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1 décembre 2022 4 01 /12 /décembre /2022 07:00

Je n'ai pas la prétention de découvrir quelque chose qui a été étudié sous toutes les coutures, disséqué maintes et maintes fois même. Il existe une sorte de proverbe pour désigner cela: "on accuse les autres de faire selon nos propres turpitudes*". Je pense que certaines personnalités sont toxiques et que le moteur de leur vie est de dire du mal des autres, tous les autres, leurs amis et leur famille inclus. Ces personnalités suintent un ressentiment contre presque tout et ne s'expriment qu'en négatif.

On a tous autour de nous une vieille tante acariâtre qui voit le mal partout, un cousin haineux qui échafaude des complots absurdes, des personnes qui ont un don malsain pour déformer les propos dans un sens négatif et qui, comme on disait autrefois, "battent des montagnes".

Ils pourrissent la vie de leur entourage en leur demandant perpétuellement d'approuver leurs délires. Ils sont la proie de passions contraires: persécution, incompréhension, injustice, négligence et parallèlement soif de reconnaissance, besoin de plaire et envie d'être aimé... rien ne leur serait épargné, rien ne leur serait accordé. Le plus grave est qu'ils en sont persuadés.

Je ne nie pas que certain(e)s leur emboîtent le pas sans malignité je constate qu'ils ne sont pas la majorité. Il faut croire que dire et faire du mal à autrui possède un certain charme tant existent ces mouches du coche qui en rajoutent.

Ces personnes mauvaises dont je parle se rencontrent partout et dans tous les milieux. Elles peuvent même être intelligentes mais c'est rare. Elles se rendent rarement compte que les vilenies dont elles affublent leurs cibles sont les leurs et que personne n'est vraiment dupe. A force leur vision du monde, la noirceur de leur pensée et la tristesse de leur âme les condamne à une solitude de plus en plus complète.

Il faut s'affranchir de leur commerce, c'est, selon moi, la seule attitude responsable. Avec l'âge on les "sent" de loin et on les détecte même dans ceux avec qui on partage (pour notre malheur) quelques gènes.

*Les enfants ont inventé une sentence qui résume à la perfection ce cas: "c'est celui qui le dit qui y est".

 

 

 

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30 novembre 2022 3 30 /11 /novembre /2022 07:00

Ce post, que j'écris de Toulouse le jeudi 17 novembre, vous le lirez alors que je serai au Québec.  Peut-être mon intuition sera t'elle vérifiée, peut-être ne le sera t'elle pas. Ce matin j'ai comme l'impression que "la mayonnaise ne prend pas". Je veux parler de ma "bête noire", l'idiot Eric Ciotti, qui est candidat à la direction des Républicains et donc à la succession de l'immense Christian Jacob semble ne pas souffrir des révélations du "Canard enchainé" relatives aux divers emplois qu'elle aurait ou non occupés dans l'orbite politique et professionnelle de son mari.

Ce parti, autrefois Gaulliste, est désormais une petite formation de droite qui espère récupérer le pouvoir en 2027 avec ce qu'elle considère comme un atout, à savoir Laurent Wauquiez, un politique dans la lignée des Jean-François Copée et Nicolas Sarkozy. (je veux dire par là, un homme que la subtilité et l’honnêteté n'étouffent pas, loin s'en faut). Eric Ciotti est de ceux qui misent tout sur ce cheval pas franc du collier.

Eric Ciotti est un homme de droite. Je ne le lui reproche pas. C'est un représentant de la droite à la Française, c'est à dire un homme qui considère que le pouvoir revient de droit à sa mouvance politique, à son parti, à des hommes et des femmes comme lui. Le pouvoir des patrons, le pouvoir d'une presse appartenant à ces derniers, l'injustice, le capitalisme échevelé font partie de son patrimoine génétique. Quiconque remet en cause la société telle qu'elle est organisée est un ennemi. Il ne s'agit pas de libéralisme mais d'autre chose. Une droite d'élite, dominatrice et sûre d'elle même...

