoi qu'il en coûte"? dirigerait on les retraites vers un système de capitalisation?) ou qu'on minimise. 

Reste aussi l'impression que l'on veut "culpabiliser" les retraités en les présentant comme des nantis alors que le montant moyen de la retraite en France est bas (1500€) et contient des disparités criantes. 

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18 janvier 2023 3 18 /01 /janvier /2023 07:00

Un film rare et exceptionnel. Voilà ce qu'est le film "Les Banshees d'Inisherin" de Martin McDonagh (Irlande/USA 2022).

Rien pourtant, au départ, pour susciter l'engouement: un scénario limité (l'histoire tient en deux phrases), des comédiens inconnus (j'y reviendrai) et un réalisateur encore  assez méconnu.

L'histoire, donc. Un jour, dans un petit patelin Irlandais où vivent moins de cent personnes, Pàdraic vient chez son ami Colm pour aller, comme tous les jours boire une pinte au pub, seule distraction du village où tout le monde se connaît, où tout se sait et où il ne se passe pas grand chose. Bien que présent Colm ne répond pas et n'ouvre pas la porte. Plus tard il signifie clairement à Pàdraic qu'il souhaite ne plus avoir le moindre contact avec lui. Abasourdi l'ami répudié tente de comprendre, croit que c'est une blague de 1er avril, une lubie d'un jour mais il n'en est rien. Cette rupture amicale perturbe les deux protagonistes mais aussi leurs proches: la femme qui vit chez Pàdraic (sa sœur), un policier brutal, un jeune voisin un peu abruti (fils du policier) et bien sur, le chœur antique que constituent le barman et les clients du petit pub.

J'ai à dessein parlé d'antique: l'agora est constituée par l'enceinte du minuscule village avec le pub, il y a la pythie qui annonce les évènements (quand elle ne les provoque pas) et le drame qui, progressivement se met en place. Je tairai la manière dont Colm enjoint son ancien ami à ne plus lui adresser la parole: je ne suis pas certain d'avoir compris le symbole.

Comme, à plusieurs reprises, il est fait mention de la guerre civile en Irlande concomitante de l'action du film j'ai été tenté de voir cette amitié rompue comme une représentation de la guerre civile: elle débute sans raison véritable et elle est imprévisible, cruelle, totale et laisse des traces indélébiles.

De la décision de rompre son amitié (officiellement pour écrire et composer de la musique) de Colm naîtront le chaos au pub, les disputes des "pour" et des "contre", les disputes et les bavardages dangereux (le fils du policier en mourra), les actes irrémédiables (mutilations; brouilles, départ du village de personnages importants etc.). Ce village est une prison où tout le monde sait tout sur chacun, où l'épicière lit et commente le courrier des habitants (elle fait office de bureau de poste) et où il est impossible de se soustraire à cette promiscuité.

Toute l'action du film se passe en Irlande et c'est être très en deçà de la réalité que dire que c'est d'une grande beauté. Les comédiens semblent jouer "pour de vrai" et c'est seulement au générique de fin que j'ai compris que celui qui interprète Pàdraic est Colin Farrell. Un grand rôle, une interprétation au cordeau.

Un grand beau film que je conseille vivement.

 

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17 janvier 2023 2 17 /01 /janvier /2023 07:00

Ce que Trump et Bolsonaro font, défont, tentent et espèrent est une atteinte aux droits, à la Constitution de leurs pays respectifs et à la Démocratie. Ces deux chefs d'états élus ont tenté un coup d'état. Ni plus ni moins. Le pire, le plus insupportable est qu'ils l'ont fait dans des pays considérés jusque là comme d'authentiques démocraties.

Nous qui avons eu le 18 Brumaire et le 2 décembre (1851) savons bien que le pouvoir issu d'un coup d'état est comme marqué du péché originel. Ses actes sont illégitimes et la guerre civile est souvent la conséquence de ces "pronunciamento". 

Les opposants, à qui on a en quelque sorte volé leur victoire deviennent des adversaires déterminés de ceux qui soutiennent le pouvoir volé.

La radicalisation des complotistes et de leur soutiens (souvent l'armée -toute ou partie-), la mise hors-la-loi des opposants, les exactions qui en découlent, la violence policière et militaire sont les fléaux traditionnels qui accompagnent ces prises de pouvoir par la force.
S'il est incontestable que d'autres chefs d'états, légitimes ou pas méritent eux aussi d'être jugés et condamnés ceux qui, comme l'ex-Président des U.S.A ou celui du Brésil devraient l'être le plus rapidement possible tant leur action est nocive et porteuse de germes aussi inquiétants qu'inadmissibles.

Ce pouvoir délétère qu'ils conservent une fois battus "à la loyale" dans les urnes devrait être sévèrement surveillé et les manquements punis par des amendes fortes et des peines d’inéligibilité.

Bolsonaro, par les coups qu'il a volontairement et en connaissance de cause donnés à la démocratie brésilienne devrait être condamné et ses partisans les plus sectaires emprisonnés. Même chose pour ceux du Donald.

Le monde n'a malheureusement pas encore vu toute la nocivité du bonhomme et le pire est à craindre venant de lui.

Éliminer le danger mortel qu'il représente pour la paix devrait être la priorité des réunions de chefs d'états du monde, genre G7.

Au congrès de Vienne en 1814 les rois et empereurs d'Europe ont bel et bien déclaré que l'éviction définitive du trône de Napoléon 1er était la condition de l'ouverture de toute discussion.

Qu'on ne vienne pas nous dire que le Droit interdit de se mêler des affaires des autres pays: les ingérences sont monnaie courante. Qui a chassé Kadhafi? Saddam Hussein? le Shah d'Iran? Bokassa?