Plus grave, il a compris que son parti, même augmenté de quelques libéraux et de quelques démocrates chrétiens ne fera pas plus de 10-15% des voix aux prochaines présidentielles. Les haines recuites, les promesses non tenues, le non-renouvellement des hommes et la lassitude des Français sans oublier les deux dernières élections d'Emmanuel Macron laissent peu d'espoirs à son parti.
Pour y remédier il défend en tout les positions les plus droitières possibles en s'arrêtant juste où commencent celles de la franchise Le Pen.

Opposé à un clone, le triste Retailleau et à Aurélien Pradié quasiment inconnu Ciotti était le "favori" de ce scrutin  interne qui se déroulera les 3 et 4 décembre prochains. Je ne doute pas que ce politicien sans nuance soit désigné par son parti, depuis des années ils se sont toujours trompés. Leur dernière candidate à la présidentielle du printemps dernier, Valérie Pécresse étant leur dernière bourde.

J'espère seulement (mais sans être dupe) que les détournements de fonds publics auxquels il semble s'être livré ne passeront pas à l'as et que le donneur de leçons sera écarté des instances dirigeantes de son parti.

... faute de quoi l'abstention et les votes protestataires radicaux seront encore plus nombreux ...

 

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29 novembre 2022 2 29 /11 /novembre /2022 07:00

C'est vrai, si l'on réfléchissait à la somme d'informations sur nous mêmes qui peuvent désormais être compilées nous serions stupéfaits d'être ainsi démocratiquement mis à nu. Au départ cette masse d'informations est toujours justifiée: les caméras placées sur les voies publiques permettent aux forces de l'ordre d'intervenir en cas de problème et de savoir ce qui s'est réellement passé dans des enquêtes criminelles. Même chose pour la géolocalisation des téléphones portables: les relais nous pistent mais pour notre bien. Nos ordinateurs nous appartiennent mais les informations qu'ils contiennent intéressent beaucoup de monde: publicitaires en tête. Ce que nous regardons, ce que nous écoutons, ce que nous achetons, ce que nous louons, ce que nous aimons ou n'aimons pas est épié par des entreprise pas toujours désintéressées.

Nos loisirs, nos achats, nos habitudes, notre quotidien sont scrutés dans des buts plus souvent mercantiles qu'altruistes.

D'innombrables objets usuels sont moins inoffensifs qu'ils n'y paraissent: cartes de débit ou de crédit, cartes de fidélité, tickets, documents administratifs, courriers...

On voit, lors d'enquêtes criminelles que les policiers disposent rapidement d'une masse d'informations permettant non moins rapidement de remonter au coupable et de le confondre. En plus des possibilités citées plus haut les fichiers d'ADN, d'empreintes etc. viennent s'ajouter.

Tant que ces milliers d'informations (songeons aux votes, aux transports, aux appartenances politiques ou religieuse, à la santé, aux éventuelles addictions telles l'alcool ou la drogue, aux voyages) sont réservées à un ou deux éventuels organisme et sous contrôle il n'y a pas lieu de s'inquiéter outre-mesure. Mais en dictature ou crise, en temps de guerre... en serait-il autrement? qui pourrait empêcher une "Stasi" moderne de recouper Toutes les informations concernant une personne, un groupe, des adversaires, des ennemis? En bloquant les comptes en banque d'un individu on pourrait le rendre inoffensif (et mieux disposé à collaborer...)

Je ne veux pas sombrer dans la paranoïa mais j'imagine l'avenir, je constate les difficultés croissantes de la démarche démocratique, je constate la montée des périls nationalistes à la Hongroise et j'ai des frissons.

J'y pense quand j'introduis ma carte de crédit dans un terminal qui me salue nominativement. J'y pense quand je réserve une chambre d'hôtel et que l'on me remercie d'être de retour. Pour le moment ce "flicage" 2.0 ne fait tomber que des maris adultères et des criminels avérés. Et si un état policier cherchait toutes les personnes atteintes du Sida? tous les sympathisants de toute l'opposition?

Avec de tels moyens à sa disposition la Gestapo -ou le KGB- aurait été invincible. J'en suis persuadé.

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28 novembre 2022 1 28 /11 /novembre /2022 07:00

Dans le flot de nouvelles qui nous parviennent quotidiennement il faut beaucoup de rigueur pour sélectionner celles qui présentent un véritable intérêt de celles qui n'en présentent aucun. Notre mémoire n'étant pas extensible à l'infini il faut essayer de conserver de celles-ci celles qui présentent une dimension qui leur confèrent une importance réelle.

Comme notre époque a un peu trop tendance à tout mettre sur le même plan, les difficultés de ravitaillement en essence et la sale guerre en Ukraine des Russes, le probable retour de Donald Trump aux affaires américaines dans deux ans et la motion de censure votée conjointement par le RN et la Nupes.. nous finissons par penser que toutes les informations s'équivalent et que seuls -résultats sportifs exceptés- ce qui ne va pas, ce qui est ridicule, ce qui choque et ce qui est meurtrier est digne d'être mémorisé.

C'est une erreur. On a, c'est un exemple, consacré infiniment plus de temps au décès et aux obsèques de la Reine d'Angleterre qu'à la destruction par l'E.I de Palmyre.

Car, c'est le corollaire de ce qui précède, les pourvoyeurs d'informations privilégient toujours l’anecdotique au détriment de l'important.

Il y aura toujours quelqu'un pour parler de la robe de mariée de la fille de Donald Trump et il sera plus difficile de savoir exactement ce qu'on qualifie "d'atrocités" commises par les Russes dans les territoires ukrainiens libérés.

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25 novembre 2022 5 25 /11 /novembre /2022 07:00

Parce qu'il est passé du "côté obscur de la force" (traduction: chez Le Pen) Robert Ménard, co-fondateur de "reporters sans frontières" est ostracisé et renié par ses anciens amis. Cela suffisait à le rendre infréquentable. De fait, par ses outrances, ses oukases et sa mauvaise foi il était difficile d'en dire autre chose que du mal.

Mais, ces derniers temps il a ré-appris la mesure et son discours s'est fait plus consensuel. Il a rogné les aspérités de sa rhétorique politique et cela lui va beaucoup mieux.

Maire de Béziers depuis 2014 il a pris son rôle à cœur et s'en est, jusqu'ici, bien tiré. Mieux que ça, il a un bilan municipal exemplaire.  Si une journée dans le Béziers qu'il a voulu et obtenu permet de juger alors il y a lieu de le féliciter. La ville est, comme sa proche voisine Narbonne et à peu près au même moment, devenue une cité plaisante, propre pleine de verdure, calme mais vivante, ravalée de frais, où la voiture se fait discrète et dans laquelle on se sent en sécurité. Elle possède désormais un authentique cachet et des restaurants ou cafés avec terrasses donnent envie  d'y flâner longuement. Les façades sont belles et fraîchement nettoyées qui donnent aux rues un cachet qui rappelle Montpellier ou Nîmes. 

Le centre-ville est largement pourvu en magasins et boutiques de toutes catégories aux vitrines chatoyantes. Les bâtiments municipaux ne sont pas en reste et la mairie est belle dans ses atours qui soulignent son dix-neuvième siècle restauré.

Même la gare n'est plus crapoteuse comme le sont souvent devenues ses homologues régionales (quand elles ne sont pas devenues de hideux "pôles multi modal").

J'ai passé une journée entière à flâner où mes pas me conduisaient dans cette cité biterroise et y ai pris plaisir et sérénité dans une douce température de fin d'été bien que nous étions le 8 novembre. Les préparatifs du marché de Noël avaient commencé et le contraste était amusant.