 

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16 janvier 2023 1 16 /01 /janvier /2023 08:25

Vendredi 13 janvier dernier (je ne suis pas superstitieux) une jeune médiatrice a tenté de faire une conciliation dans ma triste fratrie. Il faut dire que celle-ci ressemble à une foire d'empoigne où chacun, sûr de sa position, essaie de détruire celle des autres. C'est du (très) mauvais théâtre, la pièce est nulle, personne n'étant doué pour l'improvisation et encore moins pour la tragédie. 

L'enjeu est la situation de ma mère. Phèdre IX (je l'appellerai ainsi) est maintenant très âgée quoi qu'encore autonome. Ses deux fils et ses 3 filles sont incapables de s'entendre sur la situation de leur mère et sur l'organisation de son maintien à domicile au Palais de la Roche. 

Il y a, comme chez les Capulet et les Montaigu ou les Horace et les Curiace deux clans irréductibles. Le premier, constitué du dauphin et des sœurs Artémise et Cunégonde estime en avoir assez fait pour leur mère et veut que "les autres" prennent le relais. Tout en détruisant chacune de  leur initiative.  

Pour l'action c'est excellent, pour les dialogues il y aurait beaucoup à redire. 

Phèdre 9 habite la ville de Dame Hidalgo. Les deux réprouvés sont l'un en Occitanie et l'autre en Vendée. Il y a bien des services de diligence et des relais équestres mais la distance reste considérable entre la Reine mère et ses enfants dénaturés. 

La logique, science sans doute amenée à se développer dans le siècle prochain, n'est pas autant sollicitée que la hargne, la bêtise et la mauvaise volonté. 

Le prince de Galles, soixante-dix ans, feint de ne rien voir ou ne voit rien. Il court de pièces en pièces pour dire que tout va bien. Le château menace ruine? voyez ses créneaux s'ils sont beaux. Phèdre et nonagénaire? elle se porte à merveille grâce aux barres chocolatées. 

Dame Artémise est l'épouse d'un disciple d'Esculape, il se trouve dans le même temps être un gens d'arme.  Elle-même est docteur en médecine par capillarité. De toute son âme elle veut faire payer à Phèdre l'amour et l'admiration qu'elle revendiquait et n'a pas -selon elle- obtenus. Freud n'existe pas encore et sa pseudo-science non plus mais c'est de ce côté qu'il faudra aller voir quand le Viennois commencera ses travaux... Dame Artémise est suivie par notre jeune sœur Cunégonde qui approuve sentencieusement tout ce qu'elle dit et fait.  Aidez là à écrire des grimoires, soyez gentil avec elle, vous n'obtiendrez d'elle que coups d'éventail en retour. 

La dame de Vendée a subi une enfance que l'on ne souhaite à personne. Le vieil âge de sa mère a réveillé les démons anciens et elle a le sentiment de se retrouver cinquante ans en arrière. Elle s'est retirée en coulisses et je ne l'en blâme pas. 

Quant à moi, prince félon, mauvais fils, je suis soupçonné de brader les trésors familiaux, de vouloir subtiliser les deniers maternels et mille autres vilenies pire encore. Je tiens le rôle du fou, celui qui essaie de concilier l'inconciliable, de raccommoder ce qui est béant et qui espère toujours que la sagesse triomphera. Un rôle peu brillant qui, je l'avoue, commence à m'ennuyer. 

L'entrée coûtait 48 Louis, la pièce s'est jouée sans le rôle principal, la tragédienne ayant mieux à faire, le prince de Galle a abrégé sa partie en ne restant sur scène que 3 minutes (et en se trompant de réplique). 

une pièce qui n'entrera jamais dans le répertoire. 

 

 

 

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13 janvier 2023 5 13 /01 /janvier /2023 07:00

Je me suis mis tard à la lecture. A la faveur d'une immobilisation d'un mois pendant lequel j'étais traité pour une hépatite B qu'on appelait encore "jaunisse".

Je ne saurais dire la déflagration intérieure qu'a été la lecture de "l'Odyssée" d'Homère. Entre la passion et l'enchantement. Je me souviens de la pochette du livre de poche Garnier-Flammarion dans lequel j'ai découvert ce texte qui me séduit toujours autant et que j'ai souvent relu.

Je l'ai offert en édition adaptée à leurs âges à mes petits-fils Nathan et Raphaël et, le moins que je puisse dire, est que j'ai fait un "flop" retentissant.

Tous les deux lisent mais pas des "classiques".

J'en conviens après coup; les subtilités de l'histoire, la violence, la cruauté, la mythologie, le chant guerrier ne supportent pas la comparaison avec Harry Potter. Ce n'est pas une critique, ni du mépris, Juste un constat.

J'ai essayé de résumer la scène du cyclope, et leur dire le chant des sirènes, le passage de Charybde en Scylla, la fée Calypso, Nausicaa, Circé... en pure perte.

Même la reconnaissance d'Ulysse par Euryclée sa nourrice à cause d'une cicatrice, ni le massacre des prétendants, rien n'a donné à ces deux garçons l'envie d'en savoir plus. 

C'est de ma faute: je crois trop souvent que des choses éprouvées font la différence. Or les Lego, Tintin et tutti quanti sont d'un autre temps, d'une époque qui ne fait pas rêver les enfants d'aujourd'hui.
C'est évident lorsque l'on regarde un instant les robots transformables, les dinosaures articulés, les jouets ultra sophistiqués qu'on leur propose et dont ils disposent.

Avec mon "Odyssée" j'avais l'air d'un con comme chantait Brassens, un autre con d'autrefois!

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