 

Qui dit mieux?

 

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24 novembre 2022 4 24 /11 /novembre /2022 07:00

Le 24 novembre, aujourd'hui donc,  je prendrai une fois de plus le vol Paris Charles-de Gaulle - Aéroport Pierre E. Trudeau de Montréal au Québec. A raison d'une ou deux fois par an (hors année COVID) depuis 9 ou 10 ans ça fait un certain nombre de vols et ça devient (presque) une habitude.

A cette période de l'année  il n'y a pas de vols directs Toulouse-Montréal et c'est bien dommage.

J'ai fait une petite halte à Paris, chez Lulu rue de Chaillot: j'ai choisi cette fois tous les aménagements de programme qui me permettront d'arriver frais au Canada.

Je pensais prendre le car Air France qui me déposerait à Roissy, toujours pour les mêmes raisons. J'espère en effet pouvoir éviter le RER toujours bondé et qui traverse des citées aussi riantes que La Courneuve ou St Denis. Finalement j'ai opté pour le taxi, forfait pratique et économe en fatigue. 

A l'aéroport il m'a fallu me débarrasser de mon encombrante valise puis attendre un peu les formalités de police puis en salle d'embarquement. Hors vacances scolaires et avant le rush de Noël, tout s'est passé avec célérité. 

Maintenant je suis en salle d'embarquement.. 

Je monterai bientôt dans l'avion, aurai au passage un regard envieux sur les "business class" puis irai à ma place, dans les 2,7 mètres carrés dans lesquels je passerai les 8 ou 9 heures d'installation puis de vol.

J'aurai à ma disposition un coussin qui ne coussine pas et une couverture trop petite, un casque-son à une seule voie, et deux voisins qui, à coup sûr, m'agaceront comme je les agacerai.

Après le décollage une "collation" chaude devrait nous être servie (il me semble que ce n'est plus le cas par mesure d'économie) et les passagers de mon vol se prépareront pour une nuit rien moins que reposante.

We will be flying....

A cinq heure du matin les lumières s'allumeront dans la cabine et un petit-déjeuner nous sera servi car Air France est une compagnie qui ne tergiverse  pas sur le confort...

Moulu, tordu, sujet à des crampes, la tête lourde et les jambes endolories (il aura fallu céder et mettre les bas de contention) je ferai la queue pour accéder aux toilettes, ma vessie étant sur le point d'exploser.

Nous atterrirons et irons à petite vitesse à notre point d'arrivée. Impatients les passagers attendront tant bien que mal que les classes luxueuses soient sorties avant que lentement, très lentement, nous débarquions à notre tour.

On aura alors le parcours du combattant à accomplir: passer la douane, s'enregistrer, se faire photographier, récupérer les bagages, passer au contrôle aléatoire (les employés des douanes ou du service médical, Covid oblige, désigne des passagers au hasard pour des contrôles plus touffus.

Ca y est! dernière porte puis "ils" sont là, ou "il" est là. On paie le parking, on s'étonne du froid et l'on part vers Masson. Décalage horaire aidant on est à une dizaine d'heure d'un vrai lit.

 

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23 novembre 2022 3 23 /11 /novembre /2022 07:00

C'est une page d'Histoire de la France tellement cruelle, tellement honteuse et tellement absurde que nous n'en parlons pour ainsi dire jamais. La fin du Second Empire (1851-1870) est de ces chapitres d'une longue épopée qui par sa noirceur pourrait effacer tous les autres. Le caractère national s'y est révélé tout entier, avec sa  stupéfiante bravoure mais aussi avec sa redoutable inefficacité. On peut même parler d'incurie.

Avant d'évoquer ce désastre que fut la guerre Franco-Prussienne de 1870-1871 il faut se souvenir que la France était alors gouvernée par un neveu du Grand Napoléon, Louis-Napoléon Bonaparte, d'abord Président de l'éphémère Seconde République, puis, après son coup d'état (2 décembre 1851) il se fit proclamer empereur sous le nom de Napoléon III. Il rognait alors depuis une vingtaine d'années et son régime, d'autoritaire qu'il fût, glissait vers un Empire plus libéral. Les Républicains redressaient la tête et les Monarchistes, divisés, étaient en embuscade. Les deux branches des Bourbon avaient un prétendant prêt à servir. Seul problème; les Français n'en voulaient pas!

Malade, fatigué l'Empereur se laissait déborder par des "ultras" dont l'Impératrice Eugénie n'était pas la moindre. Napoléon III songeait à abdiquer au profit de son fils mais celui-ci était trop jeune et la couronne impériale chancelante.

C'est alors que sur une coup de dés et pour répondre à une provocation de Bismarck, chancelier de Prusse qui voulait faire l'unité Allemande la France déclara la guerre à la Prusse.

L’empereur n'était pas un stratège, loin s'en faut. Le régime, malgré un triomphe au plébiscite de Juillet semblait consolidé, mais en réalité Napoléon III était usé et incapable de mener des armées au combat.  Celles-ci étaient dirigées par des incapables ou des hommes peu motivés et souvent rivaux les uns les autres. Comme souvent avec notre beau pays "nous avions une guerre de retard".

Nommée Régente avec des pouvoirs limités mais trop vastes pour elle, l'impératrice poussait à la faute tant elle pensait que du sort des armées dépendrait la couronne de son fils.

Dès le début, aux toutes premières heures, le conflit s'engagea sous les pires auspices et vira à la catastrophe. Un désastre (Zola parla de "débâcle") comme la France n'en avait jamais connu (encore que Waterloo....) et que seule la défaite totale de mai 40 peut égaler, voire dépasser. En 4 ou 5 jours le sort des armes en était jeté et la défaite consommée. Mais il fallut boire le calice jusqu'à la lie et être écrasés et voir l'empereur fait prisonnier pour que le régime impérial s'écroule en quelques heures.

Ce n'était pas assez! la République programmée on réorganisa l'armée, on créa une armée de la Loire mais rien n'y fit, la France était battue, humiliée, écrasée et amputée de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine.

Comme si cela ne suffisait pas une guerre civile extrêmement brutale opposa -sous l’œil à la fois consterné et réjoui des Allemands- la réaction, menée par Adolphe Thiers et les Communards partisans de la République sociale.

Cette année est connue comme "l'Année terrible" et terrible elle le fut. Aventurier dans l'âme Napoléon III fut ce que l'Histoire démontre en permanence: au final une calamité.

Je vous recommande le livre de Nicolas Chaudun "L'été en enfer" (éditions Babel) qui focalise sur la guerre vue du côté Français. Un récit accablant mais très intéressant.

 

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22 novembre 2022 2 22 /11 /novembre /2022 07:00

Ce matin, samedi 5 mars 2022,* j'ai regardé France 24 en petit-déjeunant. Les enfants dormaient encore et Françoise somnolait dans notre chambre.

Le Président Macron sollicitait un second mandat présidentiel depuis deux jours et je voulais savoir comment sa candidature avait été accueillie et prendre le pouls de l'opinion et des médias.

Le "journal" (permanent) était déjà commencé et un atroce reportage sur les destructions massives faites par la Russie en Ukraine me rappela immédiatement les documents d'actualité du second conflit mondial en 1945. Des immeubles éventrés, brûlés, détruits, ruinés, des civils effondrés devant leurs biens saccagés, la pluie sur les ruines, le bruit des obus et les chars calcinés, des voitures devenues des épaves, des maisons à ciel ouvert et des "réfugiés" hébétés.

Depuis que je suis né j'ai vu des centaines et des centaines de reportages sur des guerres proches ou lointaines, modernes ou à l'ancienne. Rarement elles m'ont faites penser à la chute de Berlin et aux derniers jours du nazisme. Un je ne sais quoi de jusqu’au-boutisme, d'acharnement sur les civils, une volonté et un  besoin de l'agresseur de nier l'adversaire en le brisant moralement et physiquement. Une volonté de nier l'ennemi qui s'est traduite par des dizaines et des dizaines d'Oradour-sur-Glane partout où l'Allemagne nazie reculait.

Le commentateur insistait sur les ravages de la guerre comme s'il s'agissait d'une fatalité. Il parlait aussi de la menace nucléaire (soit que les Russes tirent sur une centrale "civile" soit qu'ils tirent l'une de leurs 60000 bombes nucléaires.)

Nous en sommes là.  On avait tenté d'oublier la prolifération nucléaire. Enterrée avec Hitler, Staline et quelques autres les dictateurs comptant la mort des autres pour une broutille. Considéré que "Dr Folamour"* ne pouvait être qu'une fiction et que personne, plus personne, jamais, ne songerait à vitrifier la terre et vaporiser l'humanité.

Et soudainement, après des années pendant lesquelles nous avons fait les autruches en nous enfouissant la tête profondément dans le sable nous nous rendons compte que la menace existe toujours et que certains envisagent sans hésitation de s'en servir "si nécessaire". 

Taïwan et l'Ukraine sont aujourd'hui les "points chauds" qui nous font enfin  accepter d'ouvrir les yeux et de voir ce qui nous aveuglait: l'idéologie n'était pas la seule force négative qui pouvait conduire à la guerre nucléaire.

La crise passera peut-être (sans doute) mais l'alarme doit être fortissimo et conduire l'humanité à réfléchir. 

A l'aune de la menace redécouverte toutes nos petites combines, nos mesquineries et nos dissimulations doivent être dépassées et des dispositifs universels doivent être recherchés pour empêcher l'Holocauste nucléaire. Avant tout le reste.

* post écrit au moment du déclenchement de la guerre Russie/Ukraine.

* "Dr Folamour (Dr Strangelove - 1964) film de Stanley Kubrick est une fable sur l'arme nucléaire dans laquelle un général américain déséquilibré lance une attaque atomique sur l'URSS.

 

 

 

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21 novembre 2022 1 21 /11 /novembre /2022 07:00

Tuer la poule aux oeufs d'or cela aurait été de ne plus jamais rien publier; cela aurait aussi été, pour les ayants droits de Georges Rémi, alias Hergé, de faire dessiner par d'autres des "aventures de Tintin" en modernisant les personnages en les rendant contemporains. Un peu à la manière de Steven Spielberg qui a, selon moi, complètement raté sa version dessin animé - film de cinéma.

On me dit que les bandes dessinées d'Hergé ne se vendent plus qu'à des parents nostalgiques voire à des grands-parents qui ne le sont pas moins.. C'est fort possible mais pourquoi le neuvième art serait-il à l'abri des aléas de la mode et de la notoriété? pourquoi ces œuvres seraient-elles protégées d'une certaine forme de déclin (des ventes, de notoriété) quand toutes les autres formes d'art sont souvent touchées?

J'ai dit ma perplexité devant ces prolongations hasardeuses post mortem d'histoires dessinées qui ne remplissaient pas le contrat moral en faisant vivre un ou des personnages malgré la mort de leurs créateurs.

"Blake & Mortimer" exceptés les héros de papier s'essoufflent à se ressembler. Pour un Achille Talon réussi (sans doute parce que le continuateur s'est approprié le personnage et l'a fait évoluer) combien de ratages allant du médiocre au lamentable?

Imagine t'on des personnages de littérature reprenant vie sous la plume (c'est une image, plus personne n'écrit à la plume ni même au stylo!) d'un autre auteur? ça a bien été tenté aux USA (où la littérature est un bien de consommation comme le papier hygiénique ou les céréales du petit déjeuner) et le moins que l'on puisse dire est que personne, l'éditeur excepté, ne s'y est retrouvé.

Les héritiers (à la généalogie compliquée!) de l'homme de bien qu'était Hergé ont, jusqu'ici, renoncé à de sans doute substantielles rentrées d'argent en ne permettant pas que "Tintin et l'Alph'Art" ait un ou des successeur(s).

Les 4 derniers albums d'Hergé, soi-dit en passant, étant très au-dessous du niveau des autres, le dernier "Grand" étant "les bijoux de la Castafiore", album immobile et huis-clos étouffant.

Que les parents achètent des mangas aux enfants qui ne jurent que par "mortelle Adèle" et autres élève Ducobu n'est pas bien grave.

...du moment qu'on échappe à un Tintin gay et à un professeur Tournesol cocaïnomane...

...et mon post présent est bien élitiste, j'en conviens.

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18 novembre 2022 5 18 /11 /novembre /2022 07:00

Je me souviens d'une anecdote ancienne. Mon père, né trop tôt pour "faire la guerre" s'intéressait passionnément à la Seconde Guerre Mondiale.  Il lisait presque exclusivement des livres consacrés à la période 1933-1946, soit de la nomination d'Hitler comme chancelier au procès des principaux chefs nazis à Nuremberg. Il avait une prédilection pour l'opération Barbarossa de juin 41 qui désigne l'invasion de l'URSS par l'armée allemande suivie par des pelotons de tueurs.

Je parle volontairement de tueurs car ses livres et sa grande bibliothèque comptaient une grande quantité d'ouvrages consacrés aux innombrables tueries faites par les Allemands en plus de la pire de toutes, à savoir le meurtre prémédité et annoncé de 6 millions de Juifs (l'objectif était 11 millions). 

Il en parlait souvent et était très "pointu" sur la période et ce sujet. Pourquoi s'intéressait il tant à ces temps atroces? je ne saurais le dire. Il était catholique non pratiquant et, à ma connaissance, ne fréquentait personne qui fut déporté.

Ses livres, dont j'estime le nombre à 300, étaient reliés par ses soins. Il avait, à la retraite, suivi des cours de reliure et s'était vite arrêté. De ce fait il ne savait pas écrire le nom de l'auteur ni le titre du livre sur la reliure et découpait ces noms sur l'ancienne tranche du livre broché puis les collait sur la tranche.

Le résultat était... étonnant. Des rayonnages de gros livres noirs ou rouges alignés comme à la parade, avec des titres sinistres et parfois des croix gammées. 

Il avait transformé une petite chambre en atelier-bibliothèque (exclusivement réservée à ces livres là) et personne ou presque n'y allait comme si les sortilèges diaboliques racontés dans les pages pouvaient revenir sous une forme ou une autre. Depuis sa mort, il y a 14 ans, rien n'a bougé et même la poussière évite ces livres sulfureux.

Naturellement j'ai lu -ou essayé de lire- quelques uns de ces livres qui m'ont impressionné à jamais. Les livres consacrés aux  "unités mobiles de tueries" ou Einsatzgruppen" restent ce que j'ai pu lire de plus monstrueux de ma vie, corroborés par le "Livre Noir" de Vassili Grossman. On n'est plus le même qprès ces récits.

Une fois, mon fils avait obtenu de sa grand-mère qu'elle lui laisse la jouissance de son appartement pour qu'il y organise une fête en leur absence. L'appartement est grand et ne risque rien.

Nicolas m'a raconté qu'une de ses amies, Juive, est "tombée" sur l'antre de mon père et en a déduit qu'elle était chez un facho. Troublée, elle est venue lui en parler et il a eu du mal à la persuader que la monomanie de mon père était seulement historique.

Ces livres sont toujours là et je propose à chaque fois que je vais chez ma mère qu'on les jette à la benne parce qu'ils sont invendables et qu'il faudra bien en passer par là. 


Sans effet jusqu'ici.

 

 

 

